Faut-il croire en l’ex­ploit ?

US Open (demi-fi­nale).

Aujourd'hui en France - - SPORTS - CA­ROLE BOUCHARD

si : « Il n’a ja­mais été aus­si fort donc je m’at­tends à un énorme com­bat. Il fait peur aux autres. » Thier­ry As­cione, coach de Jo-Wil­fried Tson­ga, conclut l’op­ti­misme fran­çais : « Gaël n’a rien à en­vier à No­vak Djo­ko­vic. Rien ne me dit qu’il ne peut pas ga­gner. »

… et plu­sieurs rai­sons de ne pas y croire

Si le pro­té­gé de Mi­kael Till­ström a rai­son d’y croire, le n° 1 mon­dial sou­rit en coin. Même Mon­fils ap­pelle à la rai­son : « No­vak est en confiance de­puis des an­nées, et est un meilleur joueur que moi, pas de honte à la dire. Je me conten­te­rai d’un seul match ga­gné face à lui. » Car elle ar­rive, la stat qui fait mal : 12-0. Il n’a ja­mais bat­tu le Serbe, et n’a pris que cinq jeux en de­mie à To­ron­to cet été. De plus, la bête noire de Mon­fils est aus­si celle de ses com­pa­triotes (voir notre chiffre).

Mais ce cen­tral sur­chauf­fé, c’est par­fait pour Gaël ! On connaît l’amour du Fran­çais pour les am­biances « ca­liente ». Sauf que le court Ar­thurAshe est aus­si taillé pour le Djo­ker, en­core plus de­puis sa re­fonte qui a créé le Grand Che­lem in­door dont il rê­vait. En plus de dé­fier un joueur fort de 10 demi-fi­nales ici pour trois per­dues et qui compte deux titres à l’US Open (2011, 2015), Mon­fils va se col­ti­ner un des meilleurs joueurs de tous les temps. Le Fran­çais, qui joue­ra sa deuxième grande de­mie (après Pa­ris, 2008) fait face au dé­ten­teur de 12 titres du Grand Che­lem, 30 Mas­ters 1000, le pre­mier ten­nis­man de­puis Rod La­ver à rem­por­ter les quatre Ma­jeurs de suite. Voi­là la mon­tagne à gra­vir.

Et comme Mon­fils va de­voir être plus fort qu’Her­cule, il hé­rite d’une autre tâche : bri­ser le sort. Ar­ri­vé avec le poi­gnet gauche fra­gile, en­vi­sa­geant un temps de dé­cla­rer for­fait, puis le coude droit qui grince, Djo­ko­vic a eu les cieux avec lui en ne dis­pu­tant que deux matchs en en­tier ! Le reste : for­fait et aban­dons. Son coach Ma­rian Va­j­da pique un fou rire : « C’est dingue ! On en avait tant be­soin. No­vak va bien mieux et son jeu est au top. » Djo­ko­vic est donc se­rein, mais pour ne pas dé­pri­mer la France, il adoube Mon­fils : « Je paie­rai pour le voir jouer. Je le connais très bien, c’est un mec gé­nial. Il mé­rite ce suc­cès. Main­te­nant j’at­tends de le voir gé­rer les grands matchs. »

Voi­là, Gaël Mon­fils connaît toutes les don­nées de la tâche dan­tesque qui l’at­tend. A lui de faire taire les sta­tis­tiques et les oi­seaux de mau­vais au­gure.

Les Fran­çaises Ca­ro­line Gar­cia et Kris­ti­na Mla­de­no­vic se sont qua­li­fiées pour la fi­nale du double. La paire tri­co­lore a lar­ge­ment bat­tu en de­mies Mar­ti­na Hin­gis et Co­co Van­de­we­ghe (6-3, 6-4). Elles af­fron­te­ront Be­tha­nie Mat­tek-Sands et Lu­cie Sa­fa­ro­va pour ten­ter de rem­por­ter un deuxième titre du Grand Che­lem après Ro­landGar­ros 2016.

D’un cô­té, No­vak Djo­ko­vic, no 1 mon­dial et 12 titres du Grand Che­lem. De l’autre, Gaël Mon­fils, no 12 mon­dial, et au­cune vic­toire contre le Serbe. Pour­tant, le Fran­çais es­père bien créer la sur­prise…

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.