Le meilleur à gauche… se­lon la droite

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - PAU­LINE THÉVENIAUD

« IL PAS­SE­RA pour un Bru­tus », es­ti­mait un so­cia­liste en dé­but de se­maine. Com­prendre : un fils par­ri­cide, ce qui en po­li­tique est ra­re­ment bon pour l’image. Voire. Se­lon le son­dage Odoxa réa­li­sé pour « le Pa­ri­sien » - « Au­jourd’hui en France » à la suite de la dé­mis­sion d’Em­ma­nuel Ma­cron, 74 % des Fran­çais es­timent que ce­lui-ci a eu rai­son de quit­ter Ber­cy. « En po­li­tique, il y a la loyau­té au pays et aux idées et la loyau­té à un homme, qui est se­con­daire », ob­serve-t-on dans l’en­tou­rage de Ma­cron. Mieux pour l’am­bi­tieux pa­tron d’En marche ! : 51 % des per­sonnes in­ter­ro­gées ont une bonne opi­nion de lui, contre 47 % en juillet et 45 % d’entre elles sou­haitent qu’il se pré­sente à l’élec­tion pré­si­den­tielle alors qu’elles étaient 40 % en juin. « Si Ma­cron re­monte dans l’opi­nion, en termes de po­pu­la­ri­té comme d’image ou de cré­di­bi­li­té, c’est bien parce que sa pos­ture de mi­nistre can­di­dat pre­nant ses dis­tances avec la po­li­tique du gou­ver­ne­ment de­ve­nait in­com­pré­hen­sible pour les Fran­çais », ana­lyse Gaël Sli­man, pré­sident d’Odoxa. Cette mise en co­hé­rence est donc sa­lu­taire pour lui. » Mais sans sur­prise, c’est au­près des sym­pa­thi­sants de droite que l’an­cien mi­nistre de l’Eco­no­mie car­tonne : 58 % d’entre eux veulent qu’il se lance dans la course à l’Ely­sée, contre seule­ment 38 % des sym­pa­thi­sants de gauche. « Je suis de gauche », a-t-il cru bon de rap­pe­ler mar­di soir sur TF 1. De gauche, mais « pas so­cia­liste » de son propre aveu. De ce fait, il ne pas­se­ra pas par la case pri­maire, s’il se pré­sente. « Ce se­ra une can­di­da­ture ty­pée so­cial­li­bé­ra­lisme », es­time un res­pon­sable PS. 66 % des Fran­çais le jugent d’ailleurs « trop proche de la fi­nance », se­lon notre son­dage.

Un lien à tis­ser avec les Fran­çais

S’il veut échap­per au des­tin de « mé­téore » que lui pré­dit un mi­nistre, Ma­cron de­vra par ailleurs tra­duire sa bonne cote en in­ten­tions de vote, ce qui n’est pas mé­ca­nique. Il doit en outre prou­ver qu’il a de l’épais­seur et tis­ser un lien avec les Fran­çais. Se­lon notre en­quête, si 73 % des per­sonnes in­ter­ro­gées le jugent « dy­na­mique » et 59 % « com­pé­tent », elles ne sont que 29 % à le trou­ver « proche des gens ». Une sé­rie de dé­pla­ce­ments de ter­rain a été or­ga­ni­sée à des­sein dans les se­maines à ve­nir. « Les Fran­çais vont dé­cou­vrir la den­si­té de sa per­sonne, pro­met son en­tou­rage. Pour lui, c’est le mo­ment de vé­ri­té. » « Je ne crois pas beau­coup à une can­di­da­ture off­shore », ba­laie au contraire un vieux rou­tier so­cia­liste. Un autre ren­ché­rit : « Tout ça, c’est de la mousse ! »

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