Eu­gène, 80 ans, bat­tu à mort pour sa chaîne en or

MEURTRE. Un re­trai­té qui fai­sait sa pro­me­nade quo­ti­dienne à Mar­seille a été tué par les vo­leurs qui lui ont ar­ra­ché son bi­jou. Un drame qui ré­volte la ville.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant MARC LERAS

« LUI qui n’a ja­mais fait de bruit, se re­trou­ver comme ça à la une des jour­naux, ce­la l’au­rait ré­vol­té. C’était quel­qu’un de dis­cret, qui avait tra­vaillé toute sa vie, c’est très dif­fi­cile de vivre ça. » Anne-Ma­rie Griot, 78 ans, est bou­le­ver­sée par le meurtre sau­vage de son ma­ri, Eu­gène, 80 ans, bat­tu à mort mer­cre­di der­nier par deux agres­seurs qui en vou­laient à sa chaîne en or.

Il est dé­cé­dé des suites de ses bles­sures ven­dre­di. Les conseils de pru­dence et de si­lence de la po­lice pour ne pas gê­ner l’en­quête avaient dis­sua­dé la famille d’ébrui­ter la mort de l’oc­to­gé­naire, qui n’a été di­vul­guée que ce week-end. L’an­nonce de ce meurtre bru­tal a cho­qué tout Mar- seille, bien au-de­là du pai­sible quar­tier des Ca­moins, dans le XIe ar­ron­dis­se­ment, à l’est, où vi­vait le couple de re­trai­tés.

An­cien ma­çon, Eu­gène Griot était tran­quille et dis­cret mais en pleine forme mal­gré son âge. Mer­cre­di der­nier, il fai­sait sa ba­lade quo­ti­dienne en fin d’après-mi­di sur l’al­lée qui longe sa pro­prié­té quand une voi­ture s’est ar­rê­tée à sa hau­teur. Si le conduc­teur est res­té au vo­lant, deux hommes en ont jailli et ont ar­ra­ché la chaîne en or que le vieil homme por­tait au­tour du cou. Ce der­nier est tom­bé à terre et ses deux agres­seurs se sont achar­nés sur lui en lui don­nant de vio­lents coups de pied, no­tam­ment en pleine tête, avant de prendre la fuite. Ils sont tou­jours re­cher­chés, dé­sor­mais pour meurtre. En ef­fet, trans­por­té dans un état grave vers un hô­pi­tal d’Au­bagne après l’agres­sion, l’oc­to­gé­naire est dé­cé­dé ven­dre­di soir après deux jours de co­ma et sans avoir re­pris conscience.

Long­temps fléau de la dé­lin­quance des rues mar­seillaises, les vols à l’ar­ra­ché de col­liers, no­tam­ment sur des per­sonnes vul­né­rables, avaient spec­ta­cu­lai­re­ment bais­sé grâce à un dé­ploie­ment de po­li­ciers dans le centre-ville et au dé­man­tè­le­ment de ré­seaux de re­ce­leurs d’or. Mais tout semble à re­faire puisque ce type d’agres­sion est re­par­ti à la hausse de­puis le dé­but de l’an­née avec dé­jà plus de deux cents plaintes re­cen­sées, sou­vent dé­sor­mais dans des quar­tiers pé­ri­phé­riques où la pré­sence po­li­cière est moins im­por­tante.

« Les gens sont cho­qués et conster­nés. On vit ici dans un pe­tit vil­lage pro­ven­çal où tout le monde se connaît et la vio­lence de ces faits in­quiète beau­coup, confie Hu­guette Co­pieux, pré­si­dente du co­mi­té d’in­té­rêt de quar­tier (CIQ) des Ca­moins. Nous vi­vons dans une zone tran­quille et la dé­lin­quance n’est pas notre quo­ti­dien comme ailleurs dans Mar­seille. Du coup nous avons moins de pa­trouilles de po­lice. Pour­tant, il y a de plus en plus de cam­brio­lages et d’agres­sions. Nous ré­flé­chis­sons à une ac­tion dans les pro­chains jours pour aler­ter les pou­voirs pu­blics et rendre hom­mage à la vic­time. »

Agres­sions dans des quar­tiers pé­ri­phé­riques où la pré­sence po­li­cière est moins im­por­tante

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