Duel entre mil­liar­daires

FOR­TUNES. De­puis deux jours, le fon­da­teur de Za­ra, Aman­cio Or­te­ga, et ce­lui de Mi­cro­soft, Bill Gates, se dis­putent la tête du clas­se­ment « Forbes ».

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - ADE­LINE DABOVAL

COUP DE TON­NERRE, mer­cre­di, dans le monde des ul­tra-riches. Bill Gates, le fon­da­teur de Mi­cro­soft, n’est plus l’homme le plus riche du monde ! Avec une for­tune es­ti­mée à 79,5 Mds$, Aman­cio Or­te­ga, le créa­teur de Za­ra, vient de ga­gner un mil­liard sup­plé­men­taire, lui ra­vis­sant au pas­sage la pre­mière place du clas­se­ment « Forbes », le cé­lèbre ma­ga­zine amé­ri­cain qui fait ré­fé­rence pour éva­luer les for­tunes mon­diales. Sauf qu’il s’agit en réa­li­té… du clas­se­ment en temps réel de « Forbes ». D’où un vé­ri­table feuille­ton de­puis qua­ran­te­huit heures… Hier à 16 heures, heure fran­çaise, le roi es­pa­gnol du tex­tile se fait re­prendre la cou­ronne par l’em­pe­reur amé­ri­cain de l’in­for­ma­tique. Fin de règne ? Pas du tout. A 16 h 45, nouveau re­tour­ne­ment de si­tua­tion. Or­te­ga re­passe de­vant pour… dix pe­tites mi­nutes. A 16 h 55, Bill Gates re­prend of­fi­ciel­le­ment son titre de numéro un. Pour com­bien de temps ? « Il peut le perdre à nouveau dans cinq mi­nutes », es­time Dan Alexan­der, j our­na­liste new- yor­kais de « Forbes », que nous avons in­ter­ro­gé hier à 17 h 30 (heure de Pa­ris), et vi­si­ble­ment amu­sé par ce jeu du chat et de la sou­ris entre les deux hommes.

Mais com­ment ces bâ­tis­seurs d’em­pires peuvent-ils perdre ou ga­gner des mil­liards en quelques mi­nutes ? « Le clas­se­ment de Forbes est éta­bli à par­tir de tous les do­cu­ments pu­bliés sur leur for­tune per­son­nelle (di­vi­dendes, mai­sons, yachts, in­ves­tis­se­ments…) mais il est aus­si ba­sé sur la va­leur en Bourse de leur en­tre­prise. Or, cette der­nière peut chan­ger d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre… » ex­plique Dan Alexan­der. Ain­si l’ac­tion In­di­tex — qui re­groupe no­tam­ment les marques Za­ra, Mas­si­mo Dut­ti, Ber­sh­ka ou Pull & Bear — a grim­pé de 2,5 % mer­cre­di, do­pant pro­vi­soi­re­ment la for­tune d’Or­te­ga de 1,7 Md$, mais elle a chu­té de 2,8 % hier, le re­lé­guant der­rière Bill Gates.

C’est en 2001 qu’Or­te­ga a fait son en­trée dans le clas­se­ment Forbes avec 6,6 Mds$. Avec sa femme et 100 € en poche, cet Es­pa­gnol a créé une marque de vê­te­ments de nuit en 1963. En 1975, il ouvre une pre­mière bou­tique Za­ra… et met pro­gres­sive- ment au point une re­dou­table chaîne lo­gis­tique. « Quand Gap ou H&M pre­naient cinq mois pour des­si­ner, fa­bri­quer, dis­tri­buer et vendre de nou­veaux pro­duits, Za­ra le fai­sait en trois se­maines », sou­ligne « Forbes ». La ro­ta­tion des mo­dèles, voi­là son se­cret.

Si bien qu’au­jourd’hui Or­te­ga ta­lonne Bill Gates. Pour au­tant, le match n’est pas ga­gné. « La grosse dif­fé­rence entre Bill Gates et Or­te­ga, c’est la com­po­si­tion de leur for­tune. Celle d’Or­te­ga dé­pend presque en­tiè­re­ment d’In­di­tex, rap­pelle Dan Alexan­der. Il peut ga­gner beau­coup d’argent très vite mais le perdre tout aus­si vite. Il est dans la même po­si­tion que Car­los Slim avant lui. Le roi des té­lé­coms mexi­cain dou­blait Bill Gates ré­gu­liè­re­ment mais l’an­née der­nière, l’ac­tion a brus­que­ment chu­té. Il est au­jourd’hui hui­tième du clas­se­ment avec 51 Mds$. »

Bill Gates, lui, a di­ver­si­fié. Il a in­ves­ti dans des en­tre­prises mon­diales aus­si di­verses que le géant de la bois­son Co­ca-Co­la, les su­per­mar­chés Wal-Mart, les trac­teurs John Deer ou une com­pa­gnie fer­ro­viaire ca­na­dienne. De quoi en­cais­ser les va­ria­tions bour­sières et res­ter du­ra­ble­ment sur les trois pre­mières places du po­dium.

Perdre des mil­liards en quelques mi­nutes

Aman­cio Or­te­ga a fait son en­trée dans le clas­se­ment Forbes en 2001 avec 6,6 Mds$.

En mars 2016, Bill Gates était en­core à la tête du clas­se­ment, pour la 3e an­née.

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