Crimes sans li­mites à Mar­seille

MEURTRES. Les deux hommes exé­cu­tés lun­di ont été abat­tus en plein centre-ville, de­vant de nom­breux pas­sants. Les Mar­seillais ne se sentent plus à l’abri nulle part.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant MARC LERAS

LE BAIN DE SANG se pour­suit à Mar­seille avec un nou­veau rè­gle­ment de comptes qui a fait deux morts dans la nuit de lun­di à mar­di. Et cette fois, loin des quar­tiers sen­sibles ha­bi­tués aux ven­det­tas entre dea­leurs, la tue­rie a eu lieu dans le Pa­nier, en plein centre-ville de la ci­té pho­céenne. Cette double exé­cu­tion porte à 24 le nombre de vic­times de la guerre des gangs de­puis le dé­but de l’an­née — contre 13 à la même pé­riode l’an der­nier — et à 26 ce­lui de tués par balles.

Les deux hommes, âgés de 41 et 59 ans, ont été abat­tus vers 23 heures dans un bar, rue de la Ca­thé­drale, à deux pas de l’Evê­ché, le com­mis­sa­riat cen­tral de Mar­seille. Deux agres­seurs mas­qués sont en­trés dans l’éta­blis­se­ment et ont ou­vert le feu à quatre re­prises au 9 mm avant de prendre la fuite à bord d’une voi­ture conduite par un com­plice.

Le pro­fil des vic­times, des fi­gures de ce quar­tier qui do­mine le VieuxPort, n’est pas ce­lui des tra­fi­quants de stu­pé­fiants, sou­vent très jeunes, qui se livrent une guerre de ter­ri­toire aus­si im­pi­toyable que san­glante dans les quar­tiers Nord. Pa­trick Es­po­si­to, l’une des cibles, sor­ti ré­cem­ment de pri­son, était consi­dé­ré comme évo- luant dans le ban­di­tisme tra­di­tion­nel. Xa­vier Ta­ra­beux, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Mar­seille, évo­quait hier comme mo­bile pro­bable « une af­faire de re­pré­sailles dans le ban­di­tisme mar­seillais ». L’autre vic­time, le pa­tron du bar, n’était pas connu de la po­lice.

Cette flam­bée de vio­lence, avec 10 morts par arme à feu au­tour de Mar­seille en moins d’un mois, in­quiète les ha­bi­tants de ce quar­tier tou­ris­tique. « Le cli­mat de­vient nau­séa­bond, en plus on est en plein état d’ur­gence », peste un ri­ve­rain qui a en­ten­du la fu­sillade. « Il y avait en­core du monde dans la rue, ça a été la pa­ni- 1 mort 2 morts 3 morts que, les gens se cou­chaient par terre. »

« Des rè­gle­ments de comptes, des in­cen­dies cri­mi­nels et un pa­py tué pour son col­lier, ça com­mence à faire beau­coup, on ne parle plus que de ça », se dé­sole Re­née, une grand-mère du Pa­nier. « Ce que je crains, c’est la mul­ti­pli­ca­tion des armes. Mal­heu­reu­se­ment, on sait que les fu­sillades peuvent ar­ri­ver n’im­porte quand et n’im­porte où. » Les rè­gle­ments de comptes ont cau­sé plu­sieurs vic­times col­la­té­rales, no­tam­ment un chauf­feur­li­vreur mor­tel­le­ment tou­ché par une balle per­due en avril alors qu’il re­gar­dait un match de foot et une ado­les­cente de 12 ans, griè­ve­ment bles­sée au dos par une balle de ka­lach­ni­kov en juin der­nier.

Dix morts par arme à feu en moins d’un mois

Rue de la Ca­thé­drale à Mar­seille (Bouches-du-Rhône), lun­di soir. Deux hommes ont été abat­tus alors qu’ils se trou­vaient dans un bar.

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