Les bu­ra­listes veulent boy­cot­ter l’Eu­ro Mil­lions

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - MARC LOMAZZI

LE VASE vient de dé­bor­der à cause d’une af­faire de fleurs. La nou­velle for­mule de l’Eu­ro Mil­lions, lan­cée le 27 sep­tembre par la Fran­çaise des jeux (FDJ), va être cha­hu­tée par les bu­ra­listes qui pro­testent en ef­fet contre la concur­rence de… fleu­ristes. « Il y en a ras le bol. La Fran­çaise des jeux veut nous af­fai­blir alors que nous per­dons du chiffre d’af­faires, at­taque Ber­nard Gasq, pré­sident des bu­ra­listes d’Ilede-France. « Nous ap­pe­lons donc nos 4 500 adhé­rents à boy­cot­ter l’Eu­ro Mil­lions. » Et, hier, lors d’une réunion de leur con­fé­dé­ra­tion à Pa­ris, d’autres fé­dé­ra­tions de bu­ra­listes ont an­non­cé leur in­ten­tion d’em­boî­ter le pas à leurs col­lègues de la ré­gion pa­ri­sienne.

A l’ori­gine de leur co­lère, le fait que des fleu­ristes du groupe Flo­ra­jet vendent dé­sor­mais des grilles de Lo­to et des jeux de grat­tage. « On nous ra­bâche les oreilles avec le jeu res­pon­sable et on fait n’im­porte quoi », s’énerve Ber­nard Gasq. Du cô­té de la FDJ, on mi­ni­mise. Seuls deux ma­ga­sins à Al­lauch, dans les Bouches-du-Rhône, et à Mont- Saint-Mar­tin, près de Longwy, en Meurthe-et-Mo­selle, sont concer­nés. « Nous avons un ac­cord avec la FDJ pour la mise en place d’une offre com­plé­men­taire mais uni­que­ment là où il n’y a pas de mai­sons de la presse ou de dé­bit de ta­bac, pré­cise Alexandre Ar­naud, di­rec­teur du dé­ve­lop­pe­ment de Flo­ra­jet, qui compte 7 500 ma­ga­sins en France. « D’ici à la fin de l’an­née, une ving­taine de fleu­ristes vont re­joindre ce pro­jet. »

Pour la FDJ, rien de neuf sous le so­leil. Ce­la fait long­temps qu’elle s’em­ploie à mailler le ter­ri­toire en s’as­so­ciant avec des com­mer­çants de proxi­mi­té pour com­bler les « trous » du ré­seau « ré­fé­rent » des 33 000 bars-ta­bac-presse. Ici, une sta­tion-ser­vice, là une su­pé­rette… des points de vente com­plé­men­taires qui ne re­pré­sen­te­raient à ce jour que 3 % de ses ventes. Et pas ques­tion de né­gli­ger les bu­ra­listes qui écoulent plus de 75 % de ses ventes. Mieux, la FDJ pro­met d’in­ves­tir 180 M€ en cinq ans pour mo­der­ni­ser son ré­seau his­to­rique.

Mal­gré tout, les dé­bi­tants de ta­bac sont re­mon­tés. Outre les fleu­ristes, ils ac­cusent In­ter­mar­ché et Le­clerc de ve­nir pié­ti­ner leurs plates-bandes et la FDJ de mul­ti­plier ses propres points de vente, « par­fois à deux mi­nutes à pied d’un ta­bac-lo­to », s’étrangle Ber­nard Gasq. Si on ne ven­dait pas leurs jeux, la Fran­çaise des jeux n’exis­te­rait pas ! »

Cette af­faire achève d’exas­pé­rer une pro­fes­sion dé­jà ul­cé­rée cet été par l’au­to­ri­sa­tion don­née à Mo­no­prix de vendre des ci­ga­rettes. Et la grogne ne va pas s’apai­ser avec l’ar­ri­vée dans les étals du pa­quet neutre. Du coup, la ren­contre pré­vue au­jourd’hui entre la Con­fé­dé­ra­tion des bu­ra­listes et son mi­nistre de tu­telle, Ch­ris­tian Eckert, le se­cré­taire d’Etat au Bud­get, risque d’être ten­due.

Une pro­fes­sion dé­jà ul­cé­rée par l’au­to­ri­sa­tion don­née à Mo­no­prix de vendre des ci­ga­rettes

Dé­jà échau­dés par l’ar­ri­vée du pa­quet neutre, les bu­ra­listes ac­cusent les fleu­ristes, mais aus­si In­ter­mar­ché et Le­clerc, de ve­nir pié­ti­ner leurs plates-bandes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.