« Il y avait ur­gence à s’ex­pli­quer avec Al­stom »

Ch­ris­tophe Si­rugue,

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Pro­pos re­cueillis par ER­WAN BENEZET

LE NOU­VEAU se­cré­taire d’Etat à l’In­dus­trie a rap­pe­lé hier au pa­tron d’Al­stom la né­ces­si­té de tra­vailler avec le gou­ver­ne­ment (et de le te­nir in­for­mé) sur les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par son groupe. Pour­quoi avoir convo­qué, hier, le pa­tron d’Al­stom après l’an­nonce du trans­fert de la pro­duc­tion du site de Bel­fort à ce­lui de Reich­shof­fen ? CH­RIS­TOPHE SI­RUGUE. M. Pou­part-La­farge (NDLR : le PDG d’Al­stom) a deux nou­veaux in­ter­lo­cu­teurs gou­ver­ne­men­taux, à sa­voir Mi­chel Sa­pin, le mi­nistre de l’Eco­no­mie et des Fi­nances, et moi-même. Et il n’avait même pas pris le soin de pas­ser un coup de fil pour nous pré­ve­nir de sa dé­ci­sion au su­jet de Bel­fort, ce qui est pour le moins désa­gréable. Je lui ai donc rap­pe­lé cer­taines règles. Et ce n’est pas qu’une ques­tion de sus­cep­ti­bi­li­té. On est sur des en­jeux de po­li­tique in­dus­trielle lourds, no­tam­ment dans le sec­teur fer­ro­viaire. Et fran­che­ment, dé­cou­vrir dans la presse une telle dé­ci­sion, comme si les choses étaient dé­jà ac­tées, ce qui n’est pas le cas, ça ne se fait pas. Oui, il y avait ur­gence à s’ex­pli­quer. N’était-ce pas non plus éga­le­ment un moyen de lui rap­pe­ler qu’un plan so­cial n’est sur­tout pas sou­hai­table ? Pour le mo­ment, ce qu’il pro­pose, ce sont des so­lu­tions de mo­bi­li­té. Mais at­ten­tion, les dif­fé­rents sites d’Al­stom se ré­par­tissent sur plu­sieurs cen­taines de ki­lo­mètres. Ce ne se­ra donc pas tou­jours pos­sible. Je le lui ai donc rap­pe­lé. Tout comme je lui ai rap­pe­lé que nous étions là pour dis­cu­ter de la ré­ponse à ap­por­ter aux dif­fi­cul­tés que ren­contre le groupe. En ima­gi­nant peut-être par exemple des sy­ner­gies pos­sibles avec d’autres ac­teurs du ter­ri­toire, des groupes in­dus­triels im­por­tants. D’au­tant que le se­cré­taire d’Etat aux Trans­ports, Alain Vi­da­lies, a rap­pe­lé hier que les an­nonces de com­mandes, no­tam­ment de 30 nou­velles rames In­ter­ci­tés, pro­mises en fé­vrier, se­ront te­nues. De nom­breux plans so­ciaux ont été an­non­cés ces der­niers mois. Cette si­tua­tion vous pré­oc­cupe-t-elle ? Il faut se mé­fier des gé­né­ra­li­sa­tions. Cer­tains de ces plans so­ciaux dé­coulent de dif­fi­cul­tés ren­con­trées sur un mar­ché. D’autres de re­struc­tu­ra­tions propres à une en­tre­prise. En re­vanche, il s’agit de mieux an­ti­ci­per cer­taines si­tua­tions et ne pas y ré­pondre seule­ment par des ef­fets d’an­nonce. D’où mon en­tre­vue d’hier avec le pa­tron d’Al­stom. Mais aus­si avec de nom­breux autres pa­trons dans les jours à ve­nir.

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