La ren­trée ca­ta des nou­veau­tés té­lé

AU­DIENCES. Du sang neuf, chouette, mais à quel prix ! A une ex­cep­tion près, les émis­sions in­édites, no­tam­ment l’après-mi­di sur France 2, ont réa­li­sé une pre­mière se­maine épou­van­table.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - MI­CHAËL ZOLTOBRODA Pro­pos re­cueillis par TRIS­TAN NAXOS

LA REN­TRÉE TÉ­LÉ 2016 s’an­non­çait comme l’une des plus ex­ci­tantes, avec son lot in­ha­bi­tuel de nou­veau­tés. Elle res­te­ra dans les an­nales comme l’une des plus chao­tiques, en termes d’au­dience. « Vive les après-mi­di de France 2 ! » avait twee­té Del­phine Er­notte, la pré­si­dente de France Té­lé­vi­sions, lun­di der­nier. De­puis, celle qui a brillam­ment réus­si le lan­ce­ment de la chaîne d’in­fo pu­blique n’a pas vrai­ment eu d’autres oc­ca­sions de se ré­jouir. Ce 5 sep­tembre, la Deux lan­çait tam­bour bat­tant quatre nou­velles émis­sions à la suite, entre 14 heures et 18 h 45.

Dans la fou­lée, Ca­nal + inau­gu­rait son « Grand Jour­nal » re­pris en main par le jour­na­liste Vic­tor Ro­bert et un « Pe­tit Jour­nal » confié à l’in­tré­pide Cy­rille El­din (voir ci­contre). Cô­té C 8, Ca­mille Com­bal se lan­çait dans la cour des grands avec un nou­veau talk.

Mais, à l’ex­cep­tion de ce der­nier, les autres nou­veau­tés n’ont pas réus­si à sé­duire les té­lé­spec­ta­teurs. Pis, elles les ont fait fuir. « C’est le scé­na­rio le plus pes­si­miste qu’on avait ima­gi­né, ré­sume Vincent Mes­let, le pa­tron de France 2. Notre prio­ri­té, c’est main­te­nant d’en­di­guer la baisse des té­lé­spec­ta­teurs pour en­suite sta­bi­li­ser l’au­dience. »

Des émis­sions me­na­cées de dis­pa­ri­tion

Dans le vi­seur : « AcTua­liTy », le talk-show de dé­cryp­tage de l’ac­tua­li­té pré­sen­té par Tho­mas Thou­roude, qua­si in­con­nu des ha­bi­tués de France 2. L’émis­sion de 17 h 45, fac­tu­rée en­vi­ron 70 000 € le nu­mé­ro, bé­né­fi­cie d’un bon re­tour qua­li­ta­tif, mais ce­lui de Mé­dia­mé­trie, qui me­sure l’au­dience, est ca­tas­tro­phi- que : 346 000 té­lé­spec­ta­teurs en moyenne cette se­maine, et même 279 000 jeu­di ! 3 % du pu­blic, c’est peu pour la deuxième chaîne de France. Trois fois moins que « Jo­ker », le jeu de la sai­son der­nière.

Et très in­suf­fi­sant pour ce pré­ac­cess cen­sé en­gran­ger des re­cettes pu­bli­ci­taires. Même dé­cep­tion pour « Aman­da », qui n’at­tire que 298 000 cu­rieux, avec ses en­tre­tiens de per­son­na­li­tés. Soit 200 000 de moins que « Dans la peau d’un chef », ar­rê­té… faute d’au­dience.

Ad­met­tons que le manque de no­to­rié­té de Tho­mas Thou­roude et Aman­da Scott soit une des clés du dé­sastre. Mais Sté­phane Bern ? ! Avec ses in­édites « Vi­sites pri­vées », même le po­pu­laire maes­tro du pa­tri­moine dé­grin­gole cette ren­trée : avec 403 000 t é l é s pec­tat e urs , il perd 35 % des fi­dèles de « Comment ça va bien ! » qu’il ani­mait l’an­née der­nière. Seul Fré­dé­ric Lo­pez sauve l’hon­neur. Et en­core : « Mille et Une Vies », sa nou­velle émis­sion tes­ti­mo­niale, baisse de 20 % par rap­port à « Toute une his­toire », de So­phie Da­vant.

« On n’a pas à avoir honte de ces lan­ce­ments, tem­père Vincent Mes­let. Mais ils ne sont pas à la hau­teur des at­tentes du pu­blic. On a pré­fé­ré mi­ser sur la créa­ti­vi­té plu­tôt que d’ache­ter des for­mats étran­gers. Ce chan­tier était ris­qué. On va en­core y tra­vailler. » En at­ten­dant, France 2 était en 7e po­si­tion jeu­di en mi­lieu d’après-mi­di, der­rière TMC et C 8. Et cô­té ré­gie pu­bli­ci­taire, on an­ti­cipe un manque à ga­gner de 17 M€ d’ici à la Tous­saint. Ce se­ra l’heure du pre­mier bi­lan pour en­vi­sa­ger des plans B. Tout le monde ne pas­se­ra pas l’hi­ver.

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