L’in­quié­tante voi­ture aux bon­bonnes de gaz

TER­RO­RISME. Un couple ra­di­ca­li­sé in­ter­pel­lé mar­di était tou­jours en garde à vue hier soir dans les lo­caux de la sec­tion an­ti­ter­ro­riste, à Pa­ris. Do­mi­ci­liés à Mon­tar­gis (Loi­ret), ils ont été ar­rê­tés sur une aire d’au­to­route du Vau­cluse.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Une source proche de l’af­faire STÉ­PHANE SEL­LA­MI

UNE VOI­TURE conte­nant plu­sieurs bon­bonnes de gaz, aban­don­née non loin de la ca­thé­drale Notre-Dame de Pa­ris, dans le quar­tier de la pré­fec­ture de Pa­ris et du pa­lais de jus­tice, en plein coeur tou­ris­tique de la ca­pi­tale… et des en­quê­teurs aux abois. Une en­quête pré­li­mi­naire pour « as­so­cia­tion de mal­fai­teurs ter­ro­ristes cri­mi­nelle » a été ou­verte lun­di après la dé­cou­verte di­manche ma­tin vers 7 heures d’une Peu­geot 607 vide, sta­tion­née rue de la Bû­che­rie, dans le Ve ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris.

A l’in­té­rieur de la ber­line, les pre­miers po­li­ciers in­ter­ve­nants ont dé­cou­vert une bou­teille de gaz vide dé­po­sée sur le siège pas­sa­ger, ain­si que cinq autres bou­teilles — cel­les­là pleines — dans le coffre. Un car- net por­tant des ins­crip­tions en langue arabe a éga­le­ment été sai­si. Pas­sé l’in­ter­ven­tion des dé­mi­neurs de la pré­fec­ture de po­lice — qui n’ont re­le­vé la pré­sence d’au­cun dis­po­si­tif py­ro­tech­nique per­met- tant de dé­clen­cher l’ex­plo­sion de ces bou­teilles rem­plies de gaz —, leurs col­lègues de la sec­tion an­ti­ter­ro­riste (SAT) de la bri­gade cri­mi­nelle ont pris le re­lais, épau­lés par les po­li­ciers de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI).

« Cette voi­ture a été lais­sée à cet en­droit avec les feux de dé­tresse en marche, re­late une source proche de l’af­faire. Le ou les mys­té­rieux oc­cu­pants de cette Peu­geot avaient pris le soin d’en re­ti­rer les plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion avant de quit­ter les lieux. Reste à dé­ter­mi­ner l’ob­jec­tif pour­sui­vi par ceux qui ont pla­cé ces bou­teilles dans cette voi­ture avant de l’aban­don­ner. »

In­tri­gué par la pré­sence de ce vé­hi­cule, ga­ré à proxi­mi­té de la ca­thé­drale Notre-Dame de Pa­ris, c’est un com­mer­çant qui avait don­né l’alerte.

Les en­quê­teurs de la SAT ont ra­pi­de­ment iden­ti­fié le pro­prié­taire de cette Peu­geot 607, non si­gna­lée vo­lée, avant de l’in­ter­pel­ler. Connu de s s e r v i c e s pour des « faits an­ciens de pro­sé­ly­tisme is­la­miste », il a fi­na­le­ment été re­mis en l i ber­té mar­di soir. Deux autres per­sonnes, soup­çon­nées d’avoir aban­don­né cette voi­ture dans le Ve ar­ron­dis­se­ment, ont été pla­cées en garde à vue mar­di ma­tin, dans les lo­caux de la SAT. Hier soir, leur au­di­tion était tou­jours en cours.

Il s’agit d’un homme et de sa com­pagne, do­mi­ci­liés à Mon­tar­gis (Loi­ret), mais qui ont été ar­rê­tés par les hommes de la bri­gade de re­cherche et d’in­ter­ven­tion (BRI), alors qu’ils se trou­vaient sur une aire d’au­to­route près d’ Orange ( Vau­cluse). Ce couple est connu des ser­vices de ren­sei­gne­ment pour son ap­par­te­nance à la mou­vance is­la­miste ra­di­cale. L’épouse fe­rait même l’ob­jet d’une fiche S, pour « sû­re­té de l’Etat ». Hier soir, rien n’avait fil­tré de leurs au­di­tions. « Tout est pas­sé au crible, pour­suit l a même source. D’autres in­ter­pel­la­tions pour­raient in­ter­ve­nir dans les pro­chaines heures. »

De­vant la com­mis­sion de la Dé­fense na­tio­nale et des Forces ar­mées de l’As­sem­blée na­tio­nale, le 10 mai, le pa­tron de la DGSI, Pa­trick Cal­var, avait men­tion­né le risque d’« une nou­velle forme d’at­taque » avec « le dé­pôt d’en­gins ex­plo­sifs » dans des lieux ras­sem­blant une foule im­por­tante. De­vant la com­mis­sion d’en­quête par­le­men­taire sur les at­ten­tats, ce haut res­pon­sable de la com­mu­nau­té du ren­sei­gne­ment s’était aus­si dit « per­sua­dé » que les dji­ha­distes « mon­te­ront en puis­sance » en pas­sant au stade « des vé­hi­cules pié­gés et des en­gins ex­plo­sifs ». « Dès qu’ils au­ront pro­je­té sur notre ter­ri­toire des ar­ti­fi­ciers, ils pour­ront évi­ter de sa­cri­fier leurs com­bat­tants tout en créant le maxi­mum de dé­gâts », di­sait-il, in­quiet.

« Tout est pas­sé au crible. D’autres in­ter­pel­la­tions pour­raient in­ter­ve­nir dans les pro­chaines heures. »

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