Ça y est, on est ac­cro

TF 1 re­noue ce soir (20 h 55) avec le genre de la sa­ga. Et ça marche : « la Ven­geance aux yeux clairs » est ad­dic­tif.

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - CA­THE­RINE BALLE

LA VOIX OFF est douce, mais gran­di­lo­quente. « Face à un en­ne­mi puis­sant, il faut com­men­cer par ci­bler le maillon le plus faible. C’est lui qui fe­ra rompre la chaîne », scande Laë­ti­tia Milot, ses longues jambes nues al­lon­gées sur son lit. Aus­si ra­vis­sante que brillante, l’hé­roïne cite Ma­chia­vel deux ou trois fois par épi­sode, par­fois même en ita­lien. Dans un dé­cor contem­po­rain com­po­sé de somp­tueuses vil­las, cette avo­cate mène une croi­sade ven­ge­resse contre la puis­sante dy­nas­tie qui a tué sa fa­mille dix ans plus tôt… Pas de doute : même si le réa­li­sa­teur Da­vid Mor­ley parle de « thril­ler glam » (gla­mour), avec « la Ven­geance aux yeux clairs » (ce soir à 20 h 55), TF 1 a bel et bien re­noué avec la sa­ga. La sa­ga ? Un feuille­ton à l’an­cienne dans le­quel amours, tra­hi­sons et ven­geance se mêlent dans des mondes de luxe.

Et ce re­tour s’avère réus­si. Dès la moi­tié du pre­mier épi­sode (sur les 8), im­pos­sible de lâ­cher. L’in­trigue est ad­dic­tive, le rythme sou­te­nu, le sus­pense in­tense et le per­son­nage prin­ci­pal dé­li­cieu­se­ment am­bi­gu. « Avant, l’hé­roïne de­vait être tou­jours du bon cô­té, note Franck Ollivier, au­teur de la sé­rie et an­cien scé­na­riste de Zo­diaque et Mys­tère. Au­jourd’hui, on peut écrire des choses qui n’étaient pas mo­ra­le­ment ac­cep­tables par les chaînes. » Ai­man­té par le re­gard do­ré de Laë­ti­tia Milot au­tant que par ses ma­ni­gances à re­bon­dis­se­ments, on de­vient vite ac­cro à ce feuille­ton dont les dé­cors nous plongent entre Cannes et la baie des Anges.

Em­me­né par la star de « Plus belle la vie », le cas­ting tient par ailleurs la route grâce au na­tu­rel de Lo­la De­waere et à l’abat­tage de Ber­nard Yer­lès, Claire Bo­ro­tra ou Be­noît Mi­chel. Alors peu im­porte si cer­tains per­son­nages sont un peu ca­ri­ca­tu­raux (le pa­triarche sans pi­tié, le fils à pa­pa à mèche blonde et sou­rire hau­tain, le beau gosse re­belle) et s’il y a des in­vrai­sem­blances (alors que l’ex-pe­tit ami de l’hé­roïne, qui a su­bi de nom­breuses opé­ra­tions pour chan­ger de vi­sage, ne la re­con­naît pas, un po­li­cier par­vient à l’iden­ti­fier).

TF 1 a dif­fu­sé une ving­taine de s agas entre 1 987 et 2007, des « Coeurs brû­lés » à « Zo­diaque » en pas­sant par « Dol­men » ou « le Châ­teau des oli­viers ». De­puis « Mys­tère », la chaîne avait dé­lais­sé le genre. « Ce­la fai­sait long­temps qu’avec Jean-Luc Azou­lay (NDLR : pro­duc­teur du feuille­ton), on par­lait de re­faire une sa­ga », ra­conte Franck Ollivier. L’idée de s’ins­pi­rer du « Comte de Monte-Cris­to » pour écrire une « his­toire de ven­geance au fé­mi­nin » a sur­gi en même temps que celle de bâ­tir un feuille­ton au­tour de Laë­ti­tia Milot. TF 1, qui avait dé­jà dé­bau­ché la co­mé­dienne pour « Danse avec l es stars », puis pour le té­lé­film « On se re­trou­ve­ra » (7 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs, le 18 juin 2015), a mor­du à l’ha­me­çon.

La Une mise beau­coup sur cette « Ven­geance… », dont elle a pro­gram­mé la dif­fu­sion après l’été « pour qu’elle soit vue par le plus grand nombre ». Si, comme la chaîne l’es­père, la sa­ga de­vient l’un des évé­ne­ments té­lé de la ren­trée, une suite se­ra tour­née. Franck Ollivier tra­vaille dé­jà à son écri­ture et Laë­ti­tia Milot a pré­ve­nu ses col­lègues du Mis­tral qu’elle ris­quait à nou­veau de s’ab­sen­ter à par­tir de no­vembre.

Les créa­teurs sou­hai­taient écrire une « his­toire de ven­geance au fé­mi­nin »

Oli­via (Laë­ti­tia Milot) re­vient sur la côte d’Azur dix ans après la mort de ses proches sous une nou­velle iden­ti­té, et in­filtre la fa­mille qu’elle sait im­pli­quée dans « l’ac­ci­dent ».

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