Ni­co­las Sar­ko­zy ne lâche rien

PRI­MAIRE. Au len­de­main des ré­qui­si­tions du par­quet de Pa­ris de­man­dant son ren­voi en cor­rec­tion­nelle dans l’af­faire Byg­ma­lion, l’an­cien chef de l’Etat a ré­af­fir­mé hier sa dé­ter­mi­na­tion à « construire » l’al­ter­nance en 2017.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Ni­co­las Sar­ko­zy OLI­VIER BEAU­MONT

UNE VI­SITE au pas de charge dans une école élé­men­taire des Yve­lines, une table ronde avec des en­sei­gnants, une séance de dé­di­caces, et puis un mee­ting pour ter­mi­ner la jour­née. Vingt-quatre heures après les ré­qui­si­tions du par­quet de Pa­ris de­man­dant son ren­voi dans l’af­faire Byg­ma­lion, Ni­co­las Sar­ko­zy en­tend bien dé­mon­trer que la me­nace d’un pro­cès ne l’im­pres­sionne pas. Et il a te­nu à mettre les pieds dans le plat dès les pre­mières mi­nutes de son dis­cours hier soir, pour­tant consa­cré à ses pro­po­si­tions sur l’édu­ca­tion : « Au­cune po­lé­mique, au­cune ma­noeuvre, au­cune ma­ni­pu­la­tion, aus­si hon­teuse soit-elle, ne me dé­tour­ne­ra d’un cen­ti­mètre de ma vo­lon­té ab­so­lue de construire avec vous une al­ter­nance forte », dé­clare Sar­ko­zy à la tri­bune, ova­tion­né.

En pri­vé, il reste per­sua­dé que cette af­faire n’ira pas bien loin, qu’elle « fe­ra même pschitt », com­mente le dé­pu­té des Yve­lines Da­vid Douillet. « Plus rien ne m’étonne. Je re­garde ça avec in­té­rêt et calme », lâche froi­de­ment ce­lui qui rêve plus que ja­mais de re­con­quête en 2017. « Ce­la fait cinq ans que je suis le jus­ti­ciable le plus contrô­lé de France, le plus mis en exa­men de France. Et je suis aus­si ce­lui qui a ac­cu­mu­lé le plus de non-lieux », pour­suit-il de­vant les siens, avant d’en­fon­cer : « Pour moi les non-lieux passent, le train conti­nue. »

« Jus­qu’où ira-t-on parce que c’est moi ? »

Sar­ko­zy sau­ra d’ici un mois s’il est ren­voyé ou pas en cor­rec­tion­nelle. « Cette his­toire au­ra for­cé­ment un im­pact, mais ce n’est pas dit qu’il se­ra né­ga­tif », se per­suade Gé­rald Dar­ma­nin, son co­or­di­na­teur de cam­pagne. Hier après-mi­di, c’est de­vant les élèves d’une école d’Orgeval que l’ex-chef de l’Etat s’est ras­su­ré. « C’est vous le pré­sident de la Ré­pu­blique ? » lui de­mande une fillette. « Bien­tôt », ré­pond-il du tac au tac. « On compte sur vous pour nous dé­bar­ras­ser de l’autre ( NDLR : Fran­çois Hol­lande) », l’in­ter­pelle un pa­rent der­rière la grille de l’éta­blis­se­ment. « Ça ne se­ra pas dif­fi­cile », pro­voque-t-il, avant de co­gner quelques ins­tants plus tard contre les me­sures mises en place pen­dant ce quin­quen­nat : « Je suis pour l’aban­don de la ré­forme des rythmes sco­laires », tranche-t-il de­vant des en­sei­gnants.

« Sar­ko­zy n’est ja­mais aus­si mo­ti­vé que lors­qu’il est mis en dif­fi­cul­té », as­sure Dar­ma­nin. « Jus­qu’où ira-t-on parce que c’est moi ? » se de­mande d’ailleurs le can­di­dat à la pri­maire, per­sua­dé d’être l’homme à abattre dans cette com­pé­ti­tion. @obeau­mont

Pois­sy (Yve­lines), hier. Ni­co­las Sar­ko­zy a pro­fi­té de son mee­ting pour évo­quer ses mises en exa­men. « Les non-lieux passent, le train conti­nue », a-t-il iro­ni­sé.

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