« La com­pé­ti­tion vire au com­bat de co­qs »

DROITE. Les mi­li­tants sont très re­mon­tés contre les at­taques per­son­nelles et les « ba­tailles d’ego », alors que les can­di­dats à la pri­maire dé­filent ce week-end à La Baule.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - La Baule (Loire-At­lan­tique) De notre en­voyé spé­cial Di­dier, mi­li­tant LR OLI­VIER BEAUMONT

PA­NA­MA VISSÉ sur la tête, Ade­line et Gré­goire écoutent re­li­gieu­se­ment Fran­çois Fillon sous un so­leil de plomb. « Ça va, il n’a pas dé­pas­sé les bornes », mar­monne la jeune étu­diante en his­toire, presque sou­la­gée. Une se­maine après la to­ni­truante ren­trée des can­di­dats à la pri­maire de la droite, les re­vol­vers sont (pour l’ins­tant) res­tés dans leurs étuis au cam­pus des Ré­pu­bli­cains de La Baule. Comme si tout le monde avait pris conscience du spec­tacle de di­vi­sion de ces der­niers jours qui écoeure beau­coup de mi­li­tants. « Nous de­vons tout faire pour avoir un vrai dé­bat et pas un mau­vais pu­gi­lat », s’est lui-même in­quié­té hier Alain Jup­pé, qui a pro­po­sé un « code de bonne conduite » sans « at­taques per­son­nelles » aux can­di­dats. Ce qui n’em­pêche pas que tout le monde reste sur ses gardes… « On as­siste à une com­pé­ti­tion qui vire au com­bat de co­qs. C’était le risque en or­ga­ni­sant une pri­maire, et c’est d’ailleurs pour cette rai­son que j’étais contre », dé­nonce Yvonne. Adhé­rente de­puis un an, elle a don­né son par­rai­nage à Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet. « Je ne par­tage pas ses idées, mais c’est la seule femme qui ait des chances d’être can­di­date. Dans cet uni­vers de fous, elle a bien du cou­rage… »

Tous ont en mé­moire les charges du week-end der­nier, par­ti­cu­liè­re­ment celles de Fran­çois Fillon à l’en­contre de Ni­co­las Sar­ko­zy. « Qui ima­gine le gé­né­ral de Gaulle mis en exa­men ? » avait ton­né l’an­cien Pre­mier mi­nistre. « Fillon, j’ai pas com­pris. C’est une pure sor­tie de route, il n’a plus ma confiance, lâche pla­ci­de­ment Be­noît, de­vant le stand ad­hé­sions. Je ne suis pas for­cé­ment pour Sar­ko­zy, mais jus­qu’à preuve du contraire il n’a été con­dam­né dans au­cune af­faire. » Di­dier et Va­lé­rie pré­fèrent mettre tout ce beau monde dans l e même pa­nier. « Toutes ces at­taques, c’est la­men­table. A force de se co­gner des­sus, on va fi­nir par faire ga­gner les autres : les so­cia­listes et le FN. Est-ce que c’est ce­la qu’on veut ? » tem­pête ce chef d’en­tre­prise en dé­non­çant « une ba­taille d’ego plu­tôt qu’une ba­taille des idées ». « La droite donne en ce mo­ment un spec­tacle pa­thé­tique. Le dan­ger, c’est de dis­sua­der les élec­teurs d’al­ler vo­ter », re­prend sa femme.

A la tri­bune, les dis­cours s’en­chaînent. « On ne fe­ra rien avec des pe­tites phrases qui abaissent le dé­bat », re­lève le se­cré­taire gé­né­ral du par­ti, Eric Woerth. Après lui, Fran­çois Fillon main­tient pour­tant le ton of­fen­sif, même si le ni­veau d’in­ten­si­té a bais­sé : « Lorsque j’ai été Pre­mier mi­nistre de Ni­co­las Sar­ko­zy, il m’est ar­ri­vé d’avoir des doutes ou des désac­cords, mais ja­mais je n’ai été dé­loyal », re­ven­dique-t-il, ad­met­tant tout de même avoir « par­fois ser­ré les dents ». « Le cré­dit (NDLR : des ins­ti­tu­tions) n’a pas seule­ment été at­teint par des af­faires ju­di­ciaires, il l’a été aus­si par une pra­tique des pou­voirs qui a dé­mo­né­ti­sé la pré­si­den­tielle », re­prend-il. « Qu’un can­di­dat cherche à se dé­mar­quer des autres en as­sé­nant ses vé­ri­tés, c’est la moindre des choses, dé­fend Cé­dric, un de ses sup­por­teurs. On est dans une com­pé­ti­tion, pas au pays des Bi­sou­nours. »

« A force de se co­gner des­sus, on va fi­nir par faire ga­gner les autres »

@oli­vier­beau­mont

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