« De très bons crus à 5 € »

Thier­ry Des­seauve,

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Pro­pos re­cueillis par A.R.

CO­FON­DA­TEUR du guide « Bet­tane & Des­seauve » et créa­teur de l ’ a p p l i c a t i o n Gr a n d Tes­ting, Thier­ry Des­seauve donne des conseils aux non-ini­tiés. Pour qui avez-vous conçu l’ap­pli­ca­tion Grand Tes­ting ? THIER­RY DES­SEAUVE. Pour celles et ceux qui sou­haitent ache­ter de bonnes bou­teilles en pro­fi­tant des foires aux vins du mo­ment. Ils pour­ront éga­le­ment l’uti­li­ser le reste de l’an­née, puisque l’ap­pli­ca­tion se­ra mise à jour très ré­gu­liè­re­ment à par­tir des don­nées du guide com­plet que nous édi­tons et qui contient quelque 80 000 ré­fé­rences. L’idée est de per­mettre aux non-ini­tiés comme aux connais­seurs d’être ac­com­pa­gnés, dans les rayons d’un su­per­mar­ché, d’un som­me­lier de poche. Je risque moi-même de l’uti­li­ser car je n’ai pas les quelque 5 000 éti­quettes des foires aux vins en tête ! Quel conseil pou­vez-vous don­ner à un non-connais­seur afin de lui évi­ter les pièges ? Pas de sno­bisme. Un vin très cher, entre 200 et 300 € par exemple, et avec une éti­quette pres­ti­gieuse, se­ra certes très bon mais ne pré­sen­te­ra pas une dif­fé­rence no­table, si on n’est pas un ex­pert, avec un autre à 30 €. On trouve d’ex­cel­lentes bou­teilles, de toutes pro­ve­nances et en tous genres, à des prix entre 5 et 30 €. Pas la peine de dé­pen­ser trop, sauf à vou­loir, comme ce­la se fait par­fois, ache­ter un vin que l’on dé­gus­te­ra dans dix­huit ans, quand un en­fant à naître au­ra sa ma­jo­ri­té. Un vin peu cher est-il, a contra­rio, for­cé­ment mau­vais ? Non. Je n’au­rais pas dit ce­la il y a vingt ans, quand les trois quarts de la pro­duc­tion fran­çaise souf­fraient d’une qua­li­té très mé­diocre. Nous avons ain­si dé­gus­té un ex­cellent alen­te­jo rouge por­tu­gais, que nous avons no­té 14 sur 20, et que l’on trouve dans les ma­ga­sins Ca­si­no à seule­ment 1,90 € la bou­teille ! Que pen­sez-vous des bou­teilles de très grands crus ven­dues en hard dis­count ? Ce sont for­cé­ment de très bonnes af­faires… si on a les moyens, mais sur­tout si on a eu la chance de mettre la main des­sus. Car ces opé­ra­tions aux ta­rifs éle­vés mais très agres­sifs (NDLR : un cham­pagne dom pé­ri­gnon vin­tage 2004 à 129 € ou un châ­teau- d’yqem 2008 à 199 €) ne durent que quelques heures. Toutes les pièces mises en vente fin août ont dé­jà trou­vé pre­neurs.

Thier­ry Des­seauve

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