Un ban­lieu­sard nom­mé Ma­cron

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - PAU­LINE THÉVENIAUD

EM­MA­NUEL Ma­cron at­trape un pla­teau et prend place dans la file du self. OEufs durs, fi­celle pi­carde, tarte aux fruits… Des cui­sines de Ber­cy à la can­tine du cam­pus des mé­tiers de l’en­tre­prise de Bo­bi­gny (Seine-SaintDe­nis), le cos­tume est tou­jours aus­si an­thra­cite. Mais c’est le (presque) can­di­dat et non plus le mi­nistre de l’Eco­no­mie qui s’at­table au mi­lieu des élèves. Proche de Saïd Ham­mouche, pré­sident du ca­bi­net de re­cru­te­ment Mo­zaïk RH, Ma­cron re­garde de­puis un mo­ment dé­jà en di­rec­tion des quar­tiers po­pu­laires, ces grands dé­çus du quin­quen­nat Hol­lande.

Des pro­messes pour les jeunes

Son « ami » Pa­trick Toul­met, qui le re­ce­vait hier dans son pôle de for­ma­tion ados­sé à la chambre des mé­tiers et de l’ar­ti­sa­nat, rap­porte : « Dès le len­de­main des at­ten­tats du 13 No­vembre, il m’a de­man­dé : Qu’est-ce qu’on fait pour les jeunes désoeu­vrés ? »

Hier, à Bo­bi­gny, l’an­cien ban­quier de chez Roth­schild a conti­nué à creu­ser son sillon. Et par­lé cash. « On a fait trop de pro­messes, par­fois aus­si trop de conces­sions. Dans les deux cas, bien sou­vent par clien­té­lisme », ba­lance-t-il de­vant le ca­pot ou­vert d’une ca­mion­nette élec­trique. Il re­met une goutte d’huile, une pile dans le mo­teur : « On a ex­pli­qué qu’on al­lait pro­té­ger tel ou tel in­té­rêt, qu’on al­lait ac­cep­ter des choses qui ne sont pas conformes aux lois de la Ré­pu­blique. Donc, on crée à chaque fois de la dé­cep­tion ou de la sé­pa­ra­tion. » En apar­té, l’an­cien mi­nistre dé­plore « la com­plai­sance sur les ques­tions iden­ti­taires ou re­li­gieuses. »

Sa pro­messe ? « L’une des ré­pon- ses, c’est aus­si de don­ner aux jeunes qui veulent en­tre­prendre la pos­si­bi­li­té de le faire beau­coup plus for­te­ment », nous ex­plique Ma­cron, qui veut « per­mettre des réus­sites in­di­vi­duelles car c’est aus­si comme ça qu’on tire les quar­tiers vers le haut ».

Un rai­son­ne­ment qui fait di­rec­te­ment écho à sa pe­tite phrase de jan­vier 2015 sur les jeunes Fran­çais et l’en­vie de de­ve­nir mil­liar­daires. Tra­duc­tion, dans la bouche d’un conseiller du gou­ver­ne­ment : « En gros, sa for­mule à lui, c’est Uber. Les mecs font 70 heures par se­maine, gagnent 2 000 balles, mais au moins ils ne pointent pas au chô­mage. Je ne sais pas si on peut en faire un mo­dèle de so­cié­té… » @Pau­li­ne_Th Em­ma­nuel Ma­cron dé­nonce le clien­té­lisme en ban­lieue

Bo­bi­gny (Seine-Saint-De­nis), hier. Em­ma­nuel Ma­cron a choi­si le cam­pus des mé­tiers, où l’on forme des jeunes aux mé­tiers de l’ar­ti­sa­nat, pour par­ler des quar­tiers po­pu­laires.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.