Le casse-tête de la sé­cu­ri­té à la fac

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - FLO­RENCE MÉRÉO

RÉUNIONS D’AC­CUEIL, temps d’in­té­gra­tion… Hier, ils étaient nom­breux à re­trou­ver le che­min de l’uni­ver­si­té, avant la re­prise of­fi­cielle des cours à par­tir de lun­di. Par­mi les nou­veau­tés de la rentrée des 1,6 mil­lion d’étu­diants des fa­cul­tés de France : la sé­cu­ri­té.

La mi­nistre de l’Edu­ca­tion vient en ef­fet d’an­non­cer « un dé­ga­ge­ment » de 30 M€ pour « la sé­cu­ri­sa­tion tech­nique ou hu­maine » des quelque 70 cam­pus du ter­ri­toire. « Il s’agit de sé­cu­ri­ser les en­trées grâce à des so­cié­tés de gar­dien­nage, de contrô­ler qui entre afin que seuls les étu­diants, les per­son­nels et les in­vi­tés aient ac­cès au site, dé­crypte JeanLoup Salz­mann, le pré­sident de la Confé­rence des pré­si­dents d’uni­ver­si­té (CPU). Ce­la pas­se­ra aus­si par le contrôle des sacs se­lon la confi­gu­ra­tion des lieux, le ren­for­ce­ment des portes, voire la condam­na­tion de cer­taines is­sues », re­prend-il.

Sur le ter­rain, les pré­si­dents des uni­ver­si­tés sont pour­tant fri­leux quand il s’agit d’abor­der la mise en place concrète de ces me­sures. « On est gê­né aux en­tour­nures, concède-ton dans une fac fran­ci­lienne. C’est un casse-tête : non seule­ment ce­la coûte très cher mais, sou­vent, les sites ont plu­sieurs ac­cès. L’an­nonce des fonds sup­plé­men­taires est ré­cente. On ne peut pas bud­ge­ter et re­cru­ter du monde en si peu de temps ! »

« Fil­trer tous les élèves ? C’est im­pos­sible », tranche Franck Lou­rei­ro, du syn­di­cat de l’édu­ca­tion SgenCFDT. « Pour les seules pa­trouilles de vi­giles dans toutes les uni­ver­si­tés, il fau­drait entre 40 et 45 M€ », croit sa­voir le syn­di­ca­liste qui ne dé­co­lère pas : les 30 M€ à dis­po­si­tion est une somme que les uni­ver­si­tés au­raient dû ver­ser au Fonds pour l’in­ser­tion des per­sonnes han­di­ca­pées dans la fonc­tion pu­blique.

La CPU as­sure, elle, que sans cette exo­né­ra­tion, elle ne « pour­rait pas » as­su­rer la sé­cu­ri­té des étu­diants. « Nous ré­flé­chis­sons à d’autres choses, comme de nou­veaux exer­cices d’éva­cua­tion. Ce­la ne peut pas être la même pro­cé­dure en cas d’in­cen­die ou d’at­ten­tat », in­dique Jean-Loup Saltz­mann.

Fouille des sacs et contrôle des en­trées at­tendent les 1,6 mil­lion d’étu­diants qui fe­ront leur rentrée en France lun­di pro­chain.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.