Une grève dans les col­lèges, dé­jà !

ÉDU­CA­TION. Le mou­ve­ment lan­cé au­jourd’hui par plu­sieurs syn­di­cats d’en­sei­gnants ir­rite les pa­rents. Cer­tains profs sont eux aus­si scep­tiques.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Ch­ris­tian Che­va­lier, SE-Un­sa CH­RIS­TEL BRIGAUDEAU

LE SER­PENT DE MER de la contes­ta­tion n’en fi­nit pas de pas­ser. Une se­maine tout juste après la ren­trée des classes, une par­tie des pro­fes­seurs des col­lèges pour­raient ces­ser le tra­vail au­jourd’hui, à l’ap­pel d’une coa­li­tion de syn­di­cats em­me­nés par la prin­ci­pale or­ga­ni­sa­tion des en­sei­gnants du se­con­daire, le Snes-FSU (Syn­di­cat na­tio­nal des en­sei­gne­ments de se­cond de­gré), tou­jours arc­bou­tée contre la mise en oeuvre de la ré­forme des col­lèges

Du cô­té des fé­dé­ra­tions de pa­rents d’élèves, on s’agace de cette grève pré­coce. « On peut com­prendre que les en­sei­gnants sont à bout, ou in­quiets, mais com­men­cer l’an­née par une grève n’est pas com­pré­hen­sible pour les fa­milles », es­time Li­lia­na Moya­no, la pré­si­dente de la fé­dé­ra­tion de pa­rents d’élèves FCPE.

« Comment de­man­der aux en­fants de se re­mettre au tra­vail si l e s adultes ne montrent pas l’exemple ? » ren­ché­rit Va­lé­rie Mar­ty, son ho­mo­logue de la PEEP (Fé­dé­ra­tion des pa­rents d’élèves de l’en­sei­gne­ment pu­blic), pour qui le mou­ve­ment d’au­jourd’hui tient moins de la lutte que du « jus­qu’au-bou­tisme ». La grève, an­non­cée avant même les grandes va­cances, se veut le pro­lon­ge­ment de quatre autres jour­nées de mo­bi­li­sa­tion or­ga­ni­sées pen­dant la pré­ce­dente an­née sco­laire. Le Snes re­proche au gou­ver­ne­ment d’im­po­ser de nou­velles mé- thodes pé­da­go­giques, cen­trées sur des pro­jets mê­lant plu­sieurs dis­ci­plines, en même temps qu’il change d’un coup tous les pro­grammes, du pri­maire à la 3e. « On veut mon­trer que l’on est loin du triom­pha­lisme af­fi­ché par la mi­nistre de l’Edu­ca­tion sur la mise en oeuvre de la ré­forme : sur le ter­rain, on est plu­tôt dans les faux-sem­blants, les choses ne se font pas vrai­ment », af­firme Fré­dé­rique Rol­let, la se­cré­taire gé­né­rale du Snes-FSU.

La dé­mons­tra­tion vaut- el l e d’ar­rê­ter le tra­vail — et de per­tur­ber les cours — en plein dé­mar­rage de l’an­née ? Les en­sei­gnants, les pre­miers, se posent la ques­tion et pour­raient ma­jo­ri­tai­re­ment ré­pondre par la né­ga­tive. « Les grèves de ren­trée sont rares parce qu’elles sont en gé­né­ral des échecs : c’est le mo­ment où l’on fait connais­sance avec les élèves, on n’a pas en­vie de dé­mar­rer sur une mau­vaise image », ob­serve Ch­ris­tian Che­va­lier, du syn­di­cat ré­for­miste SE-Un­sa (Syn­di­cat des en­sei­gnants-Union na­tio­nale des syn­di­cats au­to­nomes), plu­tôt fa­vo­rable à la ré­forme.

Au mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion na­tio­nale, comme dans les fé­dé­ra­tions de pa­rents d’élèves, on s’at­tend à un mou­ve­ment re­la­ti­ve­ment mo­deste. La pré­cé­dente grève por­tant sur le nou­veau col­lège, le 26 jan­vier, avait, se­lon les chiffres of­fi­ciels, mo­bi­li­sé 22 % des en­sei­gnants.

« C’est le mo­ment où l’on fait connais­sance avec les élèves, on n’a pas en­vie de dé­mar­rer sur une mau­vaise image »

Pa­ris, le 26 jan­vier. Les pro­fes­seurs du se­con­daire s’étaient dé­jà mo­bi­li­sés en dé­but d’an­née pour de­man­der l’abro­ga­tion de la ré­forme du col­lège.

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