« J’en ai vu d’autres… »

Ni­co­las Sar­ko­zy,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - OLI­VIER BEAU­MONT ET VA­LÉ­RIE HACOT

IM-PER-TUR-BABLE. Comme si de rien n’était, Ni­co­las Sar­ko­zy a ap­pris la nou­velle de son pos­sible ren­voi en cor­rec­tion­nelle alors qu’il se trou­vait à son QG, en pleine réunion heb­do­ma­daire de cam­pagne. « Ça lui en a tou­ché une, sans faire bou­ger l’autre », ra­conte un par­ti­ci­pant. Au­tour de la table, Gé­rald Dar­ma­nin, co­or­di­na­teur de sa cam­pagne, et une ky­rielle de porte-pa­role et de membres de son co­mi­té de sou­tien, comme Eric Ciot­ti, Edouard Cour­tial, Luc Cha­tel, Ch­ris­tian Es­tro­si, Ra­chi­da Da­ti et bien sûr Brice Hor­te­feux, l’ami de tou­jours. Bref, le ban et l’ar­rière-ban de la sar­ko­zie.

Son camp, im­pas­sible :

L’an­nonce a été glis­sée à l’oreille de l’an­cien chef de l’Etat en toute fin de réunion, quand la dé­pêche est tom­bée. « Il a conti­nué son propos, en par­lant de ses thé­ma­tiques ha­bi­tuelles : im­mi­gra­tion, baisses d’im­pôts et va­leurs de la Ré­pu­blique. Puis on a évo­qué son agen­da des jours à ve­nir », té­moigne l’un des pré­sents. Au­cune al­lu­sion en sor­tant, ou presque. « J’en ai vu d’autres », mar­monne tout de même Sar­ko­zy en re­tour­nant dans son bu­reau. « La jour­née va être longue », sou­pire une pe­tite main, pen­dant que le pa­tron en­chaîne ses ren­dez-vous : un point avec son édi­trice sur les ventes et la pro­mo­tion de « Tout pour la France », puis une ren­contre avec l’ex-otage In­grid Be­tan­court qui a an­non­cé qu’elle sou­te­nait sa can­di­da­ture.

Seul chan­ge­ment no­table, la ve­nue de son avo­cat Thierry Her­zog pour faire le point sur le dossier ju­di­ciaire. Et sur­tout pré­pa­rer la ri­poste, avant de dif­fu­ser les fa­meux élé­ments de lan­gage. « Ma­noeuvre po­li­ti­cienne », lance Her­zog en sor­tant. « Tout ce­la tombe comme par ha­sard au mo­ment où s’ouvre le pro­cès Ca­hu­zac. Cette éton­nante concor­dance des temps n’est pas le fruit du ha­sard », re­prend Ciot­ti. « Fran­che­ment, la fi­celle est un peu grosse. A chaque fois ce­la s’est ter­mi­né par des non­lieux », pour­suit Dar­ma­nin.

Ses concur­rents à la pri­maire, pru­dents :

« A chaque fois ce­la s’est ter­mi­né par des non-lieux » « On n’ira pas sur ce ter­rain-là »

Cir­cu­lez, il n’y a rien à voir ! C’est aus­si cu­rieu­se­ment le mot d’ordre en vi­gueur chez ses ri­vaux de la pri­maire, pour­tant peu tendres avec lui ces der­niers jours. Pas la peine d’en ra­jou­ter. « Je n’ai au­cun com­men­taire à faire », ba­laie Alain Juppé. Le su­jet se­ra évi­dem­ment à l’ordre du jour de la réunion qu’il tient avec son état-ma­jor ce ma­tin, « mais on n’ira pas sur ce ter­rain-là. Ce n’est pas le genre de la mai­son Juppé », as­sène un lieu­te­nant. Bru­no Le Maire botte aus­si en touche : « Nous ne com­men­tons pas les dé­ci­sions de jus­tice, on est là pour por­ter des pro­jets », jure son en­tou­rage. Même François Fillon, qui n’a eu de cesse de co­gner sur les en­nuis ju­di­ciaires de l’an­cien pré­sident, ob­serve un pru­dent si­lence. Tan­dis que Geof­froy Di­dier, en froid avec Sar­ko­zy de­puis son en­trée en cam­pagne, lâche, tout miel : « J’ai tou­jours été convain­cu de sa pro­bi­té. »

Bref, per­sonne ne tire sur Sar­ko­zy. Mais cer­tains par­le­men­taires s’in­quiètent de pos­sibles ré­per­cus­sions sur le scru­tin : « Vis-à-vis de nos élec­teurs, ce­la fait désordre », an­ti­cipe l’un d’eux. Les sar­ko­zystes, pour­tant, res­tent confiants : « Au contraire, plus on cogne sur lui, plus ça gal­va­nise ses sup­por­teurs », se ras­sure Edouard Cour­tial. Quant au prin­ci­pal in­té­res­sé, il pour­rait dès ce soir ri­pos­ter à l’oc­ca­sion d’un mee­ting dans les Yve­lines. « J’en par­le­rai le temps ve­nu », a-t-il glis­sé hier en quittant son QG. @oli­vier­beau­mont @vha­cot1

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