Le tube qui ve­nait du froid

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - ÉRIC BU­REAU

DE L’EU­RO­VI­SION 2016, en mai à Stock­holm, nous re­tien­drons deux images. La 5e place d’Amir, ré­jouis­sante re­nais­sance tri­co­lore après qua­torze ans de di­sette. Et l’im­pres­sion­nant show té­lé me­né par un duo sué­dois bluf­fant de ta­lent, d’hu­mour et d’ima­gi­na­tion, l’ani­ma­trice Pe­tra Mede et l’ar­tiste Mans Zel­merlöw, 30 ans, vain­queur l’an der­nier du plus grand té­lé­cro­chet pla­né­taire.

War­ner mise sur ce Jus­tin Tim­ber­lake ve­nu du froid pour faire fondre la France. Le la­bel lui a fait en­re­gis­trer un titre en ver­sion fran­çaise, afin qu’il s’in­tègre dans les quo­tas de chan­son fran­çaise des ra­dios. Bonne pioche : « Should’ve Gone Home (« Je ne suis qu’un homme ») » est un des tubes de l’été, troi­sième chan­son la plus dif­fu­sée ac­tuel­le­ment en ra­dio, cu­mu­lant un mil­lion de vues sur You­Tube.

Lors de son pas­sage es­ti­val à Pa­ris, Mans Zel­merlöw nous en a of­fert une ver­sion acous­tique ex­clu­sive, à dé­cou­vrir sur Le­pa­ri­sien.fr. « C’est la seule ver­sion en langue étran­gère que j’ai faite, pré­cise-t-il. J’ai étu­dié le fran­çais pen­dant neuf ans. Et je suis ve­nu sou­vent en va­cances en famille sur la Côte d’Azur, à Nice, Fré­jus. J’ado­re­rais y vivre un jour. » Il a aus­si en­re­gis­tré deux titres pour le disque de la co­mé­die mu­si­cale « Sa­tur­day Night Fe­ver », qui sor­ti­ra cet au­tomne.

L’Eu­ro­vi­sion, un rêve de gosse

De père médecin et mère scien­ti­fique, ce grand fan de foot a long­temps hé­si­té entre de­ve­nir Zla­tan — « c’est-à-dire roi de Suède », ri­gole-t-il — et Mi­chael Jack­son, qu’il imi­tait en­fant de­vant sa glace. « J’ai trou­vé ma voie en jouant dans des co­mé­dies mu­si­cales : Grease, Ro­meo et Ju­liette… Mais mon but était de faire l’Eu­ro­vi­sion, qui est une ins­ti­tu­tion en Suède de­puis la vic­toire d’Ab­ba en 1974. Je me suis bat­tu. J’ai eu trois échecs avant d’être sé­lec­tion­né. »

Ses doutes, ses er­reurs, il les ra­conte dans son sixième al­bum, le pre- mier dis­tri­bué en France. Pour­quoi ce titre, « Per­fect­ly Da­ma­ged », soit « par­fai­te­ment abî­mé », pour un gar­çon à qui tout sou­rit ? « En onze ans de car­rière, les mé­dias m’ont tou­jours dé­crit comme sym­pa, humble, au­then­tique, ré­pond-il. Mais je ne suis pas qu’un sou­rire, je suis plus pro­fond que ce­la et, à force de jouer le mec par­fait, j’ai fi­ni par ne plus sa­voir qui j’étais. »

Au­jourd’hui, il sait. « L’Eu­ro­vi­sion m’a don­né confiance en moi, confiet-il. Comme à Amir, d’ailleurs. C’était l’un de mes deux fa­vo­ris. Nous nous sommes ren­con­trés en cou­lisses et on a bien ac­cro­ché. Il est comme moi, en­thou­siaste, les pieds sur terre… J’ado­re­rais tra­vailler avec lui. »

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