Fa­na­ti­sées, té­lé­gui­dées,

EN­QUÊTE. Les in­ves­ti­ga­tions sur la voi­ture aux bon­bonnes de gaz ont per­mis d’ar­rê­ter à temps quatre jeunes femmes dont le pro­jet était de com­mettre un at­ten­tat.

Aujourd'hui en France - - TERRORISME - STÉPHANE SELLAMI ET GEOF­FROY TOMASOVITCH

COM­BAT­TANT ou com­bat­tante, Daech ne fait plus la dif­fé­rence. Le groupe ter­ro­riste dif­fuse ses thèses fa­na­tiques qui conta­minent sans dis­tinc­tion des hommes et des femmes prêts à pas­ser à l’acte. C’est le cas du com­man­do dé­man­te­lé cette se­maine. Il se com­pose d’au moins quatre femmes « to­ta­le­ment ré­cep­tives à l’idéo­lo­gie mor­ti­fère de Daech » et qui était « té­lé­gui­dé par des dji­ha­distes de­puis la Sy­rie », se­lon le pro­cu­reur de Pa­ris, Fran­çois Mo­lins. La plus jeune a 19 ans, la plus âgée, 39. Le des­sein de leur com­man­do « était clai­re­ment de com­mettre un at­ten­tat », a in­di­qué hier le ma­gis­trat. En fai­sant ex­plo­ser une voi­ture bour­rée de bon­bonnes de gaz aux abords de Notre-Dame de Pa­ris, puis après cet échec, en ima­gi­nant — se­lon nos in­for­ma­tions — con­fec­tion­ner des « cein­tures d’ex­plo­sifs » ou « pro­je­ter une voi­ture pié­gée sur un édi­fice ». La mal­adresse du com­man­do, dont les pro­jets étaient « as­sez ar­ti­sa­naux », et sur­tout l’ef­fi­ca­ci­té des ser­vices an­ti­ter­ro­ristes ont évi­té un nouveau bain de sang en France.

Course contre la montre

Les in­ves­ti­ga­tions me­nées de­puis la dé­cou­verte, di­manche, de la Peu­geot 607 aban­don­née près de No­treDame, ont per­mis de re­mon­ter en un temps re­cord la piste de ces femmes. La pre­mière, Or­nel­la G., fi­chée S de 29 ans, dont l’ADN a été re­le­vé sur la Peu­geot, est ar­rê­tée dès mar­di en pro­vince. Mais la me­nace n’est pas écar­tée. Alors que Ber­nard Ca­ze­neuve, le mi­nistre de l’In­té­rieur, as­siste au dis­cours de Fran­çois Hol­lande, salle Wa­gram, jeu­di ma­tin, il re­çoit un mes­sage de Pa­trick Cal­var, le grand pa­tron de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI). Ce der­nier l’in­forme que trois sus­pectes viennent d’être « lo­ca­li­sées » et qu’elles sont dé­ter­mi­nées à pas­ser, le jour même, à l’ac­tion. L’alerte gé­né­rale est lan­cée dans les gares fran­ci­liennes, et no­tam­ment dans l’Es­sonne.

Lan­cés dans une course contre la montre, les en­quê­teurs de la DGSI in­ter­pellent les trois autres membres du com­man­do en dé­but de soi­rée à Bous­sy-Saint-An­toine (Es­sonne). Par­mi elles : Inès M., 19 ans, fille du pro­prié­taire de la 607 et fi­chée S. Elle est bles­sée à la jambe par un tir de ri­poste des po­li­ciers. Elle et Or­nel­la G. étaient pré­sentes di­manche dans le Ve ar­ron­dis­se­ment. A bord de la 607, au­cun dis­po­si­tif de mise à feu, mais dans le coffre une ci­ga­rette à peine consu­mée près d’une cou­ver­ture avec des traces d’hy­dro­car­bures.

Grâce à des in­ter­cep­tions té­lé­pho­niques et des géo­lo­ca­li­sa­tions, les en­quê­teurs neu­tra­lisent aus­si Sa­rah H., une ra­di­ca­li­sée de 23 ans qui a pro­je­té d’épou­ser les au­teurs de deux at­ten­tats ré­cents en France. C’est elle qui a bles­sé avec un cou­teau un po­li­cier. Der­nier membre du com­man­do : Amel S., 39 ans, lo­geuse pré­su­mée. Les au­di­tions de ces « fa­na­ti­sées » se pour­sui­vaient hier.

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