Ça tousse chez les so­cia­listes

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Ka­rine Ber­ger, dé­pu­tée Hautes-Alpes PHILIPPE MARTINAT

DE­PUIS LE DÉ­BUT du quin­quen­nat, c’est sur la po­li­tique fis­cale — de­ve­nue le ter­reau des fron­deurs — que les so­cia­listes se sont le plus vio­lem­ment af­fron­tés. Il est peu pro­bable que la sé­rie de gestes fis­caux an­non­cée hier per­mette de clore ce cha­pitre. Au contraire. La pro­chaine réunion du groupe PS, en dé­but de se­maine pro­chaine à l’As­sem­blée, pour­rait être mou­ve­men­tée. Tout en dé­non­çant l’« élec­to­ra­lisme fis­cal » du der­nier bud­get du quin­quen­nat, l a so­cia­liste Aurélie Fi­lip­pet­ti (membre de la com­mis­sion des Fi­nances) pointe du doigt le cré­dit d’im­pôts « pour les re­trai­tés ai­sés ». Sou­vent cri­tique, la dé­pu­tée des Hautes-Alpes, Ka­rine Ber­ger, a un ju­ge­ment plus me­su­ré. La baisse de 1 Md€ de l ’ i mpôt s ur le re­ve­nu en 2017 s’ins­crit se­lon elle dans un mou­ve­ment po­si­tif. « Je ren­contre de plus en plus de Fran­çais, de gauche ou de droite, qui me disent que leurs im­pôts ont dé­jà bais­sé en 2016, re­lève- t- elle. Cette nou­velle baisse va dans le sens sou­hai­té d’un peu plus de re­dis­tri­bu­tion. » Mais un point lui reste en tra­vers de la gorge : l’ali­gne­ment, d’ici à 2020, de la fis­ca­li­té des grandes en­tre­prises sur celle, bien­tôt al­lé­gée (elle pas­se­ra de 33,3 % à 28 %), des PME. « En France, du fait du CICE (NDLR : cré­dit d’im­pôt pour la com­pé­ti­ti­vi­té et l’em­ploi), ce qu’on col­lecte grâce à l’im­pôt sur les so­cié­tés fi­nit par être très faible par rap­port au PIB, dé­nonce-t-elle. On a dé­jà don­né 40 Mds€ aux en­tre­prises, ponc­tion­nés sur les mé­nages. Al­ler au-de­là pour les grandes en­tre­prises ne me pa­raît pas in­dis­pen­sable. » Mais cette me­sure a aus­si ses par­ti­sans. « La fis­ca­li­té fran­çaise sur les en­tre­prises n’était pas en phase avec celle de nos prin­ci­paux par­te­naires et concur­rents », ar­gu­mente le dé­pu­té PS de Pa­ris Ch­ris­tophe Ca­resche. « En fixant une tra­jec­toire fis­cale d’ici à 2020, nous adres­sons un si­gnal aux en­tre­prises. Nos pro­po­si­tions sont peu­têtre moins am­bi­tieuses à leur égard que celles de la droite mais nous al­lons dé­mon­trer dans le dé­bat pré­si­den­tiel qu’elles sont aus­si plus réa­listes », ren­ché­rit le dé­pu­té du Val-d’Oise Do­mi­nique Le­febvre.

Pas de quoi conso­ler Laurent Bau­mel, l’un des chefs de file des fron­deurs à l’As­sem­blée : « Les re­touches ho­méo­pa­thiques sur la der­nière an­née sont in­si­gni­fiantes. Sur la ques­tion fis­cale, ce quin­quen­nat au­ra été un nau­frage. »

« On a dé­jà don­né 40 Mds€ aux en­tre­prises, ponc­tion­nés sur les mé­nages »

@Phi­lip­peMar­ti­na

Fran­çois Hol­lande est ac­cu­sé d’« élec­to­ra­lisme fis­cal ».

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