Les Fran­çais, as du son

IN­NO­VA­TION. La French Tech fait de plus en plus par­ler d’elle. Deux start-up hexa­go­nales ont mis au point des pe­tites mer­veilles de tech­no­lo­gie dans le do­maine de la hi-fi.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Luc Pie­rart, fon­da­teur de PK Pa­ris ER­WAN BENEZET

COMPLEXÉES, NOS START-UP fran­çaises, face aux géants du high­tech ? « Pas le moins du monde, ré­torque Luc Pie­rart, 49 ans, fon­da­teur de PK Pa­ris, en­tre­prise spé­cia­li­sée dans les pro­duits connec­tés et no­mades. Au contraire, nous avons des atouts in­dé­niables, qui nous per­mettent de créer des pro­duits qui ne res­semblent à nul autre. » Sa start-up, fon­dée en 2013, a d’abord com­mer­cia­li­sé la plus pe­tite clé USB du monde, avant de se lan­cer dans le mar­ché ex­trê­me­ment concur­ren­tiel des casques au­dio. Elle crée la sur­prise en 2016 avec un mo­dèle Blue­tooth in­tra- au­ri­cu­laire sans au­cun fil (même les deux oreillettes ne sont pas re­liées), dis­po­sant de cinq heures d’au­to­no­mie et ven­du 129,99 €. Les mo­dèles si­mi­laires des grandes marques se vendent beau­coup plus cher.

Comment des pe­tites boîtes fran­çaises ar­rivent-elles à per­cer sur des mar­chés ul­tra-do­mi­nés par quelques mas­to­dontes amé­ri­cains et asia­tiques ? « Il ne faut pas cher­cher à les concur­ren­cer di­rec­te­ment, ex­plique Luc Pie­rart qui, avant de créer son en­tre­prise, est pas­sé par des grands groupes comme Mo­to­ro­la ou Al­ca­tel. Au contraire, le jeu consiste à se dé­ve­lop­per dans une niche peu ex­ploi­tée par les grandes marques, mais à fort po­ten­tiel, sans cher­cher à leur faire de l’ombre. En tout cas, pas dans un pre­mier temps. » PK Pa­ris a ain­si fait le choix stra­té­gique de se dé­ve­lop­per dans le Blue­tooth. Si cette tech­no­lo­gie sans fil ne re­pré­sente pour le mo­ment que 4 % du mar­ché glo­bal des casques au­dio, son ave­nir est pro­met­teur. « Nous pro­fi­tons de l’agi­li­té d’une pe­tite struc­ture pour prendre nos gros concur­rents de vi­tesse, re­prend le pa­tron. Bien sûr, il faut pour ce­la beau­coup mi­ser sur la re­cherche et le dé­ve­lop­pe­ment. » PK Pa­ris a ain­si ré­in­ves­ti jus­qu’à 100 % de son chiffre d’af­faires les deux pre­mières an­nées. Et en­core la moi­tié en 2015. Une stra­té­gie ris­quée pour une pe­tite struc­ture com­po­sée d’une di­zaine de sa­la­riés. Mais qui s’avère payante puis­qu’elle réa­lise dé­jà près d’un tiers de son ac­ti­vi­té à l’étran­ger, en Eu­rope et sur le conti­nent amé­ri­cain, fort d’un par­te­na­riat avec Apple.

La French Tech a donc la cote. Ain­si, au der­nier Con­su­mer Elec­tro- nics Show (CES) de Las Vegas, le grand raout an­nuel dé­dié aux nou­velles tech­no­lo­gies, sur 190 start-up spé­cia­li­sées dans les ob­jets connec­tés, 128 étaient fran­çaises ! « Notre pays a su créer un en­vi­ron­ne­ment fa­vo­rable, es­time en­core Luc Pie­rart. La BPI (NDLR : Banque pu­blique d’in­ves­tis­se­ment) et les in­cu­ba­teurs d’en­tre­prises as­surent un ac­com­pa­gne­ment so­lide. Et pour le fi­nan­ce­ment, le crowd­fun­ding comble la fri­lo­si­té des banques. »

Der­nier point : les suc­cess-sto­ries à la fran­çaise re­pré­sentent une grande source d’ins­pi­ra­tion pour les jeunes étu­diants et fu­turs en­tre­pre­neurs. Ci­tons par exemple Free, fon­dé par Xa­vier Niel, Wi­things, in­ven­teur de la ba­lance connec­tée (et qui vient d’être re­ven­du à No­kia pour 170 M€), ou en­core Par­rot, qui a po­pu­la­ri­sé les drones do­mes­tiques… « Au­tant de nou­veaux hé­ros, l oin d’un CAC 40 vieillis­sant qui ne fait plus rê­ver, et qui ouvrent de nou­velles pers­pec­tives. »

« Le jeu consiste à se dé­ve­lop­per dans une niche peu ex­ploi­tée par les grandes marques »

Luc Pie­rart, fon­da­teur de PK Pa­ris en 2013, pré­sente ses écou­teurs Blue­tooth.

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