« Cette me­nace per­ma­nente, c’est hor­rible »

Clau­dine,

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - CÉ­CILE BEAU­LIEU

« C’était si­dé­rant. J’avais ren­dez­vous avec un ami pour prendre un ca­fé, di­manche, vers 13 heures, et cette voi­ture en­tou­rée de po­li­ciers et de bon­bonnes de gaz était là, au beau mi­lieu de la rue pié­tonne, s’étonne un qua­dra­gé­naire, ha­bi­tué du quar­tier. Elle est vi­si­ble­ment res­tée des heures sous les yeux des pas­sants, au pied des ter­rasses de ca­fés et de res­tau­rants. Que ce se­rait-il pas­sé s’il y avait eu un dis­po­si­tif de mise à feu ? Je l’ai ra­pi­de­ment prise en pho­to, et je me suis éloi­gné. » Hier, rue de la Bû­che­rie, mi­nus­cule ar­tère pa­vée très com­mer­çante ni­chée sur la rive gauche entre le quai de Mon­te­bel­lo et la rue du Pe­tit-Pont (Ve), la Peu­geot 607 et son in­quié­tant char­ge­ment ali­mentent toutes les conver­sa­tions. « Notre-Dame et la pré­fec­ture de po­lice sont à deux pas et nous sommes dans l’un des quar­tiers les plus tou­ris­tiques de Pa­ris, c’est in­ima­gi­nable, s’alarme le ser­veur d’une bras­se­rie. Comment cette voi­ture n’a pas été prise en charge plus tôt alors que c’est évi­dem­ment un lieu à haut risque, où les pa­trouilles sont quo­ti­diennes ? D’ailleurs, plu­sieurs per­sonnes avaient si­gna­lé sa pré­sence, rue de la Bû­che­rie, di­manche dès l’aube ! » Une in­quié­tude par­ta­gée par Flo­rence Ber­thout, maire LR du Ve ar­ron­dis­se­ment, qui s’est adres­sée dès mar­di au pré­fet de po­lice, Mi­chel Ca­dot, pour lui faire part de « cette alerte très pré­oc­cu­pante ». « Elle prouve, ajoute-t-elle, que mon ar­ron­dis­se­ment, de par les mil­liers de tou­ristes et d’étu­diants qu’il ac­cueille quo­ti­dien­ne­ment, souffre cruel­le­ment d’un manque d’ef­fec­tifs. Cette voi­ture a pu sta­tion­ner en toute illé­ga­li­té pen­dant plus de deux heures, et ce, en dé­pit de plu­sieurs si­gna­le­ments té­lé­pho­niques au com­mis­sa­riat de po­lice. »

Vé­ri­fi­ca­tions par la pré­fec­ture

En ré­ponse, la pré­fec­ture a in­di­qué qu’elle vé­ri­fiait quels ap­pels ont été pas­sés et la na­ture des in­for­ma­tions qui ont été four­nies. Mais, mal­gré les cars de CRS pré­sents en nombre sur les deux rives de la Seine et le bal­let in­ces­sant des po­li­ciers vé­té­tistes, la dé­cou­verte de la ber­line bour­rée de bon­bonnes de gaz fait re­sur­gir des sombres sou­ve­nirs et les pires craintes. Au pied de la ca­thé­drale Notre-Dame, l’af­faire n’était pas en­core par­ve­nue jus­qu’aux oreilles des vi­si­teurs et des tou­ristes. Qui tombent des nues en ap­pre­nant ce qui s’est joué à quelques mètres de là : « C’est ef­frayant, s’ex­clame Clau­dine, sexa­gé­naire lil­loise ve­nue pas­ser quelques jours à Pa­ris. Vou­laient-ils s’en prendre à un lieu de culte ? Aux pas­sants ? C’est hor­rible de sen­tir pe­ser cette me­nace per­ma­nente… »

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