Qui veut la peau du pia­niste ?

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS - MATTHIAS GALANTE

PRO­VENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR. Il ar­pen­tait les rues de Nice avec son pia­no rouge et noir de­puis seize ans, jus­que­là sans sou­cis. Mais, de­puis mer­cre­di, Steve Vil­la-Mas­sone, un in­con­tour­nable du pay­sage lo­cal, est au coeur d’une po­lé­mique. Ce mu­si­cien de rue, qui joue deux fois par jour, entre trente et qua­rante-cinq mi­nutes, dans dif­fé­rents en­droits de la ville, ac­cuse la po­lice na­tio­nale d’avoir été trop loin avec lui avant-hier alors qu’il s’ex­pri­mait sur une place Mas­sé­na bon­dée de tou­ristes. « J’ai été bous­cu­lé sur quatre-cinq mètres, on m’a pous­sé au mur, fait écar­ter les jambes puis fouillé. Ce­la fait quelques se­maines qu’on m’em­pêche de jouer tous les jours. Là c’est l’apo­gée. On veut m’écra­ser », as­sure l’homme de 35 ans. Il en­tend lan­cer une pé­ti­tion « afin qu’on [le] laisse tran­quille » et mi­lite pour un rè­gle­ment pour les ar­tistes de rue, confor­té par la mo­bi­li­sa­tion sur les ré­seaux so­ciaux où cir­culent pho­tos et courte vi­déo de la sé­quence avec les forces de l’ordre. La po­lice as­sure avoir agi se­lon les pro­cé­dures à l’ap­pel d’un ri­ve­rain se plai­gnant du bruit. « L’in­té­res­sé s’est vite em­por­té, ra­conte le com­mis­saire Ra­bah Sou­chi. Il a ha­ran­gué la foule. Il y a donc eu pal­pa­tion de sé­cu­ri­té et les po­li­ciers l’ont ver­ba­li­sé pour ta­page diurne (NDLR : 68 €). » La mai­rie a rap­pe­lé ce jeu­di que les ar­tistes de rue ne sont pas au­to­ri­sés à Nice.

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