Meu­nier, tu scores

TÉ­LÉ­VI­SION. Sta­giaire chez i>té­lé il y a quatre ans, l’ex-man­ne­quin ré­vé­lé par Ca­nal + prend ce soir à 21 heures les com­mandes de « Zone in­ter­dite » sur M 6. Iti­né­raire d’une fon­ceuse.

Aujourd'hui en France - - VOTRE SOIRÉE TÉLÉVISION - Une sa­la­riée de Ca­nal + Ophé­lie Meu­nier CHAR­LOTTE MO­REAU

C’EST UN ÉLÉ­PHANT au mi­lieu de la pièce. On peut tou­jours faire sem­blant de ne pas le voir, ten­ter de le contour­ner. Peine perdue. Même en jean et bas­kets. Même en che­mi­sier sa­ge­ment bou­ton­né. Ophé­lie Meu­nier fait son en­trée, et tout s’ar­rête. Le corps dé­lié, la cas­cade de che­veux miel, le mi­nois de faon, le sou­rire lu­mi­neux, l’oeil vert amande. Et puis cha­leu­reuse, avec ça. Sans chi­chi, sans cal­cul. On se prend le pa­ckage en pleine fi­gure. « C’est dif­fi­cile de se concen­trer en vous re­gar­dant, vous pour­riez être à M 6, ce se­rait for­mi­dable », lui avait ba­lan­cé le pa­tron de la Six Ni­co­las de Ta­ver­nost en fé­vrier, quand elle l’avait re­çu dans « le Tube », le ma­ga­zine mé­dias de Ca­nal +. Les dis­cus­sions com­men­ce­ront bien plus tard, mais l’af­faire est en­ten­due. M 6 la veut, M 6 l’au­ra.

L’ex- chro­ni­queuse du « Pe­tit Jour­nal » et de « la Nou­velle Edi­tion » prend à comp­ter de ce soir (21 heures) les ma­nettes de « Zone in­ter­dite ». Dont elle de­vient éga­le­ment ré­dac­trice en chef ad­jointe, pro­po­sant elle-même d’al­ler sur le ter­rain pour que le ma­ga­zine de so­cié­té ne la confine pas à des lan­ce­ments en stu­dio. « Zone in­ter­dite n’a même pas be­soin d’ani­ma­teur, pointe-t-elle, lu­cide. Si tu n’y mets pas ton em­preinte, tu ne peux t’en prendre qu’à toi. »

Il n’au­ra fal­lu que quatre ans à cet an­cien man­ne­quin de 28 ans, pa­ral­lè­le­ment à ses études à l’Ecole su­pé­rieure de jour­na­lisme de Pa­ris, pour pas­ser d’un poste de sta­giaire chez i>té­lé aux com­mandes de la vé­né­rable émis­sion créée par Pa­trick de Ca­ro­lis en 1993. A M 6, on as­sume. « C’est une star, tranche Vincent Ré­gnier, pa­tron des ma­ga­zines de la chaîne. Elle a ce truc qu’avait Mé­lis­sa Theu­riau et que peu de femmes ont. Un phy­sique ex­tra­or­di­nai­re­ment at­trayant qui capte l’at­ten­tion, mais qui n’est qu’un plus par rap­port à sa ca­pa­ci­té de tra­vail. »

Car il est là, l’autre se­cret de cette as­cen­sion éclair. La dé­ter­mi­na­tion et l’in­ves­tis­se­ment d’une fille qui en veut. Se re­le­vant après chaque porte cla­quée, chaque hu­mi­lia­tion. Et elle en a eu son lot à Ca­nal +, usine à jo­lies filles je­tables. Un cas­ting de Miss Mé­téo ra­té il y a huit ans, dont la vi­déo res­sor­ti­ra op­por­tu­né­ment sur le Net. Des dé­buts à l’an­tenne en 2013 comme chro­ni­queuse pop culture au « Pe­tit Jour­nal », où l’on filme son pos­té­rieur à cha­cune de ses en­trées en pla­teau. Un ac­cueil au ba­zoo­ka sur les ré­seaux so­ciaux quand elle suc­cède l’an der­nier à la très ai­mée Daph­né Bür­ki aux com­mandes du « Tube ». « La pre­mière a été ter­rible, on a dit que je res­sem­blais à un ro­bot, tel­le­ment j’étais mal à l ’ aise. » Même ses proches l ui avouent qu’elle est mau­vaise. Elle en­caisse, pro­gresse.

A Ca­nal +, on se sou­vient qu’Ophé­lie Meu­nier s’est tou­jours bien en­tou­rée, culti­vant des ami­tiés utiles, i n f l u e n t e s . Qui l’ai­daient, après sa jour­née de tra­vail et bien avant de vo­ler en so­lo, à po­ser sa voix fa­çon JT. A tra­cer sa route. « Elle ne co­pine pas, ne boit pas et n’était pas la fille la plus dé­lu­rée de la chaîne, sou­rit une an­cienne col­lègue. Mais c’est une vraie gen­tille, res­pec­tueuse, soi­gnée, su­per pro et as­sez pu­dique. »

Pas de dé­col­le­té à l’an­tenne, pas de bras nus, ou de robes trop courtes. Pour au­tant, la Ver­saillaise, fille d’un pa­tron de PME et ben­ja­mine de quatre en­fants, ne joue pas non plus les cé­ré­brales contra­riées. Elle est ca­pable de vous as­sé­ner un smash au ping-pong en ta­lons ai­guilles, as­sume ou­ver­te­ment son goût pour les films de su­per­hé­ros et sa soif de se for­mer.

« C’est le genre de fille qui ne par­tait pas en congés, en­chaî­nait les rem­pla­ce­ments l’été tel­le­ment elle avait en­vie d’ap­prendre, se sou­vient Ch­ris­telle Graillot, la tête cher­cheuse de Ca­nal +, qui l’a ren­con­trée à 19 ans, alors qu’Ophé­lie était e n c o r e ma n n e - quin. « Elle a su se po­ser les bonnes ques­tions, re­tour­ner à l’école. C’est une fille au­then­tique, struc­tu­rée et avec des va­leurs. Elle ira très loin. » En conti­nuant de tendre l’oreille à chaque cri­tique. Comme on s’ap­puie sur la puis­sance de son ad­ver­saire au ten­nis — qu’elle pra­tique as­si­dû­ment — pour do­per son propre jeu. « Dé­mon­trer ce qu’on vaut, ça prend une vie, ça ne s’ar­rête ja­mais. Jus­qu’à la der­nière émis­sion de ma car­rière, je se­rai en train de prou­ver des choses. »

Mais de­puis son ar­ri­vée mi-juillet

« C’est une vraie gen­tille, res­pec­tueuse, soi­gnée, su­per pro et as­sez pu­dique »

à M 6, c’est un peu la di­vine sur­prise. A tous les étages de la chaîne, où l’on est ha­bi­tué à gé­rer des na­tures par­fois ca­rac­té­rielles, la pe­tite nou­velle sur­prend par sa so­cia­bi­li­té et son au­to­no­mie. Avec les ab­sences cu­mu­lées de Xa­vier de Mou­lins, en va­cances, et de son joker ha­bi­tuel Ma­rie-Ange Ca­sal­ta, en congé ma­ter­ni­té, Meu­nier ar­rive à l’an­tenne plus tôt que pré­vu, dès la mi-juillet, et fait ses preuves au JT du soir, le 19.45. Puis elle part en va­cances dé­but août et la presse people ne l’a pas ra­tée. Les pho­tos s’étalent en une de « Clo­ser » le weeke nd de r ni e r . La bombe im­mor­ta­li­sée en mo­no­ki­ni, sur une plage ca­li­for­nienne, avec son com­pa­gnon Mat­thieu Vergne, pa­tron des di­ver­tis­se­ments de TF 1. « On n’en par­le­ra pas », dé­coche-telle. Une herse tombe, puis une se­conde après, le sou­rire ré­ap­pa­raît. On re­pense à son goût pour les su­per­hé­ros. Son pré­fé­ré : Wolverine. Sque­lette en ti­tane, griffes ré­trac­tiles. Ça lui va comme un gant.

« Jus­qu’à la der­nière émis­sion de ma car­rière, je se­rai en train de prou­ver des choses »

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