Tristes sou­ve­nirs de guerre

« VOIR DU PAYS ». Après les com­bats, une fois leur mis­sion ache­vée, les sol­dats rentrent au pays… mais pas di­rec­te­ment. Avant, il y a une phase de « dé­com­pres­sion » dé­li­cate, que montre ce film coup de poing.

Aujourd'hui en France - - LES SORTIES AU CINÉMA - PIERRE VA­VAS­SEUR

pour une du­rée de trois jours, par ce « sas de dé­com­pres­sion ».

Dans son ro­man « l’In­sou­ciance », qui vient de pa­raître, Ka­rine Tuil en fait éga­le­ment état, mais sans creu­ser le su­jet. Les soeurs Cou­lin s’y sont at­te­lées et « Voir du pays », prix du scé­na­rio à Cannes dans la ca­té­go­rie Un cer­tain Re­gard, met au jour, sans ja­mais rien ap­puyer, les dé­gâts psy­cho­lo­giques pro­vo­qués par ces mois de guerre.

Car rien n’est dé­tente dans cette pa­ren­thèse. Cha­cun des sol­dats, équi­pé d’un casque de réa­li­té vir­tuelle, se re­trouve con­fron­té aux sou­ve­nirs qui le hantent. Il en rend compte de­vant l es autres l ors d’étranges séances de psy­cha­na­lyse de groupe. Cet exor­cisme fait plus ou moins bien son tra­vail et, di­sonsle, le fait plu­tôt mal que bien. Plu­tôt qu’at­té­nuer les trau­ma­tismes, il ré­vèle des vé­ri­tés qui au­raient sans doute mé­ri­té de res­ter en­fouies.

Ariane La­bed et So­ko sont au centre de ce drame édi­fiant qui tourne mo­men­ta­né­ment au thril­ler. Elles au­ront, pen­dant ces trois jours, à li­vrer d’autres com­bats. Par sa fa­çon pu­dique d’ana­ly­ser le dé­sastre, « Voir du pays » est un film re­mar­quable, un « blast » — cette dé­fla­gra­tion in­té­rieure — aux mul­tiples re­tom­bées. On en re­par­le­ra aux Cé­sars.

Rien n’est dé­tente dans cette pa­ren­thèse

A leur re­tour d’une zone de guerre, les sol­dats doivent pas­ser par un « sas de dé­com­pres­sion » où, équi­pés d’un masque de réa­li­té vir­tuelle, ils re­vivent les com­bats…

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