Sar­ko­zy rat­tra­pé en

BYG­MA­LION. Le par­quet de Pa­ris a re­quis le ren­voi en cor­rec­tion­nelle de l’an­cien pré­sident. A deux mois du scru­tin, un coup dur pour le can­di­dat à la pri­maire.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - DI­DIER MICOINE ET HEN­RI VERNET

« LE COUP d’ar­rêt ? » ti­trait notre jour­nal le 17 fé­vrier der­nier. Ni­co­las Sar­ko­zy, pas en­core can­di­dat à la pré­si­den­tielle mais dé­jà à la tête de son par­ti (LR), ve­nait d’être mis en exa­men pour la deuxième fois. Le signe que l’ex-chef de l’Etat au­rait du mal, dans sa ten­ta­tive de re­con­quête de l’Ely­sée, à échap­per aux af­faires ju­di­ciaires. Et c’est bien dans le cadre de cette af­faire Byg­ma­lion — le fi­nan­ce­ment illé­gal de sa cam­pagne de 2012 — que le par­quet de Pa­ris vient de re­qué­rir le ren­voi en cor­rec­tion­nelle des qua­torze pro­ta­go­nistes du dossier. Dont Ni­co­las Sar­ko­zy.

Aux juges de dé­ci­der s’ils sui­vront ces ré­qui­si­tions

Pas vrai­ment une sur­prise… et pour­tant un coup de ton­nerre dans la pri­maire de la droite. Ce re­bon­dis­se­ment in­ter­vient deux se­maines après l’en­trée of­fi­cielle dans l’arène du can­di­dat Sar­ko­zy, quatre jours avant la clô­ture des can­di­da­tures. Dans la garde rap­pro­chée de l’an­cien pré­sident, on ne manque pas de poin­ter ce ca­len­drier — son avo­cat Me Her­zog, sou­li­gnant aus­si la coïn­ci­dence avec l’ouverture du pro­cès Ca­hu­zac, dé­nonce une « ma­noeuvre po­li­tique gros­sière ». Ma­noeuvre du pou­voir ? Ce se­rait ad­mettre que la jus­tice n’est pas in­dé­pen­dante. En outre, nombre de res­pon­sables socialistes es­timent que Sar­ko­zy se­rait pour Hol­lande un ad­ver­saire plus « pre­nable » que Juppé : pour­quoi alors vou­loir l’éli­mi­ner ? En tout état de cause, c’est aux juges d’ins­truc­tion de dé­ci­der à pré­sent s’ils sui­vront ou non les ré­qui­si­tions du par­quet. Et donc s’il y au­ra un pro­cès… qui n’au­rait pas lieu avant la pré­si­den­tielle de 2017.

Reste que cette pers­pec­tive va élec­tri­ser en­core plus la cam­pagne. S’il était ren­voyé en cor­rec­tion­nelle, Sar­ko­zy de­vrait-il se po­ser la ques­tion du main­tien de sa can­di­da­ture ? Rien ne l’y oblige, au nom de la pré­somp­tion d’in­no­cence. Mais po­li­ti­que­ment, c’est une autre his­toire… A quel can­di­dat ce­la pro­fi­te­ra-t-il ? Dif­fi­cile à dire. D’un cô­té, les par­ti­sans de Sar­ko­zy fe­ront bloc der­rière leur cham­pion qui dé­non­ce­ra l’achar­ne­ment des juges. De l’autre, les élec­teurs de droite qui veulent tour­ner cette page iront ren­for­cer le camp Juppé. A moins que ce spec­tacle d’une cam­pagne ryth­mée par les af­faires et les coups bas ait un ef­fet dé­mo­bi­li­sa­teur sur le peuple de droite… @Hen­riVer­net

Les autres af­faires

Ni­co­las Sar­ko­zy est loin d’en avoir fi­ni avec les pro­cé­dures ju­di­ciaires. Outre Byg­ma­lion, le nom de l’an­cien pré­sident est ci­té dans d’autres dos­siers tou­jours en cours.

Alors mis en cause dans l’af­faire Bet­ten­court (il a été blan­chi de­puis), Ni­co­las Sar­ko­zy est soup­çon­né d’avoir ten­té, via son avo­cat Thierry Her­zog, d’ob­te­nir d’un ma­gis­trat des in­for­ma­tions se­crètes sur cette pro­cé­dure. Il est mis en exa­men de­puis juillet 2014 pour « cor­rup­tion et tra­fic d’in­fluence ». L’en­quête se pour­suit.

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