Nuit d’an­goisse en té­lé­ca­bine

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Cha­mo­nix (Haute-Sa­voie) De notre cor­res­pon­dant Gilles Fitte, blo­qué dans une des ca­bines SERGE PUEYO

UNE CIN­QUAN­TAINE de per­sonnes, blo­quées dans une té­lé­ca­bine du mas­sif du Mont-Blanc à plus de 3 500 m d’al­ti­tude, s’ap­prê­taient hier soir à pas­ser la nuit en haute mon­tagne, en at­ten­dant au­jourd’hui de nou­velles ro­ta­tions d’hé­li­co­ptères pour les éva­cuer.

C’est vers 15 h 10 hier qu’un in­ci­dent s’est pro­duit sur la té­lé­ca­bine Pa­no­ra­mic MontB­lanc qui re­lie l’ai­guille du Mi­di (3 842 m) à la pointe Hel­bron­ner (3 462 m), cô­té ita­lien. La re­mon­tée s’est brus­que­ment im­mo­bi­li­sée, après un croi­se­ment de câble, peut-être cau­sé par le vent. « Les em­ployés ne sont pas par­ve­nus à ré­pa­rer et nous avons dû or­ga­ni­ser une opé­ra­tion de se­cours pour ten­ter d’éva­cuer les 110 per­sonnes blo­quées avant la nuit », ex­plique Ma­thieu De­cha­vanne, PDG de la Com­pa­gnie du Mont-Blanc qui gère l’ap­pa­reil.

Les sau­ve­teurs ont lan­cé, vers 18 heures, une opé­ra­tion qui a per­mis de dé­li­vrer une soixan­taine de per­sonnes. « Nous avons mo­bi­li­sé quatre hé­li­co­ptères, deux de la sé­cu­ri­té ci­vile, un hé­li­co­ptère des sau­ve­teurs ita­liens et un ap­pa­reil pri­vé d’une so­cié­té de Cha­mo­nix. Vingt de mes hommes sont pré­sents pour hé­li­treuiller les pas­sa­gers blo­qués », ex­pli­quait le lieu­te­nant-co­lo­nel Sté­phane Bo­zon, com­man­dant du pe­lo­ton de Gen­dar­me­rie de haute mon­tagne (PGHM) de Cha­mo­nix.

Mais des nuages ont per­tur­bé l’in­ter­ven­tion. Les se­cou­ristes ont donc pré­fé­ré in­ter­rompre l’opé­ra­tion à la tom­bée de la nuit. « Des pas­sa­gers vont pas­ser la nuit dans les ca­bines avec des cou­ver­tures de sur­vie, de la nour­ri­ture, de l’eau », ex­pli­quait Ma­thieu De­cha­vanne. Un sau­ve­teur de­vait être hé­li­treuillé dans chaque ca­bine pour pas­ser la nuit avec les pas­sa­gers. Nous avons pu joindre hier soir Gilles et Na­dine Fitte, un couple de tou­ristes du Sud-Ouest, blo­qué dans une des ca­bines : « On prend notre mal en pa­tience même si ce­la com­mence à être un peu long », confie Gilles Fitte. « On est quatre. Un se­cou­riste se trouve dans la ca­bine d’à cô­té pour que l’on ne soit pas trop ser­ré. L’am­biance est as­sez convi­viale. On ne se mord pas en­core, tout va bien. Il y a des choses plus graves. Notre vie n’est pas en dan­ger. J’étais en tee-shirt. On m’a prê­té un blou­son. On a des cou­ver­tures de sur­vie. On va se ser­rer le uns contre les autres. Mais on a quand même hâte de voir les hé­li­co­ptères ar­ri­ver demain ma­tin. » Pour Da­niel Tra­ber, un guide d’An­ne­cy éga­le­ment blo­qué, « la nuit va for­cé­ment être un peu in­con­for­table. Mais il y a pire ». Les opé­ra­tions de se­cours de­vaient re­prendre au le­ver du jour.

« On a hâte de voir les hé­li­co­ptères ar­ri­ver »

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