A dé­faut de can­di­dat, le par­ti rêve d’union

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - MAR­TINE CHE­VA­LET

À SEPT MOIS de la pré­si­den­tielle, le Par­ti com­mu­niste, à dé­faut d’avoir un can­di­dat pour l’Ely­sée, cherche sa mar­tin­gale, comme per­du dans l’offre plé­tho­rique de can­di­da­tures à la gauche de la gauche. Ce­la ne l’em­pêche pas de pla­cer la Fête de l’Hu­ma, qui s’achève ce soir, sous le signe d’un front com­mun d’une re­prise des luttes contre la loi El Khom­ri. Mais pour ce qui est de la pré­si­den­tielle, l’uni­té est net­te­ment plus aléa­toire. De­puis ven­dre­di, les di­ri­geants com­mu­nistes le ré­pètent sur tous les tons : l’épar­pille­ment de la gauche an­ti­gou­ver­ne­men­tale condui­ra à son évic­tion au soir du pre­mier tour. Elle doit donc s’unir… ou mou­rir.

Hier à la Fête de l’Hu­ma, les ac­teurs de ce que le pa­tron du par­ti, Pierre Laurent, qua­li­fie de « jeu dan­ge­reux » se sont suc­cé­dé à La Cour­neuve : Ar­naud Mon­te­bourg (ac­cueilli par les sif­flets), Be­noît Ha­mon, Jean-Luc Mé­len­chon et l’éco­lo­giste Cé­cile Du­flot. Au­cun qui ne ré­ponde clai­re­ment à l’ap­pel à l’uni­té des com­mu­nistes. Sur­tout pas Mé­len­chon… que la ma­jo­ri­té des sym­pa­thi­sants de gauche voient pour­tant por­ter les cou­leurs du PC, se­lon notre son­dage (ci-des­sus). Le co­fon­da­teur du Par­ti de gauche re­fuse de se sou­mettre à une pri­maire qui le condui­rait à de­voir sou­te­nir Hol­lande. Pas ques­tion pour lui de faire cam­pagne hors du mou­ve­ment de la France in­sou­mise qu’il vient de do­ter d’un nou­veau slo­gan : « L’ave­nir en com­mun ». Il pré­vient donc ses ca­ma­rades : « On est en re­tard par rap­port à la der­nière fois ! (NDLR : en 2012, où il avait été le can­di­dat adou­bé, cette fois, par le Par­ti com­mu­niste.) Ar­rê­tons de biai­ser. Une cas­sure s’est faite à gauche. Ce n’est pas en dan­sant la gigue en­semble que ça chan­ge­ra », s’agace-t-il.

Le par­ti dé­voi­le­ra sa stra­té­gie le 5 no­vembre

Ar­naud Mon­te­bourg et Be­noît Ha­mon, qui ai­me­raient se conci­lier les bonnes grâces des com­mu­nistes, se gardent pru­dem­ment du moindre ap­pel du pied aux mi­li­tants PCF. Les deux an­ciens mi­nistres so­cia­listes, re­gar­dés avec « in­té­rêt » mais mé­fiance par les com­mu­nistes, ont pré­fé­ré par­ler des « conver­gences » qui existent entre eux. « Les che­mi­ne­ments que nous fai­sons les uns les autres sur la ques­tion so­ciale, la ques­tion dé­mo­cra­tique, la ques­tion eu­ro­péenne se croisent, font che­min com­mun », plaide Ha­mon. « Je n’ai au­cun pro­blème à vous dire : si Jean-Luc [Mé­len­chon] et Cé­cile [Du­flot] sont de­vant, j’ap­pel­le­rai à vo­ter pour eux au se­cond tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle, dans la se­conde ! » L’an­cien mi­nistre de l’Edu­ca­tion se dit prêt à tra­vailler à ce qu’il y ait un can­di­dat unique au se­cond tour car, « sé­pa­ré­ment, on n’y ar­ri­ve­ra pas ». Mais lui non plus ne livre pas le mode d’em­ploi. Quant à Ar­naud Mon­te­bourg, il es­time pos­sible « d’avan­cer en­semble sur de nom­breux points, comme la ques­tion de la VIe Ré­pu­blique, la fin de l’aus­té­ri­té eu­ro­péenne, les ser­vices pu­blics ». Des points im­por­tants qui « peuvent struc­tu­rer une offre po­li­tique de gauche ras­sem­blant l’en­semble des com­po­santes de la fa­mille pour évi­ter un nou­veau 21 avril 2002 ». Sans rien de plus pré­cis non plus.

Après avoir dé­voi­lé dé­but oc­tobre des « axes com­muns » d’un pro­gramme à par­tir du­quel une can­di­da­ture unique se­rait pos­sible pour 2017, le PCF dé­ci­de­ra de sa stra­té­gie le 5 no­vembre. Dans cette pré­si­den­tielle qui se joue­ra sans un des leurs, le par­ti, confi­né au se­cond rôle, n’a qu’une is­sue : ap­pa­raître au moins comme le sau­veur d’une hy­po­thé­tique uni­té.

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