Vent de face pour Ma­tui­di

Aujourd'hui en France - - SPORTS - RONAN FOLGOAS

JUS­QU’À PRÉ­SENT, son plan de car­rière était sans ac­croc. Un mo­dèle du genre cou­ron­né d’une re­con­nais­sance spor­tive et fi­nan­cière, avec le PSG comme en équipe de France. De­puis quelques se­maines, en re­vanche, Blaise Ma­tui­di doit composer avec des élé­ments contraires qui freinent sa pro­gres­sion et jettent un trouble sur son ave­nir. A com­men­cer par l’his­toire de son trans­fert avor­té à la Ju­ven­tus Tu­rin. Le Pa­ri­sien dis­po­sait d’une offre concrète de la part des di­ri­geants de la Juve. A bien­tôt 30 ans, il rê­vait d’un grand saut de l’autre cô­té des Alpes. Le PSG lui a fi­na­le­ment fer­mé la porte au nez, es­ti­mant qu’il était trop im­por­tant au sein de l’ef­fec­tif d’Unai Eme­ry. Simple contra­rié­té ou vrai coup dur ?

« J’ai beau­coup échan­gé avec Blaise au dé­but du ras­sem­ble­ment de l’équipe de France (NDLR : fin août, lors des der­niers jours du mer­ca­to), té­moigne Ra­phaël Va­rane, ca­pi­taine des Bleus en l’ab­sence d’Hu­go Llo­ris. Il était pré­oc­cu­pé par sa si­tua­tion, je le trou­vais pen­sif. Mais il s’est très vite re­mo­bi­li­sé. Main­te­nant, il est to­ta­le­ment im­pli­qué dans le pro­jet de l’équipe de France. »

Pous­sé sur le banc par Kan­té ?

Im­pli­qué sû­re­ment mais pas as­su­ré pour au­tant d’être ti­tu­laire, ni ce soir ni dans un ave­nir proche. Lors du der­nier Eu­ro, il avait ré­sis­té tant bien que mal au chan­ge­ment de sys­tème tactique (exit le 4-3-3, bon­jour le 44-2) dé­ci­dé par Di­dier Des­champs. Cette fois, le pas­sage de trois à deux mi­lieux de ter­rain ré­cu­pé­ra­teurs, pres­sen­ti face à la Bié­lo­rus­sie, pour­rait le re­pous­ser sur le banc de touche au pro­fit de N’Go­lo Kan­té.

La nou­velle re­crue de Chel­sea a dé­jà en­chaî­né plu­sieurs pres­ta­tions de haut ni­veau cou­rant août. Dans le même temps, Ma­tui­di a été uti­li­sé avec par­ci­mo­nie par Unai Eme­ry (53 mi­nutes de jeu en trois matchs de Ligue 1), lui aus­si adepte d’une for­mule avec deux mi­lieux de ter­rain dé­fen­sifs ou ré­cu­pé­ra­teurs. Un sys­tème qui ré­duit mé­ca­ni­que­ment son champ d’ex­pres­sion chez les Bleus comme au PSG ?

« Au contraire, Blaise est beau­coup plus à l’aise dans un sys­tème à deux mi­lieux de ter­rain, tranche JeanMarc Fur­lan, le coach qui a lan­cé sa car­rière pro­fes­sion­nelle à Troyes. C’est ce rôle de ré­cu­pé­ra­teur de bal­lons, de­vant la dé­fense, qui lui convient le mieux. A Pa­ris, il a juste réus­si au-de­là de tout ce qu’on pou­vait ima­gi­ner dans un sys­tème en 43-3 qui ne lui était pas for­cé­ment fa­vo­rable au dé­part. Après, même s’il joue un peu moins cette sai­son, ce ne se­ra pas né­ga­tif pour lui. Il va se ré­gé­né­rer après plu­sieurs sai­sons à plus de soixante matchs et res­ter le grand joueur qu’il a été. » Se ré­in­ven­ter en res­tant dans le même en­vi­ron­ne­ment ? Le dé­fi n’est pas si simple. le­pa­ri­sien.fr Les Bleus ras­su­rés pour Ma­tui­di

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