Agres­sés à cause des shorts de leurs com­pagnes

VIO­LENCES. Deux hommes qui se pro­me­naient en fa­mille à Tou­lon ont été vio­lem­ment at­ta­qués par un groupe de jeunes sous pré­texte de la te­nue ves­ti­men­taire des femmes.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Tou­lon (Var) De notre cor­res­pon­dante DIANE AN­DRÉ­SY

AGRES­SÉS pour port de shorts. C’est le triste mo­bile qui a vi­si­ble­ment pous­sé un groupe d’ado­les­cents de Tou­lon (Var) à in­sul­ter puis mo­les­ter des pro­me­neurs qui cir­cu­laient à vé­lo. De­puis di­manche, jour des faits, les po­li­ciers tou­lon­nais ont mul­ti­plié les re­cherches et in­ter­pel­lé deux des au­teurs pré­su­més, âgés de 17 et 19 ans. Le pre­mier a été dé­fé­ré au par­quet des mi­neurs et le se­cond au pa­lais de jus­tice avec des ré­qui­si­tions de pla­ce­ment en dé­ten­tion. D’autres in­di­vi­dus sont tou­jours re­cher­chés.

C’est en plein après-mi­di que le groupe de cy­clistes, com­po­sé de deux couples avec en­fants et d’un ami de la fa­mille, se ba­la­dait sur une piste cy­clable à l’est de la ville lors­qu’il a été pris à par­tie par des ado­les­cents hur­lant des in­sa­ni­tés aux femmes, sous pré­texte qu’elles étaient en short. D’après les pre­miers élé­ments, il ap­pa­raît que les deux pères de fa­mille et leur ami se sont ar­rê­tés et ont de­man­dé des ex­pli­ca­tions.

C’est à ce mo­ment- l à q u ’ u n e di­zaine de jeunes, âgés de 17 à 22 ans, se sont ap­pro­chés et ont re­nou­ve­lé leurs pro­vo­ca­tions sur les te­nues pré­ten­du­ment lé­gères de leurs épouses. « Sale p…, vas-y, mets-toi nue ! » au­rait lan­cé l’un des agres­seurs, se­lon le nou­veau pro­cu­reur de Tou­lon, Ber­nard Marchal. « Les conjoints leur avaient seule­ment de­man­dé de res­pec­ter leurs femmes et ce­la a pro­vo­qué la rixe. Les trois hommes ont été vio­lem­ment frap­pés au vi­sage sous les yeux des en­fants et les femmes ont été bous­cu­lées. Il s’agis­sait d’une pro­vo­ca­tion à ca­rac­tère sexuel pour en­traî­ner une ré­ac­tion des hommes pré­sents », ajoute le ma­gis­trat.

Les deux jeunes femmes ont été lé­gè­re­ment bles­sées dans la co­hue, mais leurs conjoints ont été beau­coup plus gra­ve­ment tou­chés. Mul­tiples coups au vi­sage, aux bras et aux jambes : l’un des pères de fa­mille a été gra­ve­ment tou­ché et a bé­né­fi­cié de trente jours d’in­ter­rup­tion de tra­vail. Un autre a été vic­time d’une frac­ture du nez et de nom­breuses contu­sions.

Les deux en­fants pré­sents, de 10 et 14 ans, n’ont pas été bles­sés mais ont su­bi un choc psy­cho­lo­gique évident. Sur place, les images des ca­mé­ras de sur­veillance ont per­mis aux en­quê­teurs de re­trou­ver la trace de deux des agres­seurs pré­su­més, ré­si­dant dans le quar­tier voi­sin des OEillets. Mais d’autres membres du groupe sont tou­jours en fuite et une in­for­ma­tion ju­di­ciaire a été ou­verte à Tou­lon pour les iden­ti­fier. En juin, dé­jà, Maud, une Tou­lon­naise de 18 ans, avait été conspuée par un groupe de filles qui ju­geaient son short in­dé­cent ! Me­na­cée et vic­time de cra­chats, l’ado­les­cente avait dé­po­sé plainte et une marche de so­li­da­ri­té, Toutes en short, avait été or­ga­ni­sée dans les rues de la ville. Sur les ré­seaux so­ciaux, les sou­tiens étaient ar­ri­vés par mil­liers de toute la France. Trois mois après, de nou­veaux in­ci­dents écla­taient.

Des membres du groupe d’at­ta­quants sont tou­jours en fuite

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