Mé­len­chon, je t’aime moi non plus

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - M.C.

JEAN-LUC MÉ­LEN­CHON vante la sa­lade au qui­noa. Pierre Laurent pré­fère le ci­vet de la­pin… Même les goûts cu­li­naires les sé­parent au­jourd’hui. De­puis qu’il a lan­cé sa can­di­da­ture sous la ban­nière de la France in­sou­mise, c’est-à-dire hors du Front de gauche, dont la créa­tion avait scel­lé le rap­pro­che­ment entre eux en 2012, rien ne va plus. Aux yeux des res­pon­sables du PCF, Mé­len­chon, ac­cu­sé de jouer « so­lo », n’est plus le can­di­dat évident qu’il était cinq ans plus tôt. Les deux di­ri­geants s’évitent. Mal­gré leurs conver­gences po­lit i ques, i l s n’ a uront même pas d’échange du­rant la Fête de l’Hu­ma. Hier à La Cour­neuve, le porte-pa­role du par­ti, Oli­vier Dar­ti­golles, a même lan­cé quelques flèches contre Mé­len­chon, es­ti­mant que « la présidentielle, ça n’est pas le der­nier Olym­pia ». Mé­len­chon rend la po­li­tesse en pré­fé­rant ce soir le pla­teau TV d’« On n’est pas couché » au parc de La Cour­neuve.

La base com­mu­niste conquise

« Avec la di­rec­tion du PCF, on a des di­ver­gences, sou­ligne Eric Co­que­rel, suc­ces­seur de Mé­len­chon à la tête du Par­ti de gauche. Ils rêvent d’une sorte d’union de la gauche new look, sans Hol­lande. Ce n’est pas réa­liste. C’est perdre son temps. Nous, on a choi­si d’avan­cer. » La base com­mu­niste et une par­tie de ses cadres n’ont pas at­ten­du non plus. Les dra­peaux du PCF flottent dé­jà dans les ras­sem­ble­ments de Mé­len­chon. Des maires et des per­son­na­li­tés po­li­tiques viennent de le sou­te­nir dans un « ap­pel des 100 » sur Me­dia­part. Par­mi eux, Ma­rie-George Buf­fet, an­cienne pa­tronne du par­ti. Pour les amis de Mé­len­chon, le PCF s’est mis dans une im­passe et l’idée qu’il puisse sou­te­nir Arnaud Mon­te­bourg dans sept mois passe pour fan­tai­siste. « Com­ment le PCF pour­rait ex­pli­quer qu’il pré­fère un can­di­dat qui n’est pas contre le prin­cipe des pri­maires du PS, dit de la fi­nance qu’elle n’est pas son en­ne­mie et reste au mi­lieu du gué sur plein de su­jets ? », s’in­ter­roge-t-on au Par­ti de gauche.

La can­di­da­ture de Mon­te­bourg, concède Pierre Laurent, est « com­pli­quée » pour les com­mu­nistes, qui la re­gardent « avec un mé­lange d’in­té­rêt et de doutes sur sa sin­cé­ri­té. Ils n’ou­blient pas qu’il a été mi­nistre de Hol­lande ». Du coup, faute d’avoir réus­si à mettre toute la gauche de la gauche der­rière un seul can­di­dat, les com­mu­nistes pour­raient sim­ple­ment choi­sir… Pierre Laurent.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.