Le nou­veau coup de

POLLUTION. Sé­go­lène Royal a pris le contre-pied de Ma­nuel Valls dans le dos­sier sen­sible des re­jets toxiques en Mé­di­ter­ra­née de l’usine de Gar­danne.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - ÉMILIE TORGEMEN

UN TOUR DE BA­TEAU au large de Cas­sis (Bouches-du-Rhône), c’est l’as­su­rance de pro­fi­ter d’une mer bleu azur. Oui mais, sous la carte pos­tale, à 320 m de fond, se cache une pollution de plus de cin­quante ans, les « boues rouges » toxiques de l’usine d’alu­mine de Gar­danne. Ac­ces­soi­re­ment, l e dos­sier f ait au­jourd’hui tache au sein de l’équi­page gou­ver­ne­men­tal. Ven­dre­di, dans un reportage de « Tha­las­sa », Sé­go­lène Royal at­ta­quait le Pre­mier mi­nistre, Ma­nuel Valls, ac­cu­sé d’avoir ac­cor­dé à l’usine le droit de dé­ver­ser six ans de plus ses eaux pol­luées au beau mi­lieu des ca­lanques. Ré­pri­man­dée par son chef de gou­ver­ne­ment, la mi­nistre per­siste et signe. Cette dé­ci­sion n’est pas « ac­cep­table », nous confie-t-elle.

Al­teo ne re­jette plus de boues… mais du li­quide

Dans un com­mu­ni­qué, la so­cié­té Al­teo (que nous n’avons pu joindre ce week-end) se dé­fend : « L’en­tre­prise a ces­sé dé­fi­ni­ti­ve­ment tout re­jet de boues rouges en mer. » C’est vrai, de­puis le 1er jan­vier, ce n’est plus de la boue qui sort du long tuyau d’Al­teo mais un re­jet li­quide dan­ge­reux. Car il est au­to­ri­sé à dé­pas­ser les seuils eu­ro­péens, no­tam­ment pour l’ar­se­nic. « Il risque d’épar­piller les mé­taux lourds se­lon les cou­rants », s’in­quiète le pro­fes­seur Hen­ry Au­gier, spé­cia­liste de la pollution.

En mer, la chair des rou­gets, dau­rades, mer­lus et ras­casses est conta­mi­née ; la fosse ma­rine de Cas­si­deigne ir­ré­mé­dia­ble­ment pol­luée. « A part fer­mer le ca­nyon en y je­tant de gros cailloux, il n’y a pas de so­lu­tion », sou­ligne So­lène De­mo­net, de France Na­ture En­vi­ron­ne­ment. Et à terre où Al­teo stocke ces dé­chets so­lides ? A Gar­danne, on s’in­quiète à chaque coup de mis­tral. C’est le cas d’Alain : « Je n’ose ima­gi­ner l’état de mes pou­mons », souffle-t-il.

Sé­go­lène Royal l’af­firme : elle ne lâ­che­ra rien sur ce dos­sier, qui risque donc, après ceux de Notre-Dame-des-Landes ou de la cen­trale nu­cléaire de Fes­sen­heim, de conti­nuer à pol­luer l’ac­tion et la co­hé­rence du gou­ver­ne­ment.

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