Des fous de course en mon­tagne dans le raid in­fer­nal

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Pyrénées-Orien­tales. Après quinze heures de course dans le Raid in France (430 km, 16 000 m de dé­ni­ve­lé né­ga­tif), Sy­bille Burch, 35 ans, qui vient d’in­té­grer la re­dou­table équipe de Suisse, a le sou­rire. « Ce qui m’ef­frayait le plus c’était jus­te­ment le pre­mier trek avec la par­tie de nuit. Après, c’est l’in­con­nu. Je ne sais pas com­ment mon corps peut ré­agir. Car mon ex­pé­rience ne va pas au-de­là de courses de trois jours », ex­plique-t-elle après avoir gra­vi de nuit et au pas de charge le Car­lit, à 2 900 m, puis avoir en­du­ré pen­dant la des­cente dans les ébou­lis comme les 120 par­ti­ci­pants ré­par­tis en trente équipes.

L’équipe fran­çaise en tête

Au­cune course en France ne s’ap­pa­rente à Raid in France, une épreuve ex­pé­di­tion non-stop de cinq à huit jours et en to­tale au­to­no­mie. « Dans ce genre d’épreuve, le plus dif­fi­cile c’est les deux pre­miers jours. Le cer­veau et le corps doivent s’ac­cou­tu­mer à vivre au­tre­ment que dans la vie cou­rante. Après tout se met en place », ex­plique Pas­cal Ba­huaud, or­ga­ni­sa­teur de­puis 2007 de la manche fran­çaise de Coupe du monde raid aven­ture, an­cien cham­pion d’avi­ron, avec dix raids Gau­loises der­rière lui.

Pour ga­gner, ou au moins pour fi­nir, les concur­rents de­vront donc par­cou­rir plus de 400 km entre Font-Ro­meu (Pyrénées-Orien­tales) et Saint-Pierre-la-Mer ( Aude), dans des dé­cors gran­dioses. Ils vont de­voir al­ter­ner la course à pied, le VTT, le ca­nyo­ning, le raft et le ca­noë. « Les cou­reurs sont en au­to­no­mie, y com­pris de ra­vi­taille­ment. Et sur le par­cours les bou­lan­ge­ries ne courent pas les som­mets. Pas de GPS et des fonds de carte sans in­di­ca­tion ba­li­sée. C’est la vraie aven­ture dans la na­ture », pour­suit Pas­cal Ba­huaud, avec une part im­por­tante don­née à la bonne in­ter­pré­ta­tion des cartes.

C’est ain­si que les grands fa­vo­ris de l’épreuve, les cham­pions du monde néo­zé­lan­dais de l’équipe de Na­than Fa’Avae, ont dé­jà pris la tan­gente dans la nuit avec une bonne heure d’avance sur le ta­bleau de marche théo­rique. « Ils ont trou­vé une tra­jec­toire perso en sui­vant une courbe de ni­veau sans prendre le tra­cé pré­vi­sible. Ce­la fait par­tie du jeu », in­dique Pas­cal Ba­huaud. Mais dans l’après-mi­di, l’équipe fran­çaise de Sé­bas­tien Rai­chon, Na­tu­rex, a réus­si à re­mon­ter puis à dé­pas­ser les Noé-Zé­lan­dais. Les équipes les moins aguer­ries étaient hier soir dé­jà loin der­rière. A plus de cinq heures, avec la pers­pec­tive de mar­cher une se­conde nuit.

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