Pres­sé, Drahi se dé­couvre une fibre so­ciale

SFR. Alors qu’une grève est pré­vue au­jourd’hui contre le plan so­cial, le pa­tron du groupe offre des condi­tions avan­ta­geuses aux par­tants pour ac­cé­lé­rer sa mu­ta­tion.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Fré­dé­ric Re­tour­ney, dé­lé­gué CGT DA­NIEL ROSENWEG

À L’AP­PEL de la CGT, de la CFECGC et de SUD, les 15 000 sa­la­riés de SFR sont ap­pe­lés à faire grève au­jourd’hui contre le plan so­cial pré­sen­té en juillet et si­gné par la CFDT et l’Un­sa. Un plan de dé­parts vo­lon­taires qui pré­voit la sup­pres­sion de 5 000 em­plois — soit un tiers des ef­fec­tifs — d’ici à 2019. Un plan, en­fin, par­ti­cu­liè­re­ment gé­né­reux et dont les condi­tions sont cal­quées sur celles ac­cor­dées en 2013 par Vi­ven­di, ex-pro­prié­taire de SFR, qui vou­lait se sé­pa­rer de 1 123 em­plois dans l’ur­gence.

La di­rec­tion pro­pose d’in­dem­ni­ser les dé­parts vo­lon­taires à hau­teur de 2,5 mois de sa­laire par an­née de pré­sence dans l’en­tre­prise. Une offre qui, se­lon cer­tains ex­perts, por­te­rait la fac­ture de ce plan so­cial à… 800 M€.

Une jo­lie et sur­pre­nante fleur quand ont sait que Pa­trick Drahi, PDG d’Al­tice, le groupe et ac­qué­reur de SFR en 2014, a la ré­pu­ta­tion d’être un chas­seur de coûts in­tran­si­geant. Mais voi­là : Pa­trick Drahi est pres­sé de dé­grais­ser.

Si la CFDT se sa­tis­fait de cette offre, c’est, dit-elle, parce que les condi­tions sont bonnes et que « au­cun dé­part n’est contraint ». La CFE-CGC, la CGT et SUD n’ont pas le même avis. « Avant de par­ler sup­pres­sions de postes, il au­rait fal­lu par­ler stra­té­gie de l’en­tre­prise, ex­plique Fré­dé­ric Re­tour­ney, dé­lé­gué CGT qui ap­pelle les sa­la­riés à ma­ni­fes­ter ce mi­di de­vant le siège de SFR, à Saint-De­nis, au nord de Pa­ris. Nous avons pris beau­coup de re­tard sur les in­ves­tis­se­ments. Du tra­vail il y en a, pas be­soin de supp r ime r 5 000 postes. »

« La trans­for­ma­tion de l’en­tre­prise est sou­hai­tée par la ma­jo­ri­té des sa­la­riés, a ré­pli­qué hier Mi­chel Combes, di­rec­teur gé­né­ral du groupe Al­tice. SFR est l’opé­ra­teur qui s’est le moins adap­té ces der­nières an­nées. »

Alors, plus ques­tion de perdre du temps car, dit-il, « un nou­veau cha­pitre s’ouvre » pour le groupe dont Pa­trick Drahi est et res­te­ra l’ac­tion­naire ma­jo­ri­taire. C’est ain­si qu’a été pré­sen­té hier un plan de ra­chat d’ac­tions por­tant sur 22,25 % du ca­pi­tal qui doit faire en­trer SFR dans le gi­ron fi­nan­cier d’Al­tice Group. Sans avan­tage fis­cal à la clé, as­sure Mi­chel Combes. Preuve qu’il veut trans­for­mer vite le groupe, le di­rec­teur gé­né­ral a éga­le­ment an­non­cé hier la prise de contrôle, moyen­nant 200 M€, de deux so­cié­tés fran­çaises par­te­naires : Pa­ri­lis, spé­cia­liste des ré­seaux té­lé­coms et des rac­cor­de­ments, et In­tel­cia, « pour ré­in­ter­na­li­ser la re­la­tion client ». Ob­jec­tif af­fi­ché : « De­ve­nir lea­deur du très haut dé­bit fixe et mo­bile. » Il a aus­si évo­qué le lancement d’une gamme de nou­veaux mo­biles en 2017, et la créa­tion d’un pôle de 300 ex­perts en ana­lyse de don­nées pour « mo­né­ti­ser la clien­tèle ». Com­pre­nez : lui vendre un maxi­mum de pro­duits par le ci­blage. Et des pro­duits, Al­tice n’en manque pas : presse, chaînes de té­lé, vi­déo à la de­mande… Mais pour réus­sir son pa­ri, SFR, qui a per­du beau­coup de clients, doit faire vite. A tout prix.

« Du tra­vail il y en a, pas be­soin de sup­pri­mer 5 000 postes »

L’em­pire Drahi le­pa­ri­sien.fr

Les 15 000 sa­la­riés du groupe SFR sont ap­pe­lés à faire grève au­jourd’hui en ré­ponse au plan so­cial de l’en­tre­prise qui table sur 5 000 dé­parts vo­lon­taires d’ici à 2 019. Pour ac­cé­lé­rer le pro­ces­sus, le pa­tron Pa­trick Drahi ne lé­sine pas sur les in­dem­ni­sa­tions.

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