Les sup­pres­sions de postes s’em­pilent

EM­PLOI. A l’image de celle d’Al­stom, les an­nonces de ré­duc­tions d’ef­fec­tifs ou de ré­or­ga­ni­sa­tions s’ac­cu­mulent de­puis des mois. In­quié­tant, avant la pré­si­den­tielle.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - ER­WAN BENEZET

ÇA VA MIEUX, vrai­ment ? Sur le front de l’em­ploi, on est en droit de s’in­ter­ro­ger. Sur le front sta­tis­tique, c’est avé­ré : même si ça n’est qu’un mi­cro-fré­mis­se­ment, les der­niers chiffres de l’In­see montrent, par rap­port au pre­mier tri­mestre, un re­cul de 0,3 point du nombre de de­man­deurs d’em­ploi sur les trois der­niers mois, soit un taux de chô­mage de 9,6 % de la po­pu­la­tion ac­tive. Mais quand on re­garde de l’autre cô­té du mi­roir, celle des vrais em­plois, la réa­li­té est tout autre.

Des­truc­tion d’em­plois dans l’in­dus­trie et la construc­tion

Même si, of­fi­ciel­le­ment, la dé­ci­sion d’Al­stom de trans­fé­rer sa pro­duc­tion de lo­co­mo­tives de Bel­fort à Reich­shof­fen (Bas-Rhin) ne pré­voit of­fi­ciel­le­ment pas de sup­pres­sions de postes (pour­vu que près de 400 sa­la­riés ac­ceptent d’al­ler tra­vailler pour le groupe ailleurs en France), les an­nonces de ré­duc­tions d’ef­fec­tifs se mul­ti­plient de­puis plu­sieurs mois. Ser­vier, Al­ca­tel-Lucent, SFR, Phi­lips… la liste ne cesse de s’al­lon­ger (voir l’in­fo­gra­phie ci-contre).

« Des plans so­ciaux, ce n’est ja­mais une bonne chose, es­time-t-on au ca­bi­net de la mi­nistre du Tra­vail, Myriam El Khom­ri. Mais nous es­ti­mons que la si­tua­tion n’est pas alar­mante. Il faut rap­pe­ler que la France a créé 140 000 em­plois net cette der­nière an­née. Alors certes, ce sont sur­tout les TPE et PME, ain­si que les ser­vices et le ter­tiaire qui en ont pro­fi­té, au dé­tri­ment de l’in­dus­trie. » Des pro­pos qui font écho à ce que ré­vé­lait, hier, l’In­see, en­core lui : si, au deuxième tri­mestre, l’em­ploi sa­la­rié aug­mente de nou­veau dans les sec­teurs prin­ci­pa­le­ment mar­chands, l’in­dus­trie et la construc­tion conti­nuent, eux, de dé­truire plus d’em­plois qu’elles n’en créent. A l’image des nom­breuses fer­me­tures d’usines an­non­cées der­niè­re­ment un peu par­tout en France.

On com­prend mieux l’em­pres­se­ment pour le gou­ver­ne­ment de ré­agir à l’an­nonce d’Al­stom — le nou­veau se­cré­taire d’Etat à l’In­dus­trie, Ch­ris­tophe Si­rugue, a som­mé l’en­tre­prise d’« en­ga­ger une phase de né­go­cia­tion avant toute dé­ci­sion dé­fi­ni­tive » (lire ci-des­sous) —, un groupe au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du­quel il siège de­puis fé­vrier et dont il en­vi­sage de prendre 20 % du ca­pi­tal. Sur­tout, à quelques mois de la pré­si­den­tielle, cette ava­lanche de ré­duc­tions d’ef­fec­tifs et de plans so­ciaux tombe mal pour un Fran­çois Hol­lande qui a long­temps con­di­tion­né sa can­di­da­ture à la pro­chaine pré­si­den­tielle à la fa­meuse in­ver­sion de la courbe du chô­mage.

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