La pre­mière place, si­non rien

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Minsk (Bié­lo­rus­sie) de l’un de nos envoyés spé­ciaux Oli­vier Da­court, ex-in­ter­na­tio­nal CH­RIS­TOPHE BÉRARD Y.L.

AU BOUT DU FIL, l’éclat de rire est ins­tan­ta­né et si­gné Sid­ney Go­vou, fi­na­liste du Mondial 2006. « Si quel­qu’un vous dit que la France n’est pas fa­vo­rite de son groupe, il ne connaît rien au football ou il ment », s’amuse-t-il. Au-de­là de la Bié­lo­rus­sie, la France de­vra, pour com­pos­ter di­rec­te­ment son billet pour la Rus­sie, en dé­coudre avec le Luxem­bourg, les Pays-Bas, la Suède et la Bul­ga­rie.

Pas­sons sur les Luxem­bour­geois et les Bié­lo­russes aux am­bi­tions for­cé­ment li­mi­tées. La Bul­ga­rie n’a plus rien à voir avec cette for­ma­tion ve­nue gla­cer les Bleus au Parc des Princes en 1993 pour les pri­ver du Mondial amé­ri­cain. Kos­ta­di­nov et Stoit­ch­kov sont re­trai­tés de­puis long­temps et leurs suc­ces­seurs ont fait de leur sé­lec­tion la 77e au clas­se­ment Fi­fa.

Les Pays-Bas res­semblent à un vieux mo­nu­ment dé­gra­dé et ou­vert à tous les vents. In­ca­pables de se qua­li­fier pour l’Eu­ro, les Néerl an­dais sont en quête de fra­giles cer­ti­tudes. Et si la Suède était bien à l’Eu­ro, elle est dé­sor­mais am­pu­tée de sa star em­blé­ma­tique Zla­tan Ibra­hi­mo­vic. Et ce der­nier n’a pas lais­sé d’hé­ri­tier. Sans son géant, la Suède ne risque pas non plus de faire peur aux Bleus.

« Il faut être lu­cide, note Go­vou. Nous sommes vice- cham­pions d’Eu­rope et nous pos­sé­dons des joueurs évo­luant dans les plus grands clubs du monde. En re­vanche, croire sim­ple­ment que le sta­tut de fa­vo­ri suf­fi­ra à nous qua­li­fier est une er­reur. On peut tom­ber sur une équipe avec des j oueurs moyens mais sur­mo­ti­vés. Il fau­dra as­su­mer notre rôle. »

Oli­vier Da­court, l’ex-in­ter­na­tio­nal, vote éga­le­ment pour l es Bleus. Mais il cite un exemple pour at­ti­ser la mé­fiance. « Qui au­rait ima­gi­né, aux dé­buts des éli­mi­na­toires de l’Eu­ro, l’Is­lande fi­nir pre­mière de son groupe de­vant les Turcs et les Néer­lan­dais ? in­ter­roge-t-il. Croire en la fa­ci­li­té est le meilleur moyen de tom­ber. Quand j’étais pe­tit, il était ha­bi­tuel de mettre des 5 ou 6-0 aux îles Fé­roé, à Malte, ou à Chypre. Au­jourd’hui, ce­la n’existe plus. Tout est beau­coup plus équi­li­bré. Rien n’est ga­gné d’avance. »

Gé­rard Houl­lier, sé­lec­tion­neur des Bleus lors du fu­neste France - Bul­ga­rie en 1993, voit éga­le­ment la France lar­ge­ment de­vant. « Les Pays-Bas sont en re­cons­truc­tion, mais nous nous de­vons d’être en confirmation. La France a tous les atouts pour fi­nir pre­mière. Tout ne dé­pend que d’elle. »

« Croire en la fa­ci­li­té est le meilleur moyen de tom­ber »

le­pa­ri­sien.fr Va­rane : « Im­por­tant de dé­bu­ter par une vic­toire » Les Bleus vont bou­ger. Bien que lo­gée à Minsk, où elle s’est en­traî­née ces deux der­niers jours, l’équipe de France af­fron­te­ra la Bié­lo­rus­sie à Bo­ri­sov, une ville si­tuée à en­vi­ron 80 km. Le stade de la ca­pi­tale, le Di­na­mo Sta­dion, est en ef­fet en re­cons­truc­tion et Bo­ri­sov ne pos­sé­dait pas les in­fra­struc­tures hô­te­lières adé­quates pour ac­cueillir les Bleus. Match ami­cal en no­vembre. L’équipe de France af­fron­te­ra la Suède le ven­dre­di 11 no­vembre pro­chain au Stade de France, seul match pro­gram­mé de cette trêve in­ter­na­tio­nale. Le staff des Bleus ré­flé­chit donc à l’or­ga­ni­sa­tion d’un match ami­cal, mais pour l’ins­tant le nom de l’ad­ver­saire et la date ne sont pas connus. Le Ko­so­vo tient seize re­crues. Ces an­ciens in­ter­na­tio­naux d’autres pays ont été au­to­ri­sés, dé­sor­mais, à re­pré­sen­ter la sé­lec­tion re­con­nue en mai der­nier par la Fi­fa : Uj­ka­ni, Me­ha, Ra­shi­ca, Rrah­ma­ni, Bun­ja­ku, Sha­la et Gi­bral­tar dé­bute aus­si. La sé­lec­tion du Ro­cher si­tué au sud de la pé­nin­sule Ibé­rique va dis­pu­ter ce soir son pre­mier match de qua­li­fi­ca­tion à un Mondial. Faute de stade aux normes, c’est à Fa­ro, dans le sud du Por­tu­gal, que la sé­lec­tion de ce confet­ti bri­tan­nique de 6 km2 et 30 000 ha­bi­tants, va af­fron­ter « à do­mi­cile », avec ses amateurs ou se­mi-pro­fes­sion­nels, la Grèce, cham­pionne d’Eu­rope en 2004. Elle ten­te­ra de faire mieux que lors de ses pre­mières qualifications pour l’Eu­ro (10 dé­faites en au­tant de matchs, 2 buts mar­qués, 56 buts en­cais­sés). Quatre jours après la dé­faite en Ukraine (1-0, ven­dre­di), l’équipe de France es­poirs doit s’im­po­ser face à l’Is­lande, au­jourd’hui à Caen (18 h 45), pour se re­lan­cer dans la course à l’Eu­ro 2017. Une dé­faite face au lea­deur du groupe l’écar­te­rait dé­fi­ni­ti­ve­ment de la course à la pre­mière place, la seule di­rec­te­ment qua­li­fi­ca­tive. Les quatre meilleurs deuxièmes des neuf groupes s’af­fron­te­ront en bar­rages. Les Bleus sont ac­tuel­le­ment troi­sièmes du groupe 3, à un point de l’Is­lande (un match en plus à jouer) et de la Ma­cé­doine. Thomas Le­mar et Ben­ja­min Men­dy sont ab­sents pour bles­sure, alors qu’An­tho­ny Mar­tial et Ous­mane Dem­bé­lé sont re­te­nus en équipe de France A. Les Bleuets comptent néan­moins dans leurs rangs des ha­bi­tués du haut ni­veau comme Ra­biot (PSG), To­lis­so (Lyon), Ba­kayo­ko (Mo­na­co) ou Her­nan­dez (At­lé­ti­co Ma­drid). Le grand écart entre le po­ten­tiel et les ré­sul­tats des es­poirs tri­co­lores est ré­cur­rent : ils ne se sont plus qua­li­fiés pour un Eu­ro de­puis la gé­né­ra­tion Ma­vu­ba-Ri­bé­ry, en 2006.

Les Bleuets n’ont plus droit à l’er­reur

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