Le diable s’ha­bille en Tuc­ci

CI­NÉ­MA. De­puis « Le diable s’ha­bille en Pra­da », Stan­ley Tuc­ci s’im­pose comme le meilleur se­cond rôle du ci­né­ma amé­ri­cain. Le Fes­ti­val de Deau­ville lui rend hom­mage.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - Deau­ville (Cal­va­dos) De notre en­voyé spé­cial Stan­ley Tuc­ci, ac­teur THIER­RY DAGUE

MÊME SUR LE SABLE de la plage de Deau­ville, où une ca­bine porte dé­sor­mais son nom, Stan­ley Tuc­ci reste l’élé­gance in­car­née. Avec ses lu­nettes cer­clées, sa veste im­pec­ca­ble­ment cou­pée et son phra­sé soi­gné, le meilleur se­cond rôle de Hol­ly­wood au­rait pu être un lord an­glais ou un pro­fes­seur de Har­vard. Cette classe na­tu­relle est la marque de fa­brique de l’ac­teur de 55 ans, in­vi­té d’hon­neur hier du 42e Fes­ti­val du ci­né­ma amé­ri­cain. Qu’il joue le fi­dèle bras droit de Me­ryl Streep dans « Le diable s’ha­bille en Pra­da » (2006), un ef­frayant tueur en sé­rie dans « Lo­ve­ly Bones » (2010) ou le pré­sen­ta­teur té­lé azi­mu­té de la sa­ga « Hun­ger Games » (2012-2015), Stan­ley rime avec par­fait.

C’est l a qua­trième fois que Deau­ville lui dé­roule son ta­pis rouge, ce qui n’est pas pour lui dé­plaire : « J’aime beau­coup ce fes­ti­val, plus dé­ten­du et moins pré­ten­tieux que les autres, as­sure Stan­ley Tuc­ci en si­ro­tant un thé vert. La pre­mière fois que je suis ve­nu, c’était il y a vingt ans pour A table, que j’avais réa­li­sé. » A l’époque, ce New-Yor­kais d’ori­gine n’avait fait que tra­ver­ser l’écran dans « l’Hon­neur des Priz­zi », « Bee­tho­ven » ou « l’Af­faire Pe­li­can ». De­puis, il l’a cre­vé à plu­sieurs re­prises, des « Sen­tiers de la per­di­tion » à « Trans­for­mers ». « Le film dont on me parle le plus, c’est Le diable s’ha­bille en Pra­da », avoue l’ac­teur.

Non seule­ment il y a ren­con­tré Me­ryl Streep, qui fut l’un de ses mo­dèles de ci­né­ma avec Ro­bert De Ni­ro, Mar­cel­lo Mas­troian­ni ou Jean Ga­bin, et dont il a joué plus tard le ma­ri af­fec­tueux dans « Ju­lie et Julia ». Mais il y a sur­tout croi­sé l’ac­trice an­glaise Emi­ly Blunt : « Elle m’a in­vi­té à son ma­riage en 2010 et m’a pré­sen­té sa soeur Fe­li­ci­ty. » Stan­ley est alors veuf de sa pre­mière épouse, em­por­tée par un can­cer. Avec Fe­li­ci­ty, c’est le coup de foudre. Le couple vit dé­sor­mais à Londres et élève un fils de 19 mois. « J’adore cette ville, son ar­chi­tec­ture, ses res­tau­rants, ses théâtres, mais aus­si parce qu’on est à deux heures de Pa­ris ! », sou­rit-il.

Stan­ley Tuc­ci a choi­si d’être ac­teur pour être quel­qu’un d’autre : « Je ne me voyais pas tra­ver­ser la vie en étant juste moi-même. Je vou­lais être plein d’autres per­sonnes. Et puis, j ’ aime l’ idée qu’on puisse créer un per­son­nage comme on fait un des­sin ou comme on écrit une his­toire. J’ai be­soin de faire quelque chose de tout ce que je vois. » En­trer dans la peau d’un cri­mi­nel — il a in­car­né Adolf Eich­mann, un haut­fonc­tion­naire na­zi du­rant le IIIe Reich, pour la chaîne HBO — ou d’un avo­cat — comme dans le ré­cent « Spot­light » — exige, se­lon lui, le même dé­voue­ment : « Aus­si hor­rible soit le per­son­nage, vous de­vez le jouer comme un être hu­main. »

Ces der­nières an­nées, Stan­ley Tuc­ci est pas­sé avec sou­plesse du ci­né­ma in­dé­pen­dant aux su­per­pro­duc­tions comme « Cap­tain Ame­ri­ca ». « Je ne pour­rais pas ga­gner ma vie en ne tour­nant que des films d’au­teur, avoue-t-il, mais je m’amuse beau­coup à faire ces block­bus­ters. J’adore faire sem­blant de par­ler à un monstre alors que c’est un as­sis­tant qui bran­dit une perche sur­mon­tée d’une balle de ten­nis de­vant un fond vert ! » Ça tombe bien : il est bien­tôt at­ten­du sur le pla­teau de « Trans­for­mers 5 », qui sor­ti­ra en 2017. D’ici là, il met­tra la touche fi­nale à son troi­sième film en tant que réa­li­sa­teur, « Fi­nal Por­trait », consa­cré au sculp­teur Gia­co­met­ti, avec Geof­frey Rush, Ar­mie Ham­mer, Syl­vie Tes­tud et Clé­mence Poe­sy. Et il es­père voir abou­tir un pro­jet avec l a gé­niale Em­ma Thomp­son : nous aus­si !

« Je ne me voyais pas tra­ver­ser la vie en étant juste moi-même. Je vou­lais être plein d’autres per­sonnes. »

Dia­bo­lique, Stan­ley Tuc­ci l’est dans la sa­ga « Hun­ger Games », dans la­quelle il joue le rôle de Cae­sar Fli­cker­man, le pré­sen­ta­teur té­lé du jeu.

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