Le Ra­cing comme un cham­pion

Top 14.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - OLI­VIER FRAN­ÇOIS

Rien de tel qu’une belle pe­tite vic­toire de pres­tige pour ho­no­rer son rang. Le cham­pion, sûr de son fait, n’a pas trem­blé dans son antre pour do­mi­ner Tou­louse (28-14). Et il a pro­vo­qué l’eu­pho­rie de ses sup­por­teurs. Ça swingue dé­sor­mais dans les tra­vées de Co­lombes. Comme ja­mais. Ça chante, ça hurle, ça s’ex­prime. En­fin. Blondes ou brunes, à rouge à lèvres ou à mous­tache, toutes les têtes poussent de la voix en va­riant les airs et les tons. Une vé­ri­table am­biance de fé­ria du Sud-Ouest. Une fête sans les plus jeunes néan­moins puisque, té­lé oblige, la ren­contre a été pro­gram­mée à 21 heures alors que l’école a re­pris et qu’il y a classe ce ma­tin. Le vieux stade Yves-du-Ma­noir, qui vit sa der­nière sai­son comme hôte du Ra­cing — il se­ra rem­pla­cé dans un an par l’Are­na 92, en­ceinte fu­tu­riste sor­tie de terre à Nan­terre — a donc vi­bré comme dans ses plus beaux sou­ve­nirs. Le bou­clier de Bren­nus y est pour beau­coup. Un cham­pion, ça at­tire, ça im­pres­sionne, ça donne des idées.

Le réa­lisme fran­ci­lien plus fort que l’en­vie tou­lou­saine

Et sur le ter­rain ? La mu­sique n’a pas tout à fait été la même. Un dé­but en fan­fare certes, me­né tam­bour bat­tant par des Tou­lou­sains qui avaient en­vie de rap­pe­ler à tout le monde qu’ils ont eux aus­si connu l es pl us grands hon­neurs, même si leur der­nier titre re­monte à 2012 et qu’il com­mence à da­ter. Avec Maes­tri en maes­tro, vif comme un ju­nior, Fi­ckou sur res­sorts et Hu­get af­fa­mé, les joueurs d’Ugo Mo­la ont ten­té de mon­trer qu’ils étaient bel et bien de re­tour, que cette danse des bull­do­zers n’avait pas de se­cret pour eux et qu’ils pou­vaient très bien se re­trou­ver sa­crés rois au prin­temps pro­chain, après tout…

On en est loin. Leurs in­ten­tions se sont vite fra­cas­sées sur l’im­po­sante car­rure et le froid réa­lisme de la ma­chine fran­ci­lienne. Comme lors des bar­rages pour les de­mi-fi­nales du Top 14 la sai­son pas­sée, au même en­droit, où ils avaient su­bi la loi des fu­turs cham­pions (21-16), les Tou­lou­sains ont com­men­cé à re­cu­ler sur les im­pacts des Ciel et Blanc et à lâ­cher des bal­lons. Il n’en fal­lait pas plus aux hommes de Tra­vers et La­bit pour s’ins­tal­ler tran­quille- ment aux com­mandes de ce pre­mier som­met de la sai­son, qui, il est vrai, n’a pas te­nu toutes ses pro­messes si on le com­pare au vi­re­vol­tant Stade Fran­çais - Cler­mont (3030) de la veille à Jean-Bouin. Tou­louse doit donc revoir sa co­pie avant la ve­nue, di­manche, de Tou­lon, au bord de la crise. Le Ra­cing, lui, ira à Cler­mont sa­me­di l’es­prit libre. Il peut même lais­ser au re­pos Car­ter, Ro­ko­co­ko, Im­hoff ou Ma­che­naud si l’en­vie l’en prend. Il ne fau­drait pas brû­ler ses hé­ros trop vite. « Il y a eu de bonnes choses, c’était un match com­plet, es­time Brice Du­lin l’ar­rière al­to-sé­qua­nais. Ça s’est dé­can­té sur la fin. On a ga­gné, c’est le plus im­por­tant. »

Stade Yves-du-Ma­noir (Co­lombes), hier soir. Les Ra­cing­men de Maxime Ma­che­naud, au­teur d’une belle per­cée sur l’es­sai de Le Roux, ont maî­tri­sé leur su­jet face à un Stade tou­lou­sain qui avait pour­tant en­ta­mé la ren­contre sur les cha­peaux de roue.

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