Bay­rou de­mande la dé­mis­sion de Ro­che­fort

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Un proche de Ro­bert Ro­che­fort FRÉ­DÉ­RIC GERSCHEL

PAS QUES­TION de ter­gi­ver­ser. Pour le pa­tron du MoDem, Fran­çois Bay­rou, le vice-pré­sident de son par­ti, Ro­bert Ro­che­fort, doit dé­mis­sion­ner de son poste. Et le plus vite se­ra le mieux. « On est obli­gés de su­bir cette his­toire », sou­pire Bay­rou, joint hier au té­lé­phone.

Sur­pri s e n pl e i ne e x hi bi t i on sexuelle, mer­cre­di, dans une grande en­seigne de bri­co­lage de Vé­li­zy (Yve­lines), Ro­bert Ro­che­fort avait été in­ter­pel­lé par la po­lice après avoir été dé­non­cé par un vi­gile. Le pan­ta­lon ou­vert, le dé­pu­té eu­ro­péen du su­douest âgé de 60 ans était en train de se « ca­res­ser » de­vant deux adoles- centes se­lon une source proche de l’en­quête. Ces der­nières ne se se­raient ren­du compte de rien et n’au­raient pas por­té plainte. De­vant l es en­quê­teurs, Ro­che­fort a ad­mis les faits se­lon RTL (qui a ré­vé­lé l’his­toire), pré­ci­sant qu’il avait « b e s o i n de s e mas­tur­ber » quand il était « en si­tua­tion de stress ». Il se­ra ju­gé en pro­cé­dure de com­po­si­tion pé­nale, en­cou­rant amende et in­jonc­tion de soins.

Hier, sur BFMTV, le par­le­men­taire eu­ro­péen s’est ré­trac­té : « Je ne me suis ja­mais ex­hi­bé de­vant des en­fants. Je me suis fait pié­ger car je n’ai pas vou­lu pas­ser la nuit en garde à vue. Est-ce que j’ai pa­ni­qué, e s t - c e que j’ai eu peur ? J’ai re­con­nu des choses fausses. »

Chez ses amis po­li­tiques, c’est la conster­na­tion. « J’ai tra­vaillé de longues an­nées avec lui et comme tout le monde je suis stu­pé­fait. Faire ça entre une vis et un mar­teau dans le rayon d’un grand ma­ga­sin, ça dé­passe l’en­ten­de­ment », avoue l’un d’eux. Un autre tente de re­la­ti­vi­ser : « Oui, c’est triste. Mais qui n’a pas fait de bê­tise une fois dans sa vie ? Il n’a tué per­sonne. Je lui ai en­voyé un SMS pour lui sou­hai­ter bon cou­rage. Il ne m’a pas ré­pon­du. Il a dû cou­per son té­lé­phone. »

Ex­pert éco­no­mique ré­pu­té, Ro­bert Ro­che­fort avait di­ri­gé le dé­par­te­ment des sta­tis­tiques de la Caisse na­tio­nale d’as­su­rance ma­la­die puis le Cré­doc (Centre de re­cherche pour l’étude et l’ob­ser­va­tion des condi­tions de vie). Jus­qu’à pré­sent sa ré­pu­ta­tion était sans tache, con­trai­re­ment à cer­tains élus connus pour leur in­dé­li­ca­tesse vis-à-vis des fem- mes. Son der­nier livre, « Pro­duire en France, c’est pos­sible », avait été pré­fa­cé par Fran­çois Bay­rou dont il est po­li­ti­que­ment proche.

Cer­tains in­ter­nautes fa­cé­tieux sont al­lés éplu­cher les an­ciennes pu­bli­ca­tions de Ro­bert Ro­che­fort sur les ré­seaux so­ciaux. Dont ce tweet ré­tros­pec­ti­ve­ment mal­heu­reux pu­blié en 2013, en plein dé­bat sur la trans­pa­rence des élus : « Je ne dé­voi­le­rai mon pa­tri­moine que quand la loi se­ra vo­tée car je trouve que ce­la cor­res­pond à une sorte d’ex­hi­bi­tion­nisme. »

« Faire ça entre une vis et un mar­teau dans le rayon d’un grand ma­ga­sin, ça dé­passe l’en­ten­de­ment »

@fger­schel

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