Pouille com­mence à comp­ter

US Open.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - New York (États-Unis) Hen­ri Le­conte CA­ROLE BOU­CHARD

« IL EST SI ADO­RABLE, Lu­cas Pouille ! » Cette phrase re­vient comme un leit­mo­tiv à l’US Open. Elle est pro­non­cée par des coaches, des com­men­ta­teurs, des of­fi­ciels du cir­cuit, et des fans qui se pressent pour le voir. Même l’ATP ne cache pas son plai­sir de voir dé­bou­ler le Fran­çais de 22 ans au mo­ment où la com­mu­ni­ca­tion sur la Next Gen (nou­velle génération) bat son plein. Avec sa blon­deur, ses grands yeux bleus, sa bonne édu­ca­tion et son jeu spec­ta­cu­laire, Pouille ne laisse plus per­sonne in­dif­fé­rent alors qu’on s’in­quiète de l ’ après- Mous­que­taires ( Tson­ga, Mon­fils, Gas­quet, Si­mon).

Cette an­née, le 25e mon­dial, op­po­sé ce soir à Ra­fael Na­dal, a brillé dans les tour­nois qui comptent avec un hui­tième de fi­nale aux Mas­ters 1000 de Mia­mi et Monte-Car­lo, une de­mi- fi­nale dans ce­lui de Rome et sur­tout un quart à Wim­ble­don. « C’est im­por­tant de confir­mer, a-t-il confié. Le joueur que je suis au­jourd’hui n’est plus du tout le même que ce­lui d’In­dian Wells (NDLR : bat­tu d’en­trée 6-2,7-5 par Bor­na Co­ric). Les choses avancent dans le bon sens. » Il a tout pour comp­ter : une tech­nique lim­pide, de la puis­sance, un jeu agres­sif, le sens du tra­vail et une grande am­bi­tion. On dou­tait de la du­re­té de ses nerfs, mais là aus­si il a pro­gres­sé, même si sa dé­faite au 2e tour de Ro­landGar­ros a été un coup d’ar­rêt. « J’ai pas­sé un cap. Battre Agut ici, et même lui mar­cher des­sus dans le cin­quième : c’est bon signe. Ce­la donne beau­coup d’am­bi­tion », glis­sait, hier après son suc­cès sur l’Es­pa­gnol, ce­lui qui était conseillé par Yan­nick Noah et peut en­core bé­né­fi­cier de son sou­tien.

Gar­çon ré­ser­vé, le pro­té­gé d’Em­ma­nuel Planque a ap­pris à faire sa place sur et hors du court. Ex­pa­trié à Du­baï, il pour­suit son as­cen­sion dans son coin, in­té­gré dans le ten­nis fran­çais mais en toute in­dé­pen­dance. Hen­ri Le­conte adore. « C’est un bon mec, avec un gros po­ten­tiel et il est en train de construire quelque chose de grand. Il pousse les an­ciens. Ma i n t e n a n t il faut battre les meilleurs. Mais là, il fait dé­jà pas­ser un mes­sage. »

Pouille ne se cache pas. Il ne rêve que de titres du Grand Che­lem et d’une place par­mi la crème de la crème. Na­dal se mé­fie. « C’est un grand joueur, qui a tous les coups du ten­nis. Je m’en­traîne par­fois avec lui, je sais qu’il peut pro­duire un très grand ni­veau de jeu. » La pers­pec­tive d’en dé­coudre avec Ra­fa fait plus sa­li­ver que trem­bler le jeune Tri­co­lore. « Je suis im­pa­tient. Il m’avait man­gé à Monte-Car­lo en 2015. Mais je n’étais pas le même joueur, je n’avais pas le même ni­veau de confiance. » L’ap­pé­tit de Pouille ne cesse de gran­dir.

« Il fait dé­jà pas­ser un mes­sage »

New York (États-Unis), ven­dre­di. Lu­cas Pouille.

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