Hol­lande, il suf­fi­rait d’un signe…

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. Les fi­dèles du chef de l’Etat le presse de ren­trer dans l’arène élec­to­rale, après le dé­part de Ma­cron. Hol­lande pro­fi­te­ra-il du dis­cours qu’il doit pro­non­cer de­main à un col­loque ?

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Un fi­dèle du chef de l’Etat AVA DJAMSHIDI

C’EST UNE PE­TITE mu­sique qui monte, qui monte, au­près des par­le­men­taires hol­lan­dais, ces sou­tiens in­con­di­tion­nels du chef de l’Etat. L’un d’eux ré­sume sim­ple­ment : « Est-ce qu’il va y al­ler, ou pas ? » La dé­mis­sion du mi­nistre de l’Eco­no­mie a se­mé le trouble par­mi eux. « Un pe­tit nombre si­gni­fi­ca­tif de co­pains se dit que si Em­ma­nuel Ma­cron a pris le large, ce­la veut dire qu’il a sen­ti que Fran­çois Hol­lande ne se pré­sen­te­rait pas à la pré­si­den­tielle », lance un dé­pu­té so­cia­liste. Une théo­rie ac­cré­di­tée par la proxi­mi­té entre l’an­cien mi­nistre et le pré­sident de la Ré­pu­blique… Au fil des jours, l’at­tente et la fé­bri­li­té des sup­por­teurs du chef de l’État s’am­pli­fient à me­sure que des élus prennent po­si­tion der­rière les can­di­dats qui se dé­clarent, à droite comme à gauche. « Il y a une vo­lon­té d’al­ler à la ba­taille et d’être ras­su­ré quant à la cam­pagne », ex­plique un hol­lan­dais. Rai­son pour la­quelle Bru­no Le Roux, le pa­tron des so­cia­listes, en­joint au chef de l’Etat d’adres­ser un « si­gnal de vo­lon­té » à ses troupes, à dé­faut de dé­cla­rer sa can­di­da­ture.

Fran­çois Hol­lande, lui, a pré­vu de cla­ri­fier ses in­ten­tions en dé­cembre (la pri­maire so­cia­liste au­ra lieu en jan­vier), et de por­ter le plus long­temps pos­sible le cos­tume de pré­sident plu­tôt que ce­lui de can­di­dat sor­tant. Mais il pour­rait tou­te­fois adres­ser un mes­sage en fi­li­grane à ses troupes, dès de­main, salle Wa­gram à Pa­ris, lors d’un col­loque sur la dé­mo­cra­tie et le ter­ro­risme, or­ga­ni­sé par la Fon­da­tion Jean-Jau­rès. A l’Ely­sée, on ba­laye le su­jet d’un re­vers de main. « Non, il ne par­le­ra pas de son ca­len­drier, in­siste un de ses proches. Il va se concen­trer sur le fond. » Un dis­cours d’une heure en­vi­ron que le pré­sident pré­pare de­puis plu­sieurs jours. Dans l’avion qui l’a conduit en Chine, au G 20, puis en che­min pour le Viêt Nam, Hol­lande a tra­vaillé son texte, le peau­fi­nant au feutre bleu pour s’en im­pré­gner. « Il po­lit, il af­fine », re­lève l’un de ceux qui l’ont ob­ser­vé.

Au-des­sus de la mê­lée, sur­tout, avec les thé­ma­tiques ré­ga­liennes qui sont l’apa­nage du pré­sident qu’il est. Il se­ra ques­tion d’Etat de droit, de li­ber­té, d’éga­li­té, de la « co­hé­sion in­dis­pen­sable ». Un po­si­tion­ne­ment an­non­cé comme « équi­li­bré et rai­son­nable » alors qu’à droite la cam­pagne de la pri­maire a dé­mar­ré dans un cli­mat élec­trique sur les ques­tions sé­cu­ri­taires. « C’est le grand ba­zar des idées sur la lutte contre le ter­ro­risme. On se croi­rait au concours Lé­pine de la me­sure la plus po­pu­liste », pique un conseiller. « Hol­lande est le seul à pou­voir nour­rir une po­si­tion équi­li­brée », in­siste un proche. Le pré­sident évo­que­ra éga­le­ment « toutes les ac­tions me­nées, à tous les étages », en ma­tière de lutte contre le ter­ro­risme. S’agi­rait-il d’un bi­lan, avant de se lan­cer ? Non ! « Pas d’ac­cé­lé­ra­tion du ca­len­drier », mar­tèle-ton à l’Ely­sée.

Quant à la forme, une fois n’est pas cou­tume, ses proches in­sistent sur le cô­té « per­son­nel » de cette in­ter­ven­tion pré­si­den­tielle. « C’est quel­qu’un qui se livre peu, il le fe­ra cette fois », pro­met un de ses fi­dèles, comme pour chauf­fer de salle. Fa­çon d’in­car­ner la fonc­tion, pour mieux se pro­je­ter dans la ba­taille de 2017 ? « Il par­le­ra de son rap­port à l’exer­cice du pou­voir dans ce contexte de me­nace ter­ro­riste. Fran­çois Hol­lande, lui, l’a éprou­vé », as­sure un autre. Au-des­sus du ring élec­to­ral dans le­quel ses ad­ver­saires se sont je­tés. Et le dé­sir de ses troupes qui rêvent de com­men­cer la ba­garre ? Il ne se­ra sans doute ni to­ta­le­ment as­sou­vi, ni to­ta­le­ment dé­çu. Les fi­dèles du « roi de la syn­thèse » ont l’ha­bi­tude…

« C’est quel­qu’un qui se livre peu, il le fe­ra cette fois »

@AvaD­jam­shi­di

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