Pour l’uni­té, ce n’est pas ga­gné !

PRI­MAIRE. Hier à La Baule, Ni­co­las Sar­ko­zy a prô­né une cam­pagne à droite sans at­taques per­son­nelles. Ce­la ne l’a pas em­pê­ché d’égra­ti­gner ses prin­ci­paux ri­vaux, qui avaient pré­fé­ré ve­nir voir les mi­li­tants la veille.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - La Baule (Loire-At­lan­tique) De notre en­voyé spé­cial OLI­VIER BEAUMONT

« IL EST OÙ LE BON­HEUR il est où ? Il est où le bon­heur ? Il est là, c’est Ni­co­las ! » chante Si­mone, 72 ans, en trans­for­mant quelque peu la chan­son de Ch­ris­tophe Maé lors d’une séance de dé­di­caces or­ga­ni­sée par Ni­co­las Sar­ko­zy. La mu­sique adou­cit les moeurs, pa­raît-il. En tout cas, ce week-end à La Baule, les prin­ci­paux concur­rents de la pri­maire ont dé­fi­lé au cam­pus des Ré­pu­bli­cains dans une am­biance bien moins ten­due que le cli­mat de guerre des jours pré­cé­dents. Le­çon re­te­nue, donc. Mal­gré les piques à fleu­rets mou­che­tés en­core lan­cées par Fran­çois Fillon sa­me­di — il dit avoir « ser­ré les dents » quand il était le Pre­mier mi­nistre de Sar­ko­zy —, mais aus­si l’at­ti­tude de Bru­no Le Maire qui a pré­fé­ré al­ler se bai­gner plu­tôt que d’écou­ter Alain Jup­pé à la tri­bune. « Je pro­pose un code de bonne conduite », a du coup sug­gé­ré le maire de Bor­deaux, sans non plus en­thou­sias­mer la foule. Sar­ko­zy lui a ré­pon­du hier : « Je n’aime pas le code de bonne conduite, j’aime la bonne conduite. Quand il faut un code, c’est dé­jà qu’on est dans le pro­blème… »

Pour la conclu­sion de ces deux jour­nées d’uni­ver­si­té d’été, l’an­cien chef de l’Etat a op­té pour un dis­cours apai­sé sur la forme, bien loin des dia­tribes iden­ti­taires lan­cées à Châ­teau­re­nard lors de son lan­ce­ment de cam­pagne. Mais à l’ar­ri­vée, le ré­sul­tat est le même pour ses ad­ver­saires : cha­cun en a pris pour son grade. « Je ne vais pas vous ex­pli­quer que ceux qui ont été dans mon gou­ver­ne­ment ont des grands dé­fauts, après vous avoir ex­pli­qué pen­dant cinq ans qu’ils avaient de grandes qua­li­tés, lance-t-il en ré­ponse à Fillon. La fi­dé­li­té, c’est mo­derne en po­li­tique, parce que c’est rare. » Les oreilles d’Alain Jup­pé ont aus­si dû sif­fler : « Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut un peu de gauche pour faire un peu de droite. Je ne suis pas le can­di­dat de l’hy­po­thé­tique voix du j uste mi­lieu » , ci ngle Sar­ko­zy, ou­bliant au pas­sage avoir été le chantre de l’ou­ver­ture quand il est ar­ri­vé au pou­voir en 2007…

Il en a aus­si pro­fi­té pour lan­cer quelques flèches à la gauche : Fran­çois Hol­lande, Na­jat Val­laud-Bel­ka­cem et sur­tout Em­ma­nuel Ma­cron. Dans les co­lonnes du « JDD » hier, l’an­cien mi­nistre de l’Eco­no­mie a dé­non­cé sa « vi­sion de l’iden­ti­té fran- çaise » et son « cy­nisme ». « Avec lui, la tra­hi­son n’est qu’une ques­tion de date », a ré­pli­qué Sar­ko­zy en ci­tant Tal­ley­rand, tout en le qua­li­fiant de « can­di­dat bo­bo ni à droite ni à gauche et à l’ar­ri­vée nulle part ». Concer­nant Ma­cron, la palme re­vient à Laurent Wau­quiez qui, sans ja­mais faire dans la de­mi-me­sure, a car­ré­ment af­fir­mé qu’il « n’avait rien à voir avec la Ré­pu­blique ».

Le week-end de La Baule mar­quait en tout cas la der­nière oc­ca­sion pour les can­di­dats de se jau­ger dans un même lieu. La pro­chaine fois qu’ils se re­croi­se­ront, ce se­ra à l’oc­ca­sion des dé­bats té­lé­vi­sés dont le pre­mier est pro­gram­mé le 13 oc­tobre. « C’est là que les choses sé­rieuses vont com­men­cer. Tout de­vra être dit, per­sonne ne pour­ra se dé­ro­ber », tranche, le regard sombre, Bru­no Le Maire. @oli­vier­beau­mont

Un dis­cours apai­sé sur la forme mais, à l’ar­ri­vée, cha­cun en a pris pour son grade

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