« Une pri­maire de re­ve­nants à droite et de fan­tômes à gauche »

EX­TRÊME DROITE. Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen bro­carde les ad­ver­saires du FN, en­glués dans leur « ba­taille d’ego ». En ci­blant un Ni­co­las Sar­ko­zy « qui ne doute de rien ».

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Propos re­cueillis par OLI­VIER BEAU­MONT

LA JEUNE (26 ans) dé­pu­tée du Vau­cluse, dé­sor­mais presque aus­si po­pu­laire que sa tante Ma­rine au­près des sym­pa­thi­sants du FN. Le par­quet a de­man­dé le ren­voi de Ni­co­las Sar­ko­zy dans l’af­faire Byg­ma­lion. Ça vous étonne ? MA­RION MA­RÉ­CHAL-LE PEN. Je res­pecte la pré­somp­tion d’in­no­cence, mais ma­ni­fes­te­ment il y a quand même suf­fi­sam­ment de preuves pour qu’il y ait des pour­suites. Au-de­là de cette af­faire qui va conti­nuer à re­bon­dir, il est tout de même in­vrai­sem­blable qu’un homme dont les comptes de cam­pagne ont été an­nu­lés, qui a vio­lé la loi, puisse se pré­sen­ter en toute conscience de­vant le suf­frage des Fran­çais. Sa­me­di, Ma­rine Le Pen a beau­coup co­gné sur lui. Le FN le re­doute tant que ce­la ? Il a été un mau­vais di­ri­geant, mais re­con­nais­sons que c’est un très bon can­di­dat. Il sait faire cam­pagne, sans ja­mais se dé­par­tir de son in­croyable cu­lot. Le voir se dra­per en chantre de l’iden­ti­té fran­çaise, après le bi­lan qui a été le sien à l’Ely­sée sur les ques­tions d’im­mi­gra­tion et de sé­cu­ri­té, c’est stu­pé­fiant. Il ne doute de rien. Il cherche sur­tout à ré­cu­pé­rer ses élec­teurs qui sont par­tis au FN. Ça peut mar­cher ? La fi­celle n’est pas grosse, elle est énorme. C’est même une corde ! Je ne com­prends pas sur quelle lé­gi­ti­mi­té il va s’ap­puyer. Mais Ni­co­las Sar­ko­zy a une force mé­dia­tique in­dé­niable, alors on reste vi­gi­lants. L’uni­ver­si­té d’été du FN se dé­roule à Fré­jus les 17 et 18 sep­tembre. N’est-ce pas un peu tard pour un par­ti qui as­pire à être au pou­voir en 2017 ? Pas du tout. Nous avons dé­ci­dé de ne pas être contraints par le temps mé­dia­tique. Vu les cir- constances dra­ma­tiques qui touchent le pays, on a be­soin de t emps pour t r availler sur nos idées. Pas comme nos ad­ver­saires qui sont ac­tuel­le­ment se­coués par une guerre des ego ter­rible, entre une pri­maire de re­ve­nants à droite et une pri­maire de fan­tômes à gauche. Plus de flamme, plus de lo­go sur les af­fiches de Ma­rine Le Pen : le FN n’est plus une marque qui fait vendre ? Ce n’est pas ré­vo­lu­tion­naire qu’en pé­riode pré­si­den­tielle les can­di­dats se dé­tachent du par­ti. Mais je ne crois pas que le Front na­tio­nal soit un bou­let dans une cam­pagne. C’est même un le­vier très por­teur pour 2017. Votre grand-père a an­non­cé vou­loir pré­sen­ter des can­di­dats aux pro­chaines lé­gis­la­tives. Vous com­pre­nez sa dé­marche ? Non, je la re­grette même. Ce n’est pas son rôle et c’est un peu dom­mage qu’il se perde dans des cal­culs po­li­ti­ciens qui n’ont pas beau­coup d’ave­nir. Ce n’est pas à la me­sure de l’homme. Vous vou­liez in­té­grer la ré­serve opé­ra­tion­nelle na­tio­nale ? Où en êtes-vous ? J’ai fait les dé­marches ! J’ai ren­con­tré la se­maine der­nière le co­lo­nel du ré­gi­ment dans le­quel je veux en­trer, le 21e RI­Ma de Fré­jus. Je dé­pose mon dossier ven­dre­di. Puis il se­ra trans­mis au mi­nis­tère de la Dé­fense. Je sou­hai­te­rais faire la for­ma­tion ini­tiale des of­fi­ciers à Coët­qui­dan, dans le Mor­bi­han, qui im­plique trois se­maines de for­ma­tion, plus dix-neuf jours de for­ma­tion à cô­té. Vous com­pre­nez le com­bat de NKM qui re­doute l’ab­sence d’une femme à la pri­maire de la droite ? Je n’ai ja­mais com­pris les com­bats qui en­ferment dans des com­mu­nau­tés, des ca­té­go­ries. J’ai tou­jours le sen­ti­ment qu’à tra­vers ces com­bats fé­mi­nistes on s’en­ferme dans une es­pèce de lo­gi­ciel vic­ti­maire qui me dé­range beau­coup. Il fut un temps où on s’en­or­gueillis­sait d’être des hé­ros. Au­jourd’hui, on s ’ e nor­gueill i t d’être des vic­times.

« Je dé­pose ven­dre­di mon dossier pour in­té­grer la ré­serve opé­ra­tion­nelle »

@oli­vier­beau­mont

Se­lon Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen, le FN tra­vaille ses idées avant de ren­trer en cam­pagne.

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