EX­CLU­SIF.

Elise Lu­cet a ob­te­nu gain de cause face à son pa­tron Mi­chel Field : elle pré­sen­te­ra le do­cu­ment in­édit sur l’af­faire Byg­ma­lion dans « En­voyé spé­cial », le 29 sep­tembre.

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Pro­pos re­cueillis par CA­RINE DI­DIER

FIN DU BRAS DE FER à France 2 au­tour de la dif­fu­sion d’une en­quête d’« En­voyé spé­cial » sur l’af­faire Byg­ma­lion (le fi­nan­ce­ment de la cam­pagne pré­si­den­tielle de Ni­co­las Sar­ko­zy en 2012). Après plu­sieurs se­maines de ten­sion avec Mi­chel Field, le di­rec­teur de l’in­for­ma­tion de France Té­lé­vi­sions, l’équipe du ma­ga­zine, di­ri­gée par Elise Lu­cet, a fi­ni par ob­te­nir gain de cause : comme elle le sou­hai­tait, le do­cu­ment in­édit se­ra bien dif­fu­sé dans son in­té­gra­li­té le 29 sep­tembre, lors du lan­ce­ment de la nou­velle for­mule du ma­ga­zine d’in­for­ma­tion de la Deux. Il s’agit de la pre­mière in­ter­view de Franck At­tal, un spé­cia­liste de l’évé­ne­men­tiel en charge de l’or­ga­ni­sa­tion des mee­tings de cam­pagne du can­di­dat de l’UMP à la pré­si­den­tielle.

Sou­mis à des pres­sions de la part de l’en­tou­rage de Ni­co­las Sar­ko­zy — in­vi­té ve­dette de « l’Emis­sion po­li­tique » (ex-« Des pa­roles et des actes ») jeu­di pro­chain —, le pa­tron de l’in­fo avait de­man­dé à Elise Lu­cet de ne pas dif­fu­ser son té­moi­gnage ex­plo­sif pen­dant la pro­chaine pri­maire de la droite, entre le 21 sep­tembre et le 27 no­vembre.

Mais, face à la co­lère gran­dis­sante de ses ré­dac­tions, Mi­chel Field, qui a dé­jà fait l’ob­jet d’une mo­tion de dé­fiance en avril, n’au­ra pas pu te­nir tête jus­qu’au bout à la reine de l’in­ves­ti­ga­tion. Cette der­nière re­vient en ex­clu­si­vi­té pour « le Pa­ri­sien » - « Au­jourd’hui en France » sur le conflit avec son boss. Avez-vous fi­ni par trou­ver un ac­cord avec Mi­chel Field ? ÉLISE LU­CET. Oui. La crise est fi­nie, et nous en sor­tons par le haut. Notre en­quête sur Byg­ma­lion se­ra dif­fu­sée, dans son in­té­gra­li­té — entre trente-cinq et qua­rante-cinq mi­nutes — le 29 sep­tembre pour le lan­ce­ment de la nou­velle for­mule d’« En­voyé spé­cial » (à 20 h 50), une date que nous avions en­vi­sa­gée en mai et qui conve­nait à Mi­chel Field… jus­qu’à ce qu’il change d’avis mi-juillet.

Au­jourd’hui, nous sommes par­ve­nus à un ac­cord qui convient à tout le monde, conforme à ce qu’est France Té­lé­vi­sions. Nous dé­fen­dons tous l’in­dé­pen­dance du ser­vice pu­blic. Il y a d’autres chaînes où ce n’est pas le cas mais, ici, je sais que je peux faire mon mé­tier sans que per­sonne dans le groupe n’ait peur des ré­ac­tions du pou­voir po­li­tique ou éco­no­mique. Je n’ai ja­mais eu au­cun doute sur la vo­lon­té fa­rouche de la pré­si­dente du groupe Del­phine Er­notte de dé­fendre l’in­dé­pen­dance de nos chaînes. Pour­quoi la di­rec­tion de l’in­for­ma­tion a-t-elle fi­ni par se ral­lier à votre po­si­tion ? Le 29 sep­tembre, nous se­rons en pleine ac­tua­li­té ju­di­ciaire puisque le juge de l’af­faire Byg­ma­lion doit se pro­non­cer avant le 30 sep­tembre sur le ren­voi, ou pas, de Ni­co­las Sar­ko­zy et des 13 autres mis en exa­men, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel. Cette date vient de nous être confir­mée. Ce­la a pe­sé dans la ba­lance. Avoir un tel do­cu­ment, une in­ter­view de Franck At­tal, ce spé­cia­liste de l’évé­ne­men­tiel au coeur de l’af­faire Byg­ma­lion, qui n’a ja­mais par­lé jus­qu’alors, dé­montre la force de France Té­lé­vi­sions en termes de ré­vé­la­tions. Sur quoi les dis­cus­sions achop­paient-elles jus­qu’alors ? On s’est en­gueu­lés avec Mi­chel Field. Il y a eu des in­com­pré­hen­sions. A cer­tains mo­ments, on n’a pas écou­té l’équipe d’ « En­voyé s pé­cial », et no­tam­ment son ré­dac­teur en chef, JeanPierre Ca­net, car le ca­len­drier po­li­tique a pris plus d’im­por­tance. Je com­prends que Mi­chel Field veuille pré­ser­ver « l’Emis­sion po­li­tique », mais il faut qu’il y ait de l’en­quête et du dé­bat sur nos chaînes. Mi­chel Field est d’ailleurs d’ac­cord sur cette co­exis­tence, et je n’ai au­cun doute sur son hon­nê­te­té in­tel­lec­tuelle. Que va-t-on dé­cou­vrir dans ce do­cu­ment ? Franck At­tal est le seul qui n’est pas po­li­tique dans l’af­faire Byg­ma­lion. Il était au coeur du ré­ac­teur quand la cam­pagne de Ni­co­las Sar­ko­zy s’est em­bal­lée, pas­sant d e 1 5 mee t i n g s pré­vus à 44 au fi­nal. Il a vu les de­mandes s’am­pli­fier, a aler­té tout le monde à l’UMP sur le pla­fond des dé­penses de cam­pagne qui al­lait ex­plo­ser. C’est à lui que les res­pon­sables de l’UMP ont de­man­dé de mettre en place une double comp­ta­bi­li­té…

Notre jour­na­liste Tris­tan Wa­le­ckx est en con­tact avec lui de­puis deux ans. At­tal s’était in­ter­dit de ré­pondre à la presse avant d’avoir ré­pon­du à la jus­tice. Main­te­nant que c’est fait, il nous ex­plique ses rap­ports avec les res­pon­sables de l’UMP, son rôle, sa vé­ri­té, car il a été ul­cé­ré du fait qu’on dise que Byg­ma­lion avait dé­tour­né cet ar­gent. Avec son ana­lyse cli­nique et fac­tuelle, il ap­porte un re­gard to­ta­le­ment nou­veau. Que comp­tez-vous ajou­ter au re­por­tage d’ici à sa dif­fu­sion ? D’ici au 29 sep­tembre, nous au­rons le re­cul né­ces­saire pour vé­ri­fier, ten­ter d’ob­te­nir des contre-par­ties, faire des in­ter­views qui nous manquent. Nous avons sol­li­ci­té les Républicains qui, pour l’heure, re­fusent de nous ré­pondre. Mais nous ré­ité­rons notre in­vi­ta­tion à Ni­co­las Sar­ko­zy pour qu’il s’ex­prime soit lors d’une in­ter­view avec moi, ou lors d’un face-à-face avec Franck At­tal, comme il est d’usage dans une en­quête jour­na­lis­tique. A quoi res­sem­ble­ra la nou­velle for­mule d’« En­voyé spé­cial » dans le cadre des jeu­dis de l’in­fo ? Il y au­ra quatre ou cinq su­jets par émis­sion avec de l’in­ves­ti­ga­tion, des grands re­por­tages, de belles in­ter­views, une ma­nière à nous de suivre la cam­pagne élec­to­rale du cô­té des élec­teurs avec un nou­veau f or mat qui leur don­ne­ra la pa­role, des im­mer­sions dans les en­droits sym­bo­liques de la so­cié­té fran­çaise au­jourd’hui et un por­trait à la fin réa­li­sé par l’équipe de « Com­plé­ment d’en­quête ». Le 29 sep­tembre, le por­trait se­ra ce­lui de Zi­ne­dine Zi­dane. Mon sou­hait est de mettre en va­leur la plus grande rédaction des ma­ga­zines de l’in­for­ma­tion de France à tra­vers toutes ses fa­cettes, avec une exi­gence et une vo­lon­té de re­nou­vel­le­ment de ce for­mat. Il n’est pas ques­tion de faire table rase du pas­sé, mais l’émis­sion a be­soin d’un souffle nou­veau.

« Il faut qu’il y ait de l’en­quête et du dé­bat sur nos chaînes » « Nous ré­ité­rons notre in­vi­ta­tion à Ni­co­las Sar­ko­zy pour qu’il s’ex­prime lors d’une in­ter­view avec moi » « Mon sou­hait est de mettre en va­leur la rédaction des ma­ga­zines d’in­fos »

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