« Ce ne sont pas des sous-Jeux »

Pa­trick Kan­ner,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Pro­pos re­cueillis par SAN­DRINE LE­FÈVRE

ALORS que le mi­nis­tère de la Jeu­nesse et des Sports lance une cam­pagne vi­sant à mettre fin aux pré­ju­gés vis-à-vis du han­di­sport, Pa­trick Kan­ner sui­vra se­rein mais avec vi­gi­lance l’or­ga­ni­sa­tion des Jeux pa­ra­lym­piques à Rio. Le re­gard que le grand pu­blic porte sur les spor­tifs han­di­ca­pés a-t-il évo­lué ? PA­TRICK KAN­NER. Oui, nous avons dé­pas­sé ce re­gard de com­pas­sion, cer­tai­ne­ment res­pec­table mais ré­duc­teur, no­tam­ment grâce aux Jeux pa­ra­lym­piques de Londres. Les pays an­glo-saxons ont tou­jours été en avance en mat i è r e d ’ i nt é g r a - tion. Dans ce do­maine, le sport est un vé­ri­table vec­teur, c’est pour ce­la que nous comp­tons sur un suc­cès des Jeux pa­ra­lym­piques de Rio. Au tra­vers de la cam­pagne que nous lan­çons et que nous avons réa­li­sée en col­la­bo­ra­tion avec le Co­mi­té pa­ra­lym­pique, la Fé­dé­ra­tion han­di­sport et la Fé­dé­ra­tion des sports adap­tés, nous sou­hai­tons énon­cer les pré­ju­gés pour mieux les com­battre. Le fos­sé est-il en­core im­por­tant entre les spor­tifs va­lides et les han­di­sports ? Per­son­nel­le­ment, lors de ma vi­site aux JO de Rio, j’ai no­té un pro­fond res­pect des va­lides pour les spor­tifs han­di­ca­pés, pour les per­for­mances de ces spor­tifs dont cer­tains de­viennent des icônes. A la cé­ré­mo­nie des porte-dra­peaux, Ted­dy Ri­ner et Mi­chael Je­re­miasz étaient côte à côte, les mêmes primes se­ront at­tri­buées aux mé­daillés (50 000 € pour l’or, 20 000 € pour l’ar­gent, 13 000 € pour le bronze). On sait aus­si que lors de l’at­tri­bu­tion des Jeux de 2024, le dos­sier pa­ra­lym­pique se­ra pri­mor­dial. Les Jeux pa­ra­lym­piques ne sont pas des sous-Jeux. Ces Jeux ont tou­te­fois été me­na­cés d’an­nu­la­tion pour des rai­sons bud­gé­taires. Etes-vous in­quiet quant à leur bonne te­nue ? On était in­quiet pour les JO, la ca­tas­trophe an­non­cée n’a pas eu lieu. Le Bré­sil est un grand pays qui sait se mo­bi­li­ser pour ac­cueillir le monde spor­tif. Pour au­tant, per­son­nel­le­ment, je reste at­ten­tif. Thier­ry Braillard puis Sé­go­lène Neu­ville (NDLR : se­cré­taire d’Etat en charge des Per­sonnes han­di­ca­pées) se­ront sur place ; je suis en contact ré­gu­lier avec Em­ma­nuelle Ass­mann (NDLR : pré­si­dente du Co­mi­té pa­ra­lym­pique et spor­tif fran­çais), je lui ai de­man­dé de m’aler­ter sur la moindre dif­fi­cul­té, afin que nos cor­res­pon­dants sur place puissent éven­tuel­le­ment in­ter­ve­nir. Elle ne m’a pas si­gna­lé de pro­blème. Il s’agit d’un pu­blic plus fra­gile car moins mo­bile, nous nous de­vons donc de leur por­ter une vi­gi­lance toute par­ti­cu­lière.

« Les mêmes primes se­ront at­tri­buées aux mé­daillés »

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