« Je ne me dé­gui­se­rai pas en Claude Fran­çois »

MU­SIQUE. M. Po­ko­ra va sor­tir un al­bum de re­prises de la star des yé-yé et lui consa­crer un show en mars. Il ex­plique les rai­sons de ce mi­mé­tisme avec un chan­teur qu’il connais­sait peu.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - Pro­pos re­cueillis par EM­MA­NUEL MAROLLE

IL A ÉTÉ ROBIN des bois. Il se­ra Claude Fran­çois. En tout cas, M. Po­ko­ra va cé­lé­brer le ré­per­toire de Clo­clo. Dans un disque qui sor­ti­ra le 21 oc­tobre où il chan­te­ra à sa fa­çon « Be­lin­da », « Belles ! Belles ! Belles ! », « Alexan­drie, Alexan­dra » ou en­core « Comme d’ha­bi­tude ». Dans un show, sur scène, à par­tir de mars pro­chain. Après avoir pu­blié ce week-end un nu­mé­ro spé­cial de « Po­dium », le ma­ga­zine my­thique de son aî­né, où il dé­voile les cou­lisses de ce pro­jet, il s’ex­plique pour la pre­mière fois. On vous connais­sait fan de Mi­chael Jack­son, pas de Claude Fran­çois. Pour­quoi lui ? M. PO­KO­RA. Je ne le connais­sais pas bien mais on a tous gran­di avec ses chan­sons dans les fêtes, les ma­riages, je me sou­viens de mes pa­rents dan­sant sur du Clo­clo. Ça fait par­tie de notre pa­tri­moine. Il y a quelques an­nées, j’ai ap­pris que dans une émis­sion de ra­dio, Claude Fran­çois Ju­nior, son fils, me voyait comme un suc­ces­seur de son père. J’étais flat­té. Ça m’a in­tri­gué. Ça a été quoi le dé­clic ? En 2012, dans une émis­sion de t élé à l ’ Olym­pia j ’ ai chan­té « Comme d’ha­bi­tude » et j’étais dans un état se­cond. Il s’est pas­sé un truc qui a trou­blé tout le monde. Je me sou­viens de Ca­the­rine Rin­ger des Ri­ta Mit­sou­ko qui était pré­sente et ne de­vait même pas sa­voir qui j’étais. Elle a dit : « Waouh, il nous fait un truc le pe­tit, là, avec sa re­prise. » Alors j’ai com­men­cé à écou­ter Clo­clo et à me dé­cou­vrir plein de points com­muns avec lui. Les­quels ? Dans la fa­çon d’abor­der le mé­tier, de s’ins­pi­rer des Amé­ri­cains, de vou­loir être un « en­ter­tai­ner », un artiste qui mé­lange le chant, la danse, la mise en scène. Quand j’ai com­men­cé à pen­ser à ce pro­jet, il était hors de ques­tion de se conten­ter de re­prendre les chan­sons. Il fal­lait le show, les Clo­dettes qui se­ront donc les MPiz au­tour de moi. Si­non, ça n’au­rait pas eu la même sa­veur. Vous al­lez vous prendre pour Claude Fran­çois alors ? Pas du tout. Je ne me d é g u i s e r a i pas. Ce se­ra un al­bum de M. Po­ko­ra. C’est pour ça qu’il s’ap­pel­le­ra « My Way ». C’est la re­prise amé­ri­cain e d e « C o mme d’ha­bi­tude ». Ca veut dire « A ma fa­çon ». Si­na­tra chan­tait dans sa ver­sion « I Dit it My Way », « je l’ai fait à ma fa­çon ». L’idée est de rendre hom­mage à un artiste, à une pé­riode dont je me sens proche et de le faire dé­cou­vrir à une nou­velle gé­né­ra­tion. Une ma­nière aus­si d’al­ler là où l’on ne m’at­tend pas, comme lorsque j’ai fait la co­mé­die mu­si­cale « Robin des bois » ou un al­bum en an­glais. Com­ment avez-vous choi­si les chan­sons ? J’en ai écou­té beau­coup. Mais j’ai dé­cou­vert des titres comme « 17 Ans » ou « Sou­dain, il ne reste qu’une chan­son » que j’adore. Après j’ai choi­si des choses qui me plai­saient. Il y a des tubes que je n’ai pas re­te­nus comme « le Lun­di au so­leil ». Je ne l’aime pas par­ti­cu­liè­re­ment et je ne sen­tais pas non plus le texte. Le pre­mier single « Cette an­née-là » a été vu par cer­tains comme très proche de la chan­son « Up­town Funk » de Bru­no Mars. Ça vous a aga­cé ? Oui. Et j’ai ré­pon­du sur Fa­ce­book. Je ne de­vrais pas me prendre la tête comme ça mais par­fois, beau­coup de gens parlent sans rien y connaître. La par­tie mu­si­cale qui a fait ré­agir n’est pas inspirée de Bru­no Mars mais d’un groupe qui s’ap­pelle Fat­back. Dans les an­nées 1970 il avait re­pris « Oh What a Night » qui n’est autre que la chan­son ori­gi­nale re­prise… par Claude Fran­çois pour en faire « Cette an­née-là ». J’adore Bru­no Mars mais ses ré­fé­rences sont très funk soul, comme celles de Claude Fran­çois jus­te­ment. Il n’a rien in­ven­té. Pa­ral­lè­le­ment, vous ve­nez de com­men­cer « The Voice Kids ». Content du ré­sul­tat ? Oui. Les ré­ac­tions sont bonnes. Avec les gosses, rien n’est cal­cu­lé. Il y a énor­mé­ment de ta­lent dans cette nou­velle gé­né­ra­tion éle­vée avec les ré­seaux so­ciaux et l’image et qui sont à l’aise de­vant les ca­mé­ras. J’ar­rive à être moi très fa­ci­le­ment. Vous avez été aus­si consi­dé­ré comme un hé­ros après avoir sau­vé Da­vid Gi­no­la, vic­time d’une crise car­diaque sur un ter­rain de foot­ball en mai der­nier. Il n’y a pas de hé­ros, on a tous eu les bons ré­flexes, les pre­miers gestes qui ont fait qu’il est tou­jours là, que ce soit les gens sur place, puis les pom­piers, le per­son­nel hos­pi­ta­lier. Après les mé­de­cins ont ci­té mon nom parce que c’est peut-être le seul qu’ils connais­saient. Mais le vrai hé­ros c’est Da­vid, qui est comme un membre de ma fa­mille. Il s’est bat­tu comme un lion et est au­jourd’hui en pleine pos­ses­sion de ses moyens.

« L’idée est de rendre hom­mage à un artiste, à une pé­riode dont je me sens proche »

@ema­rolle En concert les 21 et 22 mars au Zé­nith de Pa­ris. En tour­née à par­tir du 3 mars.

Pa­ris, le 1er sep­tembre. M. Po­ko­ra se re­con­naît en Clo­clo dans sa ma­nière de faire le show. VI­DÉO M. Po­ko­ra : « Je ne me prends pas pour Claude Fran­çois »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.