Il n’a man­qué que la vic­toire

RUG­BY. Au terme d’un match fou, les Pa­ri­siens sont par­ve­nus à ar­ra­cher le nul après avoir lar­ge­ment me­né au score.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - OLI­VIER FRAN­ÇOIS

LE TA­BLEAU était presque trop beau. Un ciel bleu, un so­leil de feu, une pe­louse lisse et des tri­bunes bien gar­nies où 15 538 spec­ta­teurs dé­con­trac­tés et en­thou­siastes avaient l’im­pres­sion de pro­lon­ger leurs va­cances. Le spec­tacle a été à la hau­teur de l’af­fiche. L’al­lé­chant Stade Fran­çais - Cler­mont s’est trans­for­mé dès le coup d’en­voi en un duel in­tense et débridé, bien loin de la fi­nale fer­mée du Top 14 entre ces deux-là il y a quinze mois. Il n’y a pas eu de vain­queur mais de beaux en­sei­gne­ments, sur­tout pour le club pa­ri­sien qui se cherche en­core, con­trai­re­ment aux Au­ver­gnats tou­jours sûrs de leur rug­by à cette époque de l’an­née. C’est propre, c’est fort, ça cou­le­rait presque de source. La ci­ta­delle au­ver­gnate est un vé­ri­table ba­ro­mèt r e pour s es ad­ver­saires. Trois matchs, trois dé­pla­ce­ments, deux nuls à La Ro­chelle (30-30) et au Stade Fran­çais (30-30) et un suc­cès à Mont­pel­lier (26-22) dans l’in­ter­valle : le dé­but de cham­pion­nat des Cler­mon­tois est d’un bon ni­veau, comme d’ha­bi­tude. Avec eux, c’est sou­vent à la fin que ça se gâte, quand il faut sou­le­ver les tro­phées. « Tout le monde nous at­ten­dait et, pour le mo­ment, c’est pas mal », confie le ma­na­geur Franck Azé­ma. La per­for­mance des Pa­ri­siens, après des dé­buts to­ni­truants contre Gre­noble (54-20) et un voyage ra­té à Brive (dé­faite 28-20), n’est donc pas à né­gli­ger, même si elle n’est pas to­ta­le­ment abou­tie. Le feu d’ar­ti­fice ti­ré dès le coup d’en­voi mal­gré la cha­leur et le bou­quet fi­nal ma­gis­tral avec ce ren­ver­se­ment in­es­pé­ré à la der­nière mi­nute mon- trent les in­ten­tions pa­ri­siennes. Les joueurs de Gon­za­lo Que­sa­da sont des at­ta­quants prêts à prendre des risques, mais ils re­fusent aus­si d’ab­di­quer. « C’est énorme cet état d’es­prit, se ré­jouit le ma­na­geur ar­gen­tin. Les gars étaient morts à la fin, ils étaient sur leur ligne de but et il y avait sept points d’écart. Ce sont quinze types qui se sont dit qu’il y a v a i t e nc o r e un coup à ten­ter. » Au bout de l’ac­tion : un es­sai de quatre mi­nutes et de cent mètres de Wai­sea dont i l fau­dra se sou­ve­nir.

Cler­mont, le bon mètre éta­lon Un men­tal d’acier Des er­re­ments in­quié­tants

« On ne peut pas se sa­tis­faire de ça. On vou­lait ga­gner, ce sont deux points de per­dus. C’était même in­digne de ce ni­veau. Il y a eu des er­reurs dé­fen­sives in­di­vi­duelles et col­lec­tives que je n’avais plus vues de­puis trois ans lors de nos matchs à do­mi­cile. Il nous a man­qué de l’en­vie et de l’in­tel­li­gence. » Geof­frey Dou­may­rou, le centre pa­ri­sien, au­teur de deux es­sais et pas­seur sur le troi­sième, ne mâche pas ses mots. « Il a rai­son dans un sens, convient Que­sa­da. C’est dif­fi­cile d’être po­si­tif quand on a lais­sé fi­ler deux points au clas­se­ment alors qu’on avait le match en main (20-6, 26e). Mais il est com­pli­qué aus­si d’être trop dur car les joueurs se sont ar­ra­chés pour dé­cro­cher ce nul alors qu’ils ont été do­mi­nés par une belle équipe toute la se­conde mi-temps. » Brillant et in­do­lent à la fois, le Stade Fran­çais ne semble pas pré­sen­ter en­core toutes les ga­ran­ties alors que la ve­nue de Castres se pro­file, sa­me­di pro­chain.

Stade Jean-Bouin (Pa­ris), hier. Jules Plis­son a per­mis au Stade Fran­çais d’ar­ra­cher le match nul en trans­for­mant l’es­sai ins­crit par Wai­sea. Mais les Pa­ri­siens pou­vaient es­pé­rer mieux après une ex­cel­lente pre­mière de­mi-heure.

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