Vi­vante mais morte se­lon l’ad­mi­nis­tra­tion

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS - FRANCK LA­GIER

HAUTE-VIENNE. « Je vous ai au bout du fil. Mais rien ne prouve que vous êtes vi­vante. » Voi­là le genre de phrase qu’une ha­bi­tante de Con­dat-sur-Vienne a en­ten­due au té­lé­phone lors­qu’elle a vou­lu prou­ver qu’elle était en vie. Une his­toire kaf­kaïenne d’abord rap­por­tée par « le Po­pu­laire du Centre ». La se­maine der­nière, Do­mi­nique Pe­not, 63 ans, re­çoit un coup de fil de sa ban­quière lui an­non­çant un gros dé­cou­vert. La cause : la sexa­gé­naire est consi­dé­rée comme morte de­puis le 7 juillet et sa pen­sion de re­traite ne lui est plus ver­sée. « Ap­prendre sa mort, ce n’est pas évident. Le pire vient pour­tant après », té­moigne-t-elle. Un par­cours du com­bat­tant s’en­gage alors. Do­mi­nique Pe­not se rend à la mai­rie de Li­moges, son lieu de nais­sance, puis à celle de Con­dat-sur-Vienne, où elle est do­mi­ci­liée. Elle com­prend que sa vie ad­mi­nis­tra­tive a été ef­fa­cée : plus de re­traite, plus de mu­tuelle, plus d’exis­tence sur les fi­chiers élec­to­raux. « Quand j’ap­pe­lais, on me de­man­dait de ta­per 1, 2 ou 3. Evi­dem­ment, rien ne cor­res­pon­dait à ma si­tua­tion. » « Hier, j’ai ap­pris que ma mort avait été an­non­cée à toutes les ad­mi­nis­tra­tions par un fi­chier de l’In­see, à la place d’une autre per­sonne, pour­suit-elle. Je suis très dé­brouillarde et je vais ré­gler tout ça mais, croyez-moi, c’est très dif­fi­cile à vivre. Pour moi comme pour mes proches. » Cette mère de fa­mille a dû se rendre à la mai­rie avec deux té­moins pour fi­na­le­ment ob­te­nir le Graal : un « cer­ti­fi­cat de vie ». Reste dé­sor­mais à le faire va­loir de­vant les dif­fé­rents or­ga­nismes pour re­naître… ad­mi­nis­tra­ti­ve­ment.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.