Elle avait aus­si sa « face obs­cure »

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - FL.M.

DRAPÉE de son sa­ri blanc et bleu, c’est une pe­tite femme frêle de 1,54 m qui s’avance à la tri­bune. Ce 10 dé­cembre 1979, à Os­lo (Nor­vège), celle qui est sur­nom­mée « le bull­do­zer du Ch­rist » ne dé­roge pour­tant pas à son ca­rac­tère bien trem­pé en re­ce­vant le prix No­bel de la paix « au nom des pauvres ». Dans la ligne de mire de la re­li­gieuse de Cal­cut­ta : l’avor­te­ment, dont elle est une fa­rouche op­po­sante. « Le plus grand des­truc­teur de la paix, au­jourd’hui, est le crime com­mis contre l’in­no­cent en­fant à naître. Si une mère peut tuer son propre en­fant, dans son propre sein, qu’est-ce qui nous em­pêche, à vous et à moi, de nous entre-tuer les uns les autres ? » lance-t-elle, in­tran­si­geante, à la tri­bune.

« Elle a ses zones d’ombre, pointe l’his­to­rien et théo­lo­gien JeanF­ran­çois Co­lo­si­mo. Mais si, mal­gré ce­la, elle est tant ai­mée, c’est que p o u r b e a u c o u p d e monde c e qu’elle a pu dire compte moins que ce qu’elle a pu faire. »

Ses dé­trac­teurs, comme le jour­na­liste Ch­ris­to­pher Hit­chens — au­teur du livre « le Mythe de mère Te­re­sa » pu­blié en 1998 —, évoquent car­ré­ment une « face obs­cure » de mère Te­re­sa, poin­tant les liens de la sainte avec le contro­ver­sé Opus Dei ou en­core avec le dic­ta­teur haï­tien Jean-Claude Du­va­lier, dont elle a re­çu des fonds fi­nan­ciers pour sa Fon­da­tion. « Elle a une vé­ri­table théo­lo­gie de l’as­ser­vis­se­ment », écri­vait Hit­chens, dé­non­çant les « mou­roirs » de Cal­cut­ta où mère Te­re­sa n’au­rait pas sys­té­ma­ti­que­ment dé­li­vré d’an­ti­dou­leur aux ma­lades, qu’elle ad­mi­rait de « souf­frir comme l e Ch­rist ».

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