De grosses in­éga­li­tés

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - AU­RÉ­LIE FOU­LON

En France, après avoir gran­di dans un pays où l’école est pour­tant obli­ga­toire jus­qu’à l’âge de 16 ans, seuls 8 jeunes Fran­çais sur 10 sont des « lec­teurs ef­fi­caces », se­lon les éva­lua­tions réa­li­sées au­près des 16-25 ans lors des Jour­nées dé­fense et ci­toyen­ne­té 2015. 4,3 % d’entre eux n’ont pu ins­tal­ler les mé­ca­nismes de base de la lec­ture et consacrent leur at­ten­tion à la re­con­nais­sance des mots plu­tôt qu’à leur sens. Ils peuvent être consi­dé­rés en si­tua­tion d’illet­trisme, se­lon les cri­tères de l’Agence na­tio­nale de lutte contre l’illet­trisme (ANLCI). Mais en tout, ils sont près de 10 % (9,9 %) à faire preuve « d’une com­pré­hen­sion de lec­ture très faible, voire inexis­tante ». Pour eux, ces dif­fi­cul­tés consti­tuent sou­vent un « han­di­cap ».

Un fos­sé entre Pa­ris et l’Aisne.

C’est à Pa­ris que ces dif­fi­cul­tés de lec­ture sont les plus faibles (4,6 %), juste de­vant les Hauts-de-Seine (5,1 %) et les Yve­lines (5,8 %). Mais leur fré­quence double en Sei­neSaint-De­nis (11,4 %). Glo­ba­le­ment, les courbes suivent celles de la pau­vre­té : plus l’in­dice de re­ve­nus est bas, plus ce­lui de l’édu­ca­tion est faible. En mé­tro­pole, c’est dans l’Aisne que les ré­sul­tats sont les moins bons (16,73 %). Plus gé­né­ra­le­ment, les dif­fi­cul­tés sont plus pro­non­cées au nord de la Loire (à l’ex­cep­tion de la Bre­tagne). La frac­ture est im­pres­sion­nante ou­tre­mer : 34 % en Mar­ti­nique, 48 % en Guyane et jus­qu’à 74 % à Mayotte !

Les per­for­mances va­rient avec le ni­veau d’études

Sans sur­prise, ceux qui ont le plus de dif­fi­cul­tés à dé­chif­frer et com­prendre un texte poussent moins les études. Ils sont ain­si 42,7 % à éprou­ver de graves dif­fi­cul­tés de lec­ture par­mi ceux qui n’ont pas dé­pas­sé le col­lège, 26,4 % par­mi ceux qui ont un ni­veau CAP ou BEP.

Les filles s’en sortent mieux

8,4 % des filles qui ont pas­sé les tests éprouvent des dif­fi­cul­tés de lec­ture, contre 11,3 % des gar­çons. Elles sont sur­tout meilleures aux épreuves de com­pré­hen­sion. A no­ter tou­te­fois, les dif­fé­rences de ré­sul­tats entre les deux sexes s’es­tompent à me­sure que les an­nées d’études s’ac­cu­mulent. A par­tir du ni­veau bac, l’école semble avoir gom­mé ces écarts.

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